A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

13 juillet, 2015

« Jeûnons sous la pluie »

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 1:16

Nous aimons la pluie. Tant que nous sommes bien à l’abri. Ou que nous avons des affaires sèches et un bain chaud qui nous attendent. Oui nous sommes un peu précieux.

Nous aimons le jeûne. Tant que ça ne dure pas plus que douze heures. Après notre ventre commence à faire des bruits bizarres. Et nous commençons à dire des choses bizarres.

Nous aimons conduire. Vite surtout. En klaxonnant. Et en insultant de temps en temps les autres automobilistes, conducteurs de charrettes, de vélos, de tricycles et de dromadaires.

Aujourd’hui, trois en un.

Il arrive que nous devions nous acquitter de certaines tâches ainsi que le veut notre condition d’être humains ennuyeux, des tâches nécessaires à notre survie mais au combien rébarbatives: les courses.

Oui la phrase est un peu longue et pompeuse mais c’est notre texte, nous écrivons ce qu’il nous plaît.

Donc, nous décidons d’aller faire les courses. Nous baillons déjà de lassitude. Les courses. Quels mots déplaisants. Ceinture bouclée, rétros ajustés, gorge raclée, klaxon opé. 

Sur le chemin de l’aller, à part que nos mains effectuent des manoeuvres que notre cerveau ne semble pas avoir ordonné (il est en mode veille jusqu’à 19h45 heure du repas) et doublent la durée du trajet, tout se passe sans encombres.

Mais au retour, le petit plus qui déclenche un harlem shake à Marrakech nous tombe dessus: une pluie diluvienne.

Pichhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

Oui c’est le bruit que fait la pluie qui tombe.

Et là, carnage.

Le bus devant nous, arrivant au feu rouge, ralentit puis… dévie sur la voie de gauche et bisou bisou avec le parechoc de la voiture en carton arrivant en face. Tout en douceur. Tout écrabouillé. Pas de blessés. Une file de voiture qui ralentit pour admirer le spectacle.

Des gouttes grosses comme des olives (on est au Maroc, faut faire des métaphores adaptées au pays) nous tombent dessus et tous les deux roues s’arrêtent en attendant que l’averse passe. Sauf un. Un idiot sûrement. Vous nous direz qu’il est peut être pressé, qu’il ne sent pas la pluie lui fouetter le corps (le mec est en short et t-shirt) ou encore qu’il.. non il n’y a rien à dire, il est idiot.

Arrêt au feu. Rouge encore. Décidément. Une vieille chose stoppe à notre hauteur. Autrefois, ce fut certainement une voiture. Que Dieu ait son âme. Le conducteur profite des quelques secondes d’arrêt pour sortir et… passer une raclette sur son pare-brise. C’est l’homme-essuie glace. 

Les gens se battent pour monter dans les taxis, dans les bus, dans les calèches (non c’est une blague: riez!), les piétons courent et les idiots en deux roues qui ne veulent pas s’arrêter dérapent.

Et nous rions. Bien à l’abri dans notre voiture. Nous avons oublié l’espace d’un instant que nous jeunions. (oui nous jeûnons même si nous ne sommes pas obligés et oui c’est par conviction et non ce n’est pas la mer à boire et non ce n’est pas mauvais pour la santé et oui on sait que vous connaissez des musulmans qui ne le font pas et oui on s’en fout). Donc nous rions. Bien à l’abri. Rassasié par le divertissement que nous offre notre ville sous la pluie en plein mois de Ramadan sillonnée par des automobilistes à 200dhs. C’est le pourboire à donner pour avoir son permis en cinq minutes.

Bref, demain, nous sortirons à nouveau faire les courses (oh ce maudit mot) rien que pour avoir le plaisir de nous divertir encore un peu. Oui, notre vie est passionnante. Bande de jaloux. 

16 janvier, 2012

Incroyable mais vrai…

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 23:58

Ceci est une histoire vraie.

Nous recevons un message sur notre compte Viadeo. Un artiste intéressé par le travail de la compagnie souhaite savoir si une collaboration serait envisageable. Il réside à Fès, nous à Marrakech.

