A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

26 août, 2015

« Tu sais faire la planche? »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 2:22

Non. Nous sommes convaincus que personne ne sait faire la planche. Sinon, le monde serait composé uniquement de corps humains flottant à la surface de l’eau, plus vivants que jamais.

Nous nous expliquons. Oui, il y en a un dans le fond de la classe qui n’a pas compris la phrase précédente. Ne t’inquiète pas l’ami, nous allons développer. Nous adorons nous entendre parler. Ou plutôt nous voir écrire.

Nous sommes partis en vacances. Farniente. De vraies vacances au soleil en bord de mer. Une eau translucide et d’une chaleur insolente.

Nous adorons l’eau. Nous adorons l’océan. Nous adorons aussi la mer. Immensité. Lorsque sous nos yeux ébahis l’infinité de l’eau rencontre l’infinité du ciel, lorsque les vagues miroitantes épousent l’éclat des étoiles, nous nous sentons seuls face à Dieu, sereins et humbles, comblés et reconnaissants, minuscules et uniques.

Plénitude.

Cest le seul moment de notre vie où nous sommes plongés dans cet état de bien être indescriptible. Nous nous disons que ce doit être ça, le paradis. Vidés de tout, simplement là, éternels.

Nous sommes à la plage. Rien de très original. Nos pieds foulent le sable fin, entrent dans l’eau, nos jambes, nos hanches, ventre, poitrine, épaules, nous fermons les yeux et nous savourons cet instant qui la douceur d’une caresse amoureuse. Nous nageons quelques mètres histoire de nous éloigner de la populasse. Nous n’aimons pas les gens et encore moins les touristes. Bien que nous soyons nous-mêmes les deux.

Autour de nous, un jeune couple (forcément jeune, vu comme ils se lèchent l’un l’autre) deux femmes aux seins nus (pourquoi nous infliger tant de souffrance visuelle? Elles pensent sincèrement avoir la poitrine du siècle, pitié pour nos yeux…), quelques gosses hurleurs à bouée, bons à laisser couler pour le salut de nos oreilles – oh comme c’est attendrissant, des papas qui nagent avec leur enfant et un, là, qui ne va pas tarder à noyer le sien.

Loin, loin, loin de toute cette agitation futile, à michemin entre les hommes et les yachts, au centre d’un petit bout de mer, nous décidons de faire une halte.

Pause.

………………….

Nous basculons sur le dos. Les oreilles dans l’eau, les yeux fermés, le corps inerte. Nous n’entendons plus que notre propre respiration, la douceur des rayons du soleil sur le visage, peu à peu nos muscles se relâchent, se détendent. Nous confions notre corps à la mer, à la nature, à Dieu. Nous n’avons plus aucune volonté, aucun mouvement d’aucune sorte, totalement libre. Nous flottons au gré des flots, plus rien n’a d’importance, plus rien n’existe, il n’y a que l’eau et nous. Nous qui ne sommes même plus un corps, simplement un esprit qui vogue dans les méandres de la nature, primaire, éthéré.

Plenitude.

Ce doit être ça, le paradis.

Et puis signal d’alerte. Notre cerveau réagit et nous sort malgré nous de cette douce léthargie. Nous allions nous endormir. Nous perdre dans les profondeurs des océans. Et alors?

Alors il n’est pas si aisé de mourir. Surtout si on veut aller au paradis.

 

10 juillet, 2015

« Bienvenue dans ma sphère »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 3:28

Il y a des gens comme ça avec lesquels tout semble évident.

Un jour, ils entrent dans votre sphère, mais pas la sphère intime, la première sphère, la plus lointaine, la plus flou, la plus anodine. Vous assistez à leur entrée, vous n’y prêtez pas plus d’attention que ça; tant de monde accède à cette sphère qu’ils ne pourraient être qu’une silhouette de plus qui aura bientôt disparue.

Pourtant elle ne disparait pas. Pourtant, sa forme se précise de jour en jour, le contour se dessine avec plus de détails et bientôt, vous voyez apparaître une première lueur. Vous n’y prêtez pas plus d’attention que ça. Pourtant, quelque chose titille votre esprit. Quelque chose. Pressentiment.

