A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

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10 juillet, 2010

Eh beau goss!

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 0:05

 

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On s’offusque toujours devant les hommes qui sifflent une jolie fille (exception faite du Maroc où ils sifflent même les moches grosses et éclopées), leur lancent un compliment d’un raffinement inattendu en émettant des sons troublants et évocateurs.

 

La fille outragée détourne les yeux ou répond d’un regard perçant de mépris. Certaines iront jusqu’à marmonner une insulte à l’odeur d’eau de rose.

 

La nouvelle vague protectrice  des droits de la femme veut qu’on s’oppose à ce surplus de testostérone qui fait manquer de bienséance aux mâles en chaleur.

 

Pourtant, quand elle vit se mouvoir devant elle ce corps d’une musculature parfaite à la peau hâlée comme un cookie tout juste sorti du four, cette chute de rein dessinée par Léonard de Vinci lui-même, elle ressentit une envie irrésistible d’exprimer cette violente émotion qui la submergeait toute entière.

 

Bouffée de chaleur, palpitation, picotement dans la nuque, euphorie soudaine ; un peu comme après une journée de jeûne devant un bon petit plat mijoté par maman.

 

Après avoir réprimandé son instinct premier qui l’aurait fait croquer dedans, elle se retint in extremis pour ne pas balancer un « waouhhh ! » au moment où cette vision enchanteresse lui apparut. Sa bonne éducation l’en empêcha. Ça ne se faisait pas. Une fille de bonne famille ne draguait pas dans la rue. Une fille de bonne famille ne draguait pas du tout. Elle fait la belle jusqu’à ce qu’on la drague.

 

Mais elle ne voulait pas draguer ce bel éphèbe, ni même le séduire. Elle avait simplement été émoustillée par sa plastique alléchante et souhaitait le lui faire remarquer, comme pour le féliciter d’une telle réussite et le remercier de cet intense moment de plaisir.

 

La raison fut plus forte que l’instinct et elle ne put qu’admirer en silence cet apollon du XXIème siècle.

 

Tout en se léchant les babines.

 

 

11 mars, 2010

Oh joie du hammam…

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 2:40

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Saveur de l’Orient, senteur enivrante, beauté, mystère, contes féériques aux couleurs merveilleuses, de quoi faire rêver le monde froid et rigide dans lequel nous vivons. Les occidentaux veulent du dépaysement, les investisseurs l’ont bien compris. Et ils en auront pour leur argent.

 

Des hammams en veux-tu en voilà poussent un peu partout.

Déclinés sous tous les thèmes.

Appelés par tous les noms.

Implantés dans tous les lieux hypes de l’univers.

Peut-être même y en a-t-il un sur la Lune.

 

Ne mourrons pas idiots, retentons l’expérience.

 

Nous disons « retenter » parce que de vagues souvenirs d’enfance nous remontent en mémoire quand le mot « hammam » vient sonner à nos oreilles. Images floues, odeurs douteuses, sentiments partagés.

 

Nous bavons comme tout le monde sur ce voyage unique que nous proposent les publicités gigantesques qui exposent des images ensorcelantes de bains turques au parfum de paradis, les images d’un univers enchanté flottant dans les vapeurs troublantes et humides d’une sensualité cachée, des images vantant sans limites les vertus d’un plaisir au goût de miel.

 

Malgré tous ces flashs qui passent et repassent devant nos yeux, étrangement,  nous préférons ne pas fantasmer. Il y a comme un petit quelque chose qui nous empêche de nous emballer. Allez savoir…

 

Pour plus d’authenticité, nous décidons en toute confiance d’aller découvrir un hammam populaire. Les traditions ancestrales valent certainement mieux que tous ces faux semblants pour touristes. Nous ne sommes pas des pigeons, tout de même.

 

Nous avons avec nous un sac de toilette, une serviette et nos affaires de rechange. Après le paiement du droit d’entrée, nous voilà aux vestiaires. Des bancs en bois suintants, un sol mouillé glissant, des carcasses de seaux gisants. Une grosse femme nue assise, immobile. Le ton est donné.