Nous l’informons qu’effectivement nous avons un projet auquel il pourrait participer si, néanmoins, il correspondait au profil recherché. Pour cela, nous avons besoin de le rencontrer et de l’auditionner. Nous lui demandons donc de nous informer dès sa prochaine venue à Marrakech puisque nous apprenons qu’il est originaire de la ville ocre et qu’il finira bien par y passer dans les semaines à venir.

Ce à quoi il répond qu’il y sera d’ici quelques jours et demande nos coordonnées téléphoniques que nous lui communiquons. Il nous préviendra dès qu’il sera à Marrakech. Jusqu’ici, tout va bien.

Arrive le jour J et le voilà qui nous appelle au petit matin « je suis à la gare routière, retrouvons-nous ». Nous sommes sur le point d’aller à un rdv donc nous fixons un rdv à 14h. Premier hic, il est injoignable, pas de portable. Ok….

Il rappelle à 13h30, nous refixons rdv pour 13h45 devant une grande enseigne près de la gare routière. C’est à l’autre bout de la ville, nous n’avons pas déjeuner et un autre rdv de travail nous attend à 16h. Il repart le soir même donc pas le choix. Nous commençons vaguement à comprendre qu’il est venu spécialement pour nous rencontrer. Passons…

Arrivé au rdv, personne. On l’appellerai bien mais Mr doit être la seule personne sur terre à ne pas avoir de portable! Nous attendons. 5min…. 10min… Nous regardons à droite, à gauche, derrière, devant, dessous même mais rien ou plutôt personne. A part quelques clochards et voyageurs pressés et sans le sou. Le quartier est mal famé. Nous en sommes en robe. Sur un scooter. Les clins d’oeil fusent et nous comprenons que nous n’allons pas faire long feu en restant planté là.

Nous partons. Nous avons d’autres chats à fouetter. Et voilà qu’1h plus tard, Mr appelle alors que nous travaillons. Nous ne répondons pas. Il nous harcèle de coups de fil. Nous ne répondons pas. Il continue d’appeler. Nous ne répondons pas.

Nous rentrons chez nous, après une journée de travail bien remplie et comme tout être normalement constitué du XXIème siècle nous consultons nos messageries.

Viadeo, un nouveau message. C’est trop parlant pour le paraphraser, donc, régalez-vous:

« bonsoir j’essay de te contacter mais j’ai pas de chance je croi je suis encors a marrakech je vais ressayer vers 19h de te rappeler c malgre moi par se que j’ai vendu mon telephone pour venir pour se casting et voila je suis en panne a marrakech j’ai pas l’argent de retours mais si sa vau la paine pour se travail sa me derange pas j’espere que tu puisse lire mon message je suis toujours a cote de la gare routiere puis que je connais personne a marrakech j’attands votre repanse. »

Outré, nous l’envoyons gentiment balader. Mr ne se dégonfle pas, il répond:

« merci de votre accueil c’est vraiment très sympa de votre par et sans abusée de votre temps je vous souhaite bon continuation .
je voulais seulement dire vous n’avez pas a me laisse au moine dans cette situation par se que je me suis laisse attirer vraiment par vos activité.
alors je crois que sa a pas marche je voulez vous montrer que je suis très motive pour se travail d’après avoir vue vos travaux sur internet.
vous me deviez au moine les frais pour retournez a fes je laisse a ta conscience le choix a plus… »

Vous imaginez bien que notre réponse, et ultime échange, a été des plus sanglante.  Après on nous demande si travailler au Maroc c’est pas trop dur… Ah? on n’avait même pas remarqué!

 

 

 

9 juillet, 2011

Permis ou pas?

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 23:54

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Permis de conduire. L’expression est ironique. Ici, à Marrakech. Avant, lorsque nous n’étions que simple piétons, nous nous demandions comment tous ses automobilistes avaient pu obtenir ce document sacré, petite carte insignifiante qui détient pourtant la clé de votre liberté de mouvement.