La vie, aussi surprenante que prévisible, place cette personne sur votre chemin. Une fois. Deux fois. Trois fois. Elle accède à la deuxième sphère. Celle des gens que vous gardez en mémoire parce que même de loin, ils font partie de votre vie. Quelques mondanités échangées et pourtant, déjà, un sentiment partagé de… on se reconnaît, on se comprend, on sait qu’il y a quelque chose. Quelque chose. Oui mais pas maintenant. L’heure viendra.

Et puis l’heure vient. Après tant d’années. Un premier échange improvisé, sincère, qui pèlera comme un oignon les couches superficielles qui protègent votre âme. Il aura suffit d’une soirée, d’un échange pour reconnaître chez l’autre ce que l’on aime chez l’être humain. La simplicité, la sincérité. 

Qu’à cela ne tienne, on saute des étapes. Accès direct à la dernière sphère: celle des gens que vous estimez. Il y en a peu. Il y a de la place. Parfois une place se libère; l’erreur est humaine. Mais il y aura toujours une place à prendre.

Il y a des gens comme ça avec lesquels tout est évident.

2 octobre, 2011

Injustice

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 16:56

injusticemed.jpg

Oh toi.

Nous voudrions te chasser. Te chasser de notre vie, de notre terre, de notre esprit. Oh toi. Disparaît.

Nous voudrions que tu sois un objet afin de pouvoir te tenir dans nos mains et presser, presser si fort que tu deviendrais poussière. Et nous brûlerions tes grains. Et nous enfermerions le fruit volatile de ta calcination dans un bocal en verre. Et nous le jetterions dans le néant.

Oh toi. Tu nous as lacérés de toute part. Combien d’insomnies, combien de salive sécrétée, combien d’énergie évaporée pour t’exorciser. Nous ne pouvions te concevoir, nous ne voulions te concevoir, nous ne devions te concevoir. Notre esprit torturé par ta seule existence. Oh toi. Assassin de nos illusions.

Tu as plongé l’ardeur de notre jeunesse dans un bain d’eau glacée, tu nous as poignardés à visage découvert et détruit le peu d’espoir qui subsistait. Tu as prouvé ton éternité et ta constance alors que nous allons mourir. Oh toi. Savoures tes moments de gloire car tu es partout.

Contemple. Un cœur incorruptible sur lequel tu n’as pas d’emprise. Alors nous partirons sans aucune illusion mais le sourire aux lèvres.

1 octobre, 2011

1

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 5:11

321576259432220763509112397672133632836398145296227n.jpg

 

C’est pourtant tellement simple.

Mais la peur nous aveugle.

Nos cœurs se gorgent d’un sang impur qui contamine notre esprit tout entier. La peur de l’inconnu. L’ignorance.

Nous étions là, heureux, satisfaits, curieux, naïfs, assoiffés, pleins d’une énergie nouvelle, prêts à accueillir l’avenir, confiants et forts.

Puis le voile s’est levé et le ciel s’est assombri. Une encre noire jetée à même la toile, dégoulinant d’une lenteur malsaine pour venir habiller de vérité notre âme d’enfant, de femme, de figurine.

Nous avons d’abord été sidérés, bouche ouverte, le cœur palpitant, incapable d’émettre le moindre son ; nous demandant comment cela avait-il pu être possible.

Nous avons gratté, contourné, escaladé, recouvert, transpercé, brûlé mais rien, rien ne pouvait effacer cette encre noire jetée à même la toile, dégoulinant d’une lenteur malsaine pour venir habiller de vérité notre âme d’enfant, de femme, de figurine.

Alors le sang s’abattant violemment sur nos tempes encore et encore et encore, la chaleur née de notre propre chair envahissant tout notre être, un sentiment obscur et ravageur se distillait dans nos veines et régnait bientôt en terrain conquis. La colère.

C’était l’heure de se laisser submerger.

7 mars, 2011

Commentaire de Didier en réponse à L’esprit d’Avignon sur son article « PIQURE DE RAPPEL : L’Islam est incompatible avec les droits de l’homme »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 14:13

http://lespritdavignon.wordpress.com/2011/03/01/piqure-de-rappel-l%E2%80%99islam-est-incompatible-avec-les-droits-de-l%E2%80%99homme/#comments

Un droit de réponse s’impose, si vous me le permettez et je vous en remercie d’avance.