 

Nous nous déshabillons, un peu gênée de n’être finalement pas si enveloppée que ça. Il faudra penser à arrêter ce régime. Trousse de toilette en main, nous nous apprêtons à entrer dans l’antre de Lucifer. Une dame en maillot de bain une pièce s’approche et nous tend deux seaux vides. Ça se passe comme ça chez MacFatna.

 

Lorsque nous accédons à la première salle, …………………………………… .

Pardon, nous nous sommes évanouies. La chaleur se fait, comment dire, sentir. Des femmes sont assises ici et là sur de petits tapis en plastique, un peu comme de grands sets de table ou sur de petits tabourets pour enfant lilliputien. Et nous ? On s’assoit où ? Dommage…

 

Y a la queue au robinet. Un d’eau chaude, l’autre d’eau froide. Tout le monde à poil. Sympa. Bonne ambiance. Timidement, nous prenons la suite de la file d’attente. Genre, on est à l’aise. Pas de problème, c’est le genre de truc super commun d’être aligné en file indienne complètement dévêtu.

 

Nos seaux sont enfin pleins mais comment les téléporter des robinets à notre place ? Et sans glisser… Dieu sait que l’eau sur du carrelage, ça ne pardonne pas. Nous vous laissons imaginer la scène à votre guise : nous, nues, en train de tirer, pousser, porter, hisser à tour de rôle les deux grosses masses, le tout dans des positions aussi incongrues qu’indécentes certainement mais à cette heure, la pudeur a quitté les lieux, seul compte l’aboutissement de notre mission de transport. Grimaces, petits cris, chutes, crampes, la totale. Quand on arrive enfin, la tête nous tourne.

 

Alors que nous commençons tranquillement notre toilette bien méritée, une autre grosse bonne femme en maillot de bain noir arrive et nous réclame notre gant. « comme celui là ? » Apparemment non, la voilà qui s’en va. Bon. La voilà qui revient. Aïe. Un gant à la main mais un gant bizarre, du genre qui t’arrache la peau, un peu comme si on avait pris l’éponge du mauvais côté. Et la voilà qui, sans même nous poser la question, commence à nous frotter le corps. Et tout y passe. Nous nous apprêtions à hurler quand nous avons aperçu une enfant subir le même sort en silence. Un peu de dignité tout de même.

 

Le pire est quand nous avons vu ces rouleaux de crasse sortir de notre peau. Nous avons demandé à ce qu’elle frotte encore plus fort. Hors de question que ceci reste là. Pendant cette torture masochiste mais cependant nécessaire (apparemment), nous en avons profité pour jeter un coup d’œil sur notre voisinage. Le sol, jonché de mousse et de cheveux de toutes les couleurs, conduisait vers d’autres pièces. Encore plus chaudes. Non merci sans façon.

 

Les femmes se lavaient entre elles, lavaient leurs enfants et ceux des voisins, parlaient fort et dégageaient des odeurs d’épices mélangées à la sueur (hmmm sympa), faisaient leurs ablutions et démêlaient des chevelures épaisses colorées au henné.

 

Pas de douceur, ni de délicatesse, pas de parfum d’encens ou de pétales de roses, pas de corps sensuels et couverts d’huile d’argan. Que du cru. Réalité des corps, véracité des gestes, aucune hypocrisie, aucune pudeur, aucun artifice. Des femmes sans bijoux, sans parures, sans coiffure, sans maquillage, sans foulard. Des femmes sans vêtements sur mesure, lunettes de star, torchon de cuisinière. Des femmes sans classe sociale, sans prétention, fausse modestie. Des femmes qui en lavant leur corps, se lavent aussi l’esprit des mauvaises pensées, mauvaises nouvelles, de tous les parasites inutiles et encombrants qui obstruent la clarté de leur regard. Des femmes au naturel, sans poésie, sans projecteur, sans parfum.

 

Des femmes, tout simplement.

 

 

 

 

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