Et puis nous nous sommes fait une raison en imaginant que c’était comme pour le bac, on étudie, on réussit puis on oublie. L’expérience prend le dessus et la théorie tombe aux oubliettes. Ce que nous n’avions pas imaginé, c’est qu’on pouvait passer directement à la 2ème étape. Ceci explique cela.

Nous nous expliquons.

Le grand jour est venu, nous décidons (oh regardez, les poules ont des dents !) de nous inscrire à l’auto-école. L’été approche, le travail nous fait un signe de la main, il est temps.

Il faut savoir que tout s’apprend en même temps à Marrakech. La théorie, la pratique et tout ce qu’il y a entre les deux. Qu’à cela ne tienne, nous sommes parés. Un petit coup d’œil sur les cours informatisés, quelques règles et panneaux en tête et nous voilà dans la voiture. Enfin la voiture… Une petite Fiat Uno qui revient forcément de Libye, vu son état de dégradation avancée. Au moins, pas de scrupules à faire n’importe quoi avec.

Nous pensions bêtement que notre 1er cours de conduite se limiterait à : « ça c’est les clignotants, voilà les phares et la ceinture, à droite l’accélérateur, au centre le frein et à gauche, ton pire cauchemar de débutant ».

Si seulement.

Au lieu de ça, le moniteur nous conduit sur le boulevard Mohamed VI lequel, comme son nom laisse présumer, est un grand grand grand boulevard. Il stationne près du trottoir de droite et nous demande tout naturellement de prendre la place du conducteur et de régler notre siège, rétro, etc. Nous jubilons. Il nous demande ensuite de démarrer. Ok… Puis de mettre notre clignotant à gauche. Oui… De passer la 1ère en embrayant, d’accélérer doucement et de lâcher l’embrayage en tournant le volant à gauche et en vérifiant que personne n’arrive derrière. MAIS POURQUOI FAIRE !!!

Le mec est malade, il veut que nous conduisions parmi les autres gens normaux (enfin…) comme si nous avions fait ça toute notre vie, normal quoi. CA VA PAS NON ?! Nous croyions avoir préciser que nous n’avions jamais conduit auparavant !!!

En moins de temps qu’il ne nous a fallu pour dire ça, nous voilà lancer sur la route, volant en main, tranquille, manquerait plus que la radio et on s’y croirait. Nous conduisons. Si si c’est possible. Cool… Après un petit tour de la ville par ses grandes avenues, nous voici sur un parking. D’autres voitures d’auto-école sont là. Des piquets en fer se dressent un peu partout. Mon moniteur se met en tête de nous apprendre à faire un créneau, une marche arrière et un stationnement entre 2 voitures. C’est ce qui est demandé à l’examen. Et c’est ce qu’il compte nous apprendre, ni plus, ni moins.

Ah d’accord… et tout le reste ? Démarrage en côte ? Conduite sur l’autoroute ? Stationnement entre autre chose que des piquets ? Ah ce n’est pas au programme donc pas besoin d’apprendre. Eh bien, ça promet…

Nous ne sommes pas du genre contrariant. On verra ça plus tard. Pour l’heure, il nous faut nous familiariser avec les petits scotchs rouges répartis un peu partout dans la voiture, à l’intérieur bien sûr, afin de nous repérer lors des stationnements prévus à l’examen. Pourquoi pas. On n’aura plus qu’à mettre les mêmes dans notre propre voiture. Et toujours en avoir dans notre sac à main au cas où nous soyons amenés à en conduire une autre.

Quand nous nous enquérons de savoir comment se déroulera ce grand jour d’examen, une simple et courte réponse :

« Y a que ça ».

Euh, c’est-à-dire ?

« Créneau, stationnement, marche arrière. Un petit tour dans le quartier pour voir si tu sais démarrer et freiner et c’est régler. »

Pas de quoi s’énerver effectivement. Mais quand même. Notre conscience fait que nous ne pouvons pas acquérir ce permis sans un minimum de connaissance et de maîtrise. Quand même, ça pourrait être dangereux, non ? Oh, encore un grand moment de solitude… Car nous sommes bien les seuls à penser ça.