Cher » espritdavignon,  » par pitié, ne mélangez pas tout . Vous avez réussi à créer le buzz comme on dit, sur l’islam, car malheureusement c’est un sujet « bankable » et mon intervention sur votre site n’est pas en réaction mais en correction au sens académique du terme, entendons-nous bien; sur un sujet qui mérite un peu mieux que de l’amateurisme journalistique du moins s’ il seréclamait comme tel, bref un peu d’arôme et de douceurs orientales dans votre tajine…un peu particulier. Justement, un peu aussi d’esprit et de subtilité dans votre titre et vos commentaires car il est trop facile de dire que dès lors qu’on parle d’islam, voilà mohamed et ahmed qui déferlent comme l’écume des vagues ou cabrés sur leur scooter débridé.

Par pitié, ne mélangez pas tout: « révolution », « religion », »obscurantisme », « démocratie » et « Islam », les événements que nous vivons actuellement de manière directe ou indirecte, n’ont aucun lien avec la religion ou l’islam; et puisque vous savez presque tout de l’islam, du moins en couleur pourpre, pourquoi n’a-t-on pas vu venir « les révolutions » de printemps et de jasminpourtant de couleurs plus claires. De cet islam qui a été instrumentalisée par moubarak, khadafi, ben ali, salah… les frères musulmans, les wahabistes, le hanbalisme, jama ‘a islamia… et consorts uniquement pour la prise de pouvoir, vous n’avez retenu que le mot « islam »; dans ces pays ou l’islam n’est même pas religion d’Etat, car ce sont des pays d’influence soviétique. Et je concède, ces dirigeants ont dupé tt le monde, vous, moi sauf leur peuple. Quand ds ces pays on parlait de liberté, de paix. En france et ailleurs, on parlait d’islam, d’intégrisme, et vous rejouez aujourd’hui la même symphonie… inachevée , et que bien évidemment l’enfer c’est toujours mieux quand c’est les autres.

Par pitié, ne mélangez pas: un auteur aussi brillant soit-il, comme taslima, (prix nobel ne veut pas dire « noblesse ») qui occulte à elle seule la formidable floraison des littérateurs arabes, perses, femmes et hommes d’hier et d’aujourd’hui sans prix, ni gloire et qui ont condamné avec subtilité et force non pas l’islam, mais les dérives des hommes au nom de cet islam et que vous ne connaissez pas et que vous ne connaitrez sûrement jamais pour la simple et bonne raison qu’on a jamais voulu les traduire car pas assez représentatifs-ves, pas assez spectaculaires, pas assez… j’ose le mot… occidentalisé(és), ou ethnocentr-alisé(es) vers l’occident, DONC PAS VENDEURS.

Par pitié, ne rentrez pas dans cette forme d’inquisition démagogique trop à la mode et mercantile pour stigmatiser une religion plus qu’une autre, au tort qu’elle réfléchit un peu trop la lumière en ces temps heurtés où il n’y à même presque plus de lumière, pour personne d’ailleurs. La réalité de cette religion ne se résume pas à ce que des barbus ou des burquistes ou des taslima nassreen vous renvoie comme image, pieuse ou iconoclaste, car au final c’est la crainte.. qu’on vous vend et voyez comme ce serait trop simple… de l’esprit (puisqu’il est question d’esprit dans votre blog), et j’irai plus loin chers amis du blog, de la hauteur d’esprit, enfin quoi! l’esprit critique doit être mis non pas à la contradiction systématique des sources médiatiques, et d’information mais à la compréhension politique et sociologique de ce dont on croit savoir parler… l’islam; lire tasleema nassrine (pour l’avoir lue et relue) ne nous apprend rien autrement qu’ il est des hommes et des femmes aussi bêtes que le cours millénaire du Gange, comme partout ailleurs dans le monde.

Mes chers amis, Ca demande plus qu’un article, plus qu’une tribune, je vous assure, plus qu’un livre, ça demande un effort bien plus difficile que la simple dénonciation, ou la diatribe ou le pseudo-manifeste et si vous aviez raison, et ô combien je vous le souhaite, et je vous donnerais mille fois raison car j’entends votre voix et la partage en partie…hélas, votre blog ne suffirait pas, vos voix ne suffiraient pas, vos convictions ne suffiraient pas, votre honnêteté ne suffirait pas, votre indignation ne suffirait pas, votre colère ne suffirait pas.. pour la simple et bonne raison qu’un proverbe arabe résume tout: « celui qui ne te connait pas, ne t’améliore pas ». Ici le verbe « connaître » est employé au sens philosophique du terme, à savoir le regard qui manque de jugement et de lumière par trop insuffisant de connaissance de l’autre.

Enfin par pitié, s’il vous plait, et je vous en conjure… lisez, lisez non pas au nom de Dieu, ou de montesquieu, d’aristote, saint-thomas d’Aquin, ou de saint-Augustin, d’avéroes, ou de voltaire, mais au nom de la liberté intellectuelle, non celle qui nous est étalée, de fait ds les journaux, les magasines sans effort hormis l’appoint que nous faisons, mais celle qu’on va chercher, celle qui nous fait douter, celle qu’on redoute, celle qui nous gêne, parce qu’elle est difficile, parce qu’elle ne ressemble pas à la réalité… des médias, ou de paul-pierre-jacques ou à ce que peuvent en dire les politiques tous avisés qu’ils sont; mais celle dont on se saisit personnellement par la lecture, par l’effort d’altérité…non vers le « mohamed » et l’ « ahmed » folklorique du quartier, mais vers l’histoire, la littérature arabe, la pensée arabe, la culture arabe, la langue arabe, le(s) religion(s) arabes, voilà le mot est dit… car il n’y’a pas un Islam, chers amis, mes des Islams, si vous avez compris ça, vous aurez tout compris du monde arabe; bien plus que vous n’ apprendriez en lisant la traduction du ‘bengladi’ des oeuvres de taslima qui n’est pas arabe, et qui n’écrit pas en arabe; elle dénonce et c’est tt à son honneur, l’intégrisme et l’obscurantisme religieux qui n’est pas du fait de la religion islamique mais des pratiques tribales, de castes sous couvert de religion, là, est la différence, comme vous découvrirez que la laïcité n’a pu être rendu possible non par opposition ou réaction à la chrétienté, mais par distinction uniquement de la sphère publique, de la sphère privée par trop bigarrée.

chers amis, merci de m’avoir lu et de m’avoir offert votre site comme tribune. Vive la liberté (de Droit), vive la démocratie et la paix des peuples.

DE

23 février, 2011

Nuit noire

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 0:20

Nous sommes énervés. Non. Nous sommes dégoûtés. Non. Ce n’est pas ça. Nous sommes tristes ? Non. Nous sommes déçus. Oui c’est bien ça. Déçus. C’est une sacrée sensation d’être déçu. Un mélange indescriptible de plusieurs sentiments. Un espoir qui s’envole, un rêve qui s’évapore, une réalité blessante, une colère profonde. On a mal au ventre, on n’a plus d’appétit et on sent que derrière tout cela des litres et des litres de larmes sont prêts à déverser leur flot. Il y a quelque chose de rageant et de pathétique dans la déception. On n’a pas envie de se résigner et pourtant les faits sont là, dressés devant nous comme le bras d’un nazi. Incontournables. On se demande comment on a pu être si naïf. On cherche une lueur quelque part mais rien. Nuit noire. Déçu par l’autre, déçu par soi-même. Ça va de paire. On prend des résolutions qu’on sait parfaitement qu’on ne tiendra jamais. On se dit que c’est la dernière fois et puis le plus souvent, on recommence. C’est notre nature d’espérer, de croire et de rêver. On a beau être cynique, on a beau avoir vu les pires horreurs, on a beau savoir ce qui nous attend, on prie toujours pour que le happy end arrive. Et quand tout tourne mal, on se dit qu’on aurait du s’y attendre, on se dit qu’on s’y attendait d’ailleurs mais qu’on aurait aimé que cette fois, cette fois seulement, ça finisse autrement. La condition d’être humain est une réponse en soi. Le bonheur s’accompagne de souffrance et vice versa. Vouloir être l’exception ne changera rien. Notre destin est tout tracé. Des hauts, des bas. Profiter des hauts, se dire que les bas sont éphémères. Et vivre. Absurde ? Oui. Mais réaliste.