Et le jour J, forts de nos dizaines d’heures supplémentaires de conduite monnayées à l’auto-école, après une heure d’entrainement à l’aube sur le circuit d’examen, nous voilà prêts.

Quand l’inspectrice arrive, le soleil est au zénith. Non, la ponctualité n’est toujours pas d’actualité. À moitié cramés et assoiffés, nous défilons devant elle, nous pauvres candidats, pour effectuer la 1ère partie d’examen. Sans trop de difficultés, évidemment. Puis c’est le moment de la balade en tête à tête avec elle, dans le quartier semble-t-il.

Et là, chose incroyable mais vrai, l’examinatrice monte dans la 1ère voiture, fait 20mètres et descend. Nous nous disons : «  le pauvre, il a du faire une faute grave, il ne l’a pas eu »

Puis elle monte dans la deuxième voiture. Même scénario. Troisième voiture : idem. Elle monte dans la notre : « Allez-y, démarrez, tournez à droite, arrêtez-vous ici. C’est parfait, merci, au-revoir. »

Et nous avons eu notre permis…

Qui veut monter en voiture avec nous ?

19 avril, 2011

Alors on bouge…!

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 0:54

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Avec le temps, on a finit par trouver ça normal. Ça fait partie de notre paysage quotidien.

Les palmiers, le soleil, la graisse.

Pas celle du mouton, bien sûr, celle des filles bien en chair qui offrent à la vue de tous, leurs attributs de femelle en quête de rêve. Ici, les rondeurs, la peau, la chair, la flasque attitude des corps, n’ont rien de honteux. Et on n’essaie pas de les enjoliver par des parfums d’orient et de les faire reluire en les enduisant d’huiles essentielles. Pas de poésie, que du cru.

Et ce n’est pas comme si les femmes marocaines manquaient de formes. Ici, à 12ans, les filles ont plus de seins et de hanches que la majorité des françaises n’en auront jamais. Des cheveux à ne plus savoir quoi en faire et de la féminité à revendre.

Quoi de plus anodin donc à pousser la porte d’une boîte de nuit à la mode et d’y trouver exposer comme sur l’étal d’un boucher tous ces morceaux de barbaque débordant de tous les côtés. C’est simple, tout le monde porte du 38. Du coup, un bout de ventre par ci, une fesse par là et deux mamelles de l’autre côté. Le tout moulé dans des bouts de tissus d’un goût exquis variant du vinyle fuchsia au lycra léopard.

Clairement, nous dénotons dans ce décor des 1001nuits. Peu importe. Nous dansons. Nous sommes là pour ça après tout. Même si on ne sait pas trop pourquoi les autres viennent ici, nous voulons danser.

Une poupée nous pousse en passant. Par derrière. Comme nous avons omis de prendre nos rétroviseurs, nous ne l’avions pas vu arriver. Nous aurions pu la sentir, c’est vrai, mais le mélange d’odeurs nauséabondes est si fort que nous avions déjà perdu notre sens de l’odorat.

Et de se retourner. Et de nous dévisager. Et de nous imaginer en train de la balancer par-dessus la rambarde. Et de nous contrôler.

« Ben quoi, je danse, c’est normal que je bouge non ? », connasse. Elle pensait peut-être que son aura ferait stopper tous ceux qui croiserait son passage afin qu’ils puissent baver devant sa silhouette de rêve. Avons-nous défié la loi de la nature en ne répondant pas à l’appel ?

Elle ne voudrait pas qu’on bave sur elle, c’est certain, trop d’œstrogène et pas assez d’euros. Elle ne peut décemment pas non plus nous ressentir comme une concurrente ; il est clair que nous ne jouons pas dans la même cour. Alors quoi ?

Pas d’animosité envers elle, après tout, ça la regarde, ici tout le monde se côtoie, tout le monde vit ensemble, il y en a pour tous les goûts et pour tous les porte-monnaie. C’est glauque, c’est sûr, mais des fois la vie, c’est glauque. Et ça, c’est de la phrase.

27 février, 2011

Marrakech: avant, pendant, après?

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 15:53

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Qui n’a pas écrit, qui n’a pas parlé des évènements survenus ces derniers temps dans le monde arabe?

Nous avons préféré garder le silence quelques temps, ne pas juger trop vite, ne pas s’emballer, attendre de nous faire une idée. Mais aujourd’hui, nous recevons des appels d’amis à l’étranger, inquiets de la situation, inquiets pour notre sécurité. Nous ne comprenons pas.

Pour eux, il est temps de faire le point.

Après l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, le Yémen et maintenant la Lybie, tous se demandaient si le Maroc suivrait. Ça se confirme, le Maroc n’est pas un pays comme les autres.

Il n’est pas dirigé par des militaires. Son peuple ne se mobilise pas pour les élections. Son peuple ne meurt pas de faim. Son peuple ne veut pas renverser le régime.

Mais il a des revendications sociales et économiques légitimes. Alors il se saisit de l’occasion pour descendre pacifiquement dans la rue.

Nos yeux et nos oreilles nous rapportent une population qui aime son roi. Elle ne veut pas lui ôter son pouvoir. Elle veut des réformes dans le gouvernement, de nouvelles dispositions semble-t-il. Elle veut une véritable monarchie constitutionnelle. Certains scandent même le terme de démocratie.

Mais seulement un tiers des marocains votent. Comment exiger une démocratie si le premier moyen qui est donné au peuple pour choisir ses gouvernants n’est pas utilisé ?

Le roi est en colère. Car certains ont voté. Les partis ont pris des sièges au gouvernement. La majorité a pris des mesures. Si les gens veulent du changement, il faut d’abord aller aux urnes.

Certes. Mais combien d’analphabètes ? Combien de personnes préoccupées par leur prochain repas ? Combien vivant dans l’opulence sans se soucier de l’avenir ?

Dans la rue, la situation est complexe. Chacun tire la couverture à soi. Certains manifestent pour avoir du travail, d’autres une meilleure retraite, d’autres pour manifester leur soutien au roi, d’autres pour se plaindre de la police, d’autres du gouvernement. En fait, on ne sait pas trop ce qu’il se passe.

En marge, bien sûr, ceux qui ont toujours rêvé de porter des fringues Zara ou Guess et cassent les vitrines pour repartir avec un mannequin sous le bras. Dans une ruelle, un garçon revend les pièces volées à un quart de leur prix initial.

Il y en a un autre qui saccage une agence de voyage parce qu’il vient de se faire virer.

Un groupe s’en prend au MacDo, symbole de débauche et du capitalisme américain.

Les chauffeurs de taxi rêvent d’écraser tous ces jeunes qui font fuir les touristes.

Les salariés restent coincés dans les embouteillages.

Les femmes ont peur de sortir de chez elles parce qu’on ne sait jamais.

Et il y a ceux qui n’ont même remarqué qu’il y avait un problème.

Puis le roi est venu à Marrakech. Les rues ont été nettoyées. Les employés du service public emplissent les rues et font semblant de travailler. Ici et là, des policiers qui ont ordre de ne rien faire. Parfois, des militaires postés au bord de la route pour la sécurité du roi. Une troupe de bonnes femmes assises qui attendent de le voir passer pour l’acclamer.

On dirait que tout est sous contrôle. Le roi reprend les choses en main. Changement de 1er ministre, nouvelles têtes au gouvernement, réponse positive aux revendications, nouveau projet économique et social…

Pourtant, quelques manifestants réclament encore…quelque chose… malgré toutes les réformes. Apparemment, une porte s’est ouverte et tout le monde commence à faire la liste des cadeaux de Noël. Le roi a l’air de bonne humeur, c’est le moment de négocier.

Mais ce n’est pas si simple. Aujourd’hui, la police encadre les manifestations. Ne pas les laisser saccager à nouveau le centre ville.

Quelle sera la prochaine étape ?

Le printemps est arrivé en même temps que le roi. Il fait beau, chaud et ça sent bon les vacances. Bientôt, les cœurs vont s’adoucir et les esprits s’apaiser. Ce n’est qu’une question de temps. Bientôt, Marrakech se videra de sa colère dont personne ne veut plus pour arborer un sourire printanier.