24 janvier, 2011

« Crrrrc! Aïe mon dos! »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 22:22

mauxdos.jpg

Nous regardions un film. Quoi de plus anodin nous direz-vous… c’est aussi ce que nous pensions. Puis le film s’est terminé ; il était grand temps de nous lever. Nous mettre debout, sortir de notre torpeur, reprendre contact avec la réalité. Notre réalité.

Nous lever. Action que nous exécutons chaque jour. Plusieurs fois par jour même. Mais cette fois, alors que notre colonne vertébrale était presque déroulée, nos genoux presque allongés, une douleur aigüe est venue stopper notre course vers le redressement. Une douleur vaguement localisée vers l’omoplate droite.

M…. c’est le mot qui convient.

Et nous voilà coincés. C’est tout ce qu’il nous manquait. Et pour une raison obscure, notre premier réflexe est de tenter tous les mouvements possibles et inimaginables afin de constater l’ampleur des dégâts. Et plus nous bougeons, plus ils se font grands. Une série de « aïe » et autres onomatopées du genre s’en suit pour se terminer par un long et déprimant soupir de renoncement.

L’évidence est là. Nous sommes coincés. Après avoir essayé de chauffer le muscle manuellement, être resté 30min sous un jet de douche bouillant et pris des anti-inflammatoire, après une nuit de demi-sommeil allongés sur le dos, force est de constater que nous sommes impuissants face à cette résistance que notre corps nous oppose.

Un corps en piteux état. Enfin, jusque là, on n’avait pas eu trop à se plaindre surtout qu’on trouvait ça normal, que tout fonctionne correctement. Des soucis avec son enveloppe corporelle, on n’est pas censé en avoir trop jeune. Ce n’est pas comme les douleurs de l’âme qui dès le plus jeune âge ont investi les lieux.

Une chose positive à noter : personne n’est là pour ricaner devant l’incongru de la situation. Nous n’arrivons même pas à nous asseoir décemment. Sans trop réfléchir, notre corps cherche le chemin vers le sol le moins douloureux et à l’évidence, sans prendre en compte le côté esthétique du mouvement en lui-même. Pour être clair, on est ridicule mais ça reste entre nous.

Enfin, nous pouvons souffler un peu. Les longues minutes consacrées au réinvestissement de notre lit encore chaud nous ont éreintés. Il est temps de récupérer un peu. Mais nous n’avons plus sommeil malgré l’heure matinale et le froid de canard à l’extérieur. Nous annulons nos rendez-vous et nous nous plongeons dans une réflexion profonde laquelle, nous espérons, nous fera glisser au pays de rêves. Malheureusement, notre cerveau tenu en éveil par une douleur bien cachée mais toujours présente refuse de lâcher prise.

Et c’est parti pour un tour de questions existentielles, nous qui sommes en fin de compte si peu de chose. Un point douloureux dans le dos et c’est toute notre mobilité qui disparaît. Rien que l’idée d’attraper notre téléphone nous paraît insurmontable. Sans notre corps, nous ne sommes plus rien. Si, nous pouvons encore écrire mais la position est inconfortable, il faut bien l’avouer. Nous pouvons aussi écouter de la musique, lire, regarder un autre film qui peut-être aura l’effet inverse mais encore une fois, rien que la pensée d’avoir à nous lever à nouveau nous file des sueurs froides.

Oui, c’est vraiment très douloureux et nous ne sommes pas une chochotte.

C’est à cet instant que nous réalisons à quel point nous aimons écrire, mais à quel point aussi, nous aimons danser. Quelle poisse. Que ferons-nous quand notre corps ne suivra plus ? Nous contenterons-nous de regarder les autres faire ? Nous contenterons-nous d’écrire ? Rien n’est moins sûr, nous avons toujours fait les deux. Et un jour viendra où les mots remplaceront le mouvement. Juste au cas où, précisons que nous ne sommes pas pressés. Juste au cas où.

16 janvier, 2011

Une petite douche… brûlante?

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 23:48

pommeaudedoucheled30euros.jpg

Nous avons pris une douche chaude. Bien chaude. Oui, c’est le genre de choses qui nous arrivent parfois. Passionnant nous direz-vous. Vous ne croyez pas si bien dire.

Pourquoi cette envie subite si ce n’est la nécessité évidente d’être propre et surtout de sentir le propre. Certains ressentent parfois le besoin de faire la vaisselle. D’autres du rangement et d’autres encore un jogging. Nous c’est la douche chaude. Plus que chaude même, brûlante.

La sensation de l’eau qui coule dans nos cheveux, sur notre visage, sur notre corps tout entier. Une caresse chaleureuse, rassurante ; impression de bien être. Notre peau froide frissonne à son contact comme à celui du tout premier baiser. De la première étreinte.

L’eau coule. Elle emporte avec elle tous ces mots qui tournent sans cesse dans cette boite ovale qui nous sert d’unité centrale. Enfin, nous arrêtons de penser. Nous goûtons à cet instant doux et éphémère, un instant que notre corps réclame quand la pression monte, que la tension est à son comble. Soulagement.

Si nous avions la métaphore facile, ce qui est certainement le cas, nous pourrions dire que cette eau claire lave notre noirceur, nous débarrasse d’une négativité dont nous n’avons pas besoin ou plutôt que nous n’avons pas envie de porter plus longtemps. Nous lave de nos angoisses qui glissent les unes après les autres pour s’évanouir dans les ténèbres des égouts.

La réalité est tout autre. Elles sont toujours là et nous dirions même que nous les distinguons dans toute leur unité. Alors que nous naviguions dans le brouillard, la vapeur qui nous enveloppe maintenant nous révèle les maux qui nous assaillent d’une manière plus claire. Leur contour précisément défini apporte à notre esprit la sérénité. Nous savons ce que nous avons devant nous et nous pouvons trouver le moyen d’y faire face.

Au contact de cette eau brûlante, notre sang devient plus liquide, plus rapide, plus dynamique. Tous nos sens sont en éveil, prêts à agir. À réagir. Qui a dit que les douches chaudes tiraient vers le sommeil ? Notre cœur bat vite et ce n’est certes pas une invitation à se glisser dans les bras de Morphée.

Une douche chaude. Un visage à l’inconnu. Instinct de survie.

3 janvier, 2011

Miroir oh miroir…

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 3:08

7nr08e031.jpg

On a tous un truc qui cloche. Sérieusement.

Et pourtant on continue à faire comme si de rien n’était. On sourit, on travaille, on arrive même à avoir des conversations. Pas toujours très intéressantes d’ailleurs, souvent inutiles mais nécessaires pour compléter le tableau d’une vie presque normale. D’une vie logique.

On a pourtant tous un truc qui cloche. Sérieusement.

Et comment n’en serait-il pas ainsi vu le monde dans lequel on évolue…

Toutes ces informations qu’on reçoit en permanence, des informations que notre cerveau a du mal à analyser, à comprendre, à emmagasiner et qu’on finit par laisser de côté, dans un coin, bien cachées. Elles dépassent l’entendement. C’est pour ça qu’elles sont inclassables. Elles dépassent de loin notre entendement.

Nous nous noyons dans l’incohérence de l’esprit humain et nous voudrions aller bien ?

Chaque jour, à chaque minute, l’absurdité de l’existence nous éclate en pleine face et nous voudrions être normaux ?

Heureusement qu’on a quelque chose qui cloche. Le contraire eut été inquiétant.

Mais c’est parfois trop dur. Il y a des jours où faire face est plus difficile que d’autres. Où on n’a plus de force, plus de courage, plus de motivation, plus d’espoir. Le passage d’une année à l’année est un de ces moments. Faire le bilan n’est jamais réjouissant si ce n’est celui d’une entreprise qui s’en est mis plein les poches. Mais un bilan moral, sentimental et tout ce qui finit en « al » met rarement de bonne humeur.