Le roi ne veut pas d’émeute. Le roi ne veut pas de sang. Il ne veut pas faire fuir les touristes. Il ne veut pas être destitué. Il veut satisfaire son peuple et lui donnera ce qu’il veut pour que les rues retrouvent leur sérénité.

Y parviendra-t-il ?

13 janvier, 2011

Pas le temps!!!!

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 14:39

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Trop de choses à faire, trop de peu de temps.

Il fut un temps où c’était notre lot quotidien, le contenu de notre horoscope du jour, le résumé clair et néanmoins désolant de notre vie.

Et puis nous avons débarqué au Maroc comme des explorateurs aurait débarqué sur une nouvelle planète. Le cœur battant, une boule d’angoisse et d’excitation au ventre.  Allions-nous trouver des êtres aux coutumes ancestrales, pleins d’une spiritualité nouvelle qui nous révèlerait à nous-mêmes ? Allions-nous découvrir une nouvelle forme de communication, de nouveaux préceptes de vie, le secret de l’humanité ?

Non. Nous avons trouvé ça.

Des gens qui avaient peu de choses à faire et beaucoup de temps. Enfin, c’est ce que nous avons vu au début. En bon colonialiste. Des gens qui se prélassaient au soleil, qui n’avaient pas ou peu d’ambition, qui se contentaient de peu ou pas grand-chose. Heureux sont les simples d’esprit.

Ils parlaient avec des portables, comme nous et regardaient des séries à l’eau de rose. Comme nous. Enfin, par nous, nous voulons bien entendu dire, le français moyen. Ils étaient croyants mais peu pratiquants, ils rêvaient de partir et de devenir américains. Pas comme nous. Bref, rien de très réjouissant. Ni de très spirituel. Ni de très révélateur.

Nous leur avons secrètement reprochés de vouloir être comme nous. de ne pas être ce que nous voulions qu’ils soient. Et toutes les autres choses aussi. Nous aurions tellement aimé qu’ils aient un autre schéma à proposer. Alors nous avons pensé devenir ermite dans un coin de leur montagne rouge, puis nous nous sommes surpris à penser partir apprendre les arts martiaux dans une école chinoise, puis nous avons voulu disparaître.

En fin de compte nous sommes restés. En grand penseur passif que nous sommes. Nous supposions nous suffire à nous-mêmes, nous rêvant solitaires et mal compris, être exceptionnel qui ne trouverait la paix que loin de toute forme de vie humaine.

Et puis nous avons vu un truc amusant et nous avons eu envie de le dire à quelqu’un. Nous n’avons trouvé personne. Et ce n’était plus drôle.

Nous avons regardé ces gens, d’ici, de là-bas et de bien plus loin encore. Tous avaient pleins de choses à faire, tous se pensaient seuls et incompris, tous avaient tissés des liens, tous se croyaient exceptionnels, tous étaient comme nous. Quelle déception. Nous aurions tellement aimé être un être à part. Ça nous apprendra à être prétentieux.

Et sans trop  de réflexion, nous nous sommes laissés porter par le courant d’un nouveau mode de vie. Celui qui dit que ce n’est pas si grave et que l’important se trouve ailleurs. Celui qui dit qu’il faut prendre le temps de faire les choses et que relativiser est la clé de la survie et du bonheur quotidien. Ou est-ce notre voisin chômeur et alcoolique qui dit ça ?

25 décembre, 2010

Noël à Marrakech: why not?

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 17:12

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Ca y est, c’est Noël ! Oui, c’est vrai, nous sommes au Maroc et ce n’est pas vraiment dans la tradition nationale de réveillonner ce jour-là. Mais comment pourrait-il en être autrement pour nous qui sommes nés et avons grandi de l’autre côté de la Méditerranée ?

Qui avons vu la neige tomber chaque hiver, les guirlandes illuminer les villes et les chants se propager comme un fou rire sur les lèvres des enfants ?

Nous regardons par la fenêtre et nous voyons un ciel bleu, un petit air frais empli nos poumons, il fait bon, nul doute possible : nous sommes à Marrakech. Ça ne sent pas Noël ou du moins, pas celui de notre enfance. Ça sent les vacances. Marrakech, ça sent toujours les vacances. C’est peut-être pour ça que tout fonctionne au ralenti. Passons.