Nous sommes là, à nous regarder dans le miroir et nous démasquons l’imposture. Tellement longtemps qu’on ne s’était pas regardé. On avait failli se tromper soi-même. Il suffit d’un regard, une seconde d’inattention pour que nous nous révélions à nous-mêmes.

Inutile, seul.

Nous tissons des liens que nous savons éphémères alors nous finissons par ne plus les tisser.

Nous entamons une œuvre qui restera inachevée alors nous finissons par ne rien entamer.

Inutile, seul.

Demain, la frénésie du quotidien meublera le néant et nous pourrons à nouveau faire semblant d’exister.

À l’année prochaine.

13 décembre, 2010

A vos ordres!

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 13:08

patamodpatron.jpg

Encore une nouvelle résolution à prendre. Pourtant, ce n’est pas encore le nouvel an. Enfin, si, c’est le nouvel an musulman. Finalement, c’est bien l’heure de prendre de nouvelles résolutions. Et la première sera celle-ci : ne plus attendre que le monde s’adapte à nous (oui, nous résistions encore, utopistes intarissables) mais à nous de nous adapter à lui. Et Dieu Sait que cela nous coûte.

 

Malgré notre grand âge, nous en étions encore à penser que tout le monde fonctionnait comme nous. Tout le monde veut bien entendu désigner les hommes et femmes actifs, dans la trentaine, évoluant dans le milieu de l’art. Fonctionner comme nous signifiant être un acharné du travail et de mourir plutôt que de ne pas honorer sa parole. Oui peut-être que nous aurions dû vivre quelques siècles plus tôt.

 

Nous voulions être indépendants professionnellement parlant et l’art nous a offert cette possibilité. Faire ce que l’on veut, comme on le veut. Travailler seuls, à notre rythme, à notre manière. Mais nous ne souhaitions pas non plus vivre reclus. Il faut bien, un jour ou l’autre, être confronté à quelques représentants de l’espèce humain. Déjà, parce qu’on a besoin d’eux pour exister, ne serait-ce que pour jouer le rôle du public. Aussi, nous avons besoin d’eux pour donner vie aux images, mouvements, scènes qui nous tournent dans la tête.

 

Mais nous n’avions pas réalisé que nous devrions, par conséquent, être le patron. Et ça, ce n’était visiblement pas notre truc. Oui, nous estimons que chacun a pour soi une conscience et dans le cas qui nous concerne, une conscience professionnelle. Décider de faire tel ou tel travail et le faire bien.

 

Sans que quelqu’un ne soit obligé d’être derrière vous. Et nous n’avons donc été derrière personne. Et nous avons fini par courir tout seul devant. Nous avons tourné la tête et nous les avons trouvés en train de débattre sur l’itinéraire à la station service de l’autoroute. Alors que nous avions le plan dans une main et le chrono dans l’autre. Vous suivez toujours ?

 

Qu’à cela ne tienne, la prochaine sera la bonne. Réveillons en nous le dictateur qui dort et chevauchons fouet à la main, sans repos ni relâche. Seuls les survivants recevront les honneurs. Quoi qu’on en dise, ça finit toujours par retomber sur le patron. Tant qu’à faire, autant faire les choses comme on l’entend.

 

Et dire que nous pensions que c’était le Maroc qui fabriquait des assistés…

 

Prochaine résolution : accepter que certains trouvent nul ce que l’on propose et continuer à le défendre si on est convaincu de sa valeur.

 

Vous êtes toujours là ? Nous sentons que nous vous avons perdu en route. En même temps, quelle idée de lire les tribulations intérieures d’un être en quête de réponse. Vous feriez mieux de lire un bouquin de philo, c’est mieux écrit et de vraies doctrines y sont proposées. Ou peut-être êtes-vous vous aussi un mauvais patron… ou un mauvais employé… ou un mauvais artiste… Dans ce cas-là, désolés, mais nous ne pouvons rien pour vous. Contents d’être passés ?

12345...8
 

g-huis-g8 |
astrologievoyance |
1S4, Lycéee La Bruyère Vers... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | réflexion en partage
| Chômeuse de Luxe
| REFLEXIONS