Par-ci par-là une guirlande dans une branche, une étoile qui clignote, des slogans de fêtes sur les vitrines. La ville exhibe de nouveaux visages qui viennent se mélanger à ceux un peu bizarres mais néanmoins familiers des 100% marrakchiyin. Déjà qu’on était un peu à l’étroit, là, on frise l’inondation. Nous n’aimons pas quand la ville se remplit. Elle commence à grouiller comme un seau plein de vers et ça nous dégoute un peu.

Bientôt, ça ne sent plus les vacances. Ça sent l’essence. Qui a une allumette ?

Nous ne sommes pas en vacances mais c’est tout comme. On travaille en pensant aux cadeaux que nous allons faire, au repas que nous allons faire, à la soirée que nous allons faire.

C’est Noël et même si personne n’en parle, même si on travaille le 25 au matin, même si on n’a pas fait de sapin à la maison, c’est quand même Noël.

On a acheté foie gras, saumon fumé, fromage de chèvre, marrons glacés, bûche glacée, canard et truffes ; nous salivons rien qu’à l’idée de nous empiffrer.

Ce qui est bien quand on a un pied de chaque côté de la Méditerranée, c’est qu’on a deux fois plus de fêtes, deux fois plus de moments à partager voire, deux fois plus de cadeaux !

Bon, on mange aussi deux fois plus que tout le monde et ça nous coûte deux fois plus cher mais c’est toujours deux fois plus sympa d’avoir deux fois plus de repas entre amis et en famille, deux fois plus d’évènements à célébrer et d’avoir deux fois plus de raisons de passer un bon moment.

C’est sur que ce n’est pas systématiquement le cas pour tout le monde. Certains détestent les réunions de famille, n’aiment pas sortir et préfèrent rester dans leur train-train quotidien. Dans ce cas, c’est deux fois plus cauchemardesque pour eux d’avoir deux cultures différentes.

Mais nous, ça nous va bien de pouvoir fêter la fin du Ramadan avec des gâteaux aux amandes et au miel, manger des brochettes pour la fête du Mouton, fêter Noël avec dinde et foie gras, célébrer le Nouvel An avec huître et caviar, fêter la naissance du Prophète avec un bon couscous familial, fêter Pâques avec ses œufs en chocolat, Achoura avec ses kourichlate, etc.

Ah ouais d’accord… Et nous qui nous demandions pourquoi la balance affichait irrémédiablement 200kg…

26 octobre, 2010

IFO

Classé dans : Non classé — cieamalhadrami @ 17:12

Retrouvez mon premier texte publié par l’institut français de l’oriental sur:

http://www.institutfrancaisoujda.ma/spipe49d.html?article572

I believe I can fly!!!

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 11:54

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Quand nous étions enfants, nous rêvions de voler. Et puis nous avons eu onze ans, nous sommes rentrés au collège, nous avons étudié la gravité et nous sommes passés à des rêves plus… concevables. Apparemment, nous ne sommes pas les seuls. À avoir eu ce rêve. Alors que nous avons fait preuve d’une maturité sans pareil, d’une intelligence unique, d’un instinct exemplaire, d’autres en sont toujours à se fabriquer des ailes en plume de canard. La nature est injuste, eh oui, si seulement tout le monde avait pu avoir notre présence d’esprit…

Une boîte. Pas de celles en carton où l’on range ses chaussures. De celles où l’on se rend pour pêcher un thon qui, Oh ! Miracle, se transformera en « l’amour de notre vie ». De celles où l’on vient pour oublier l’inutilité de notre existence, de celles où l’on va pour vérifier que la date de péremption n’a pas encore été atteinte. Bref, une « discothèque », comme dirait Germaine.

Tout le monde s’est mis sous son 31. On ne sait jamais. Ce serait dommage de passer à côté de sa deuxième moitié et qu’elle ne daigne même pas vous regarder. D’ailleurs, en boîte, on ne se regarde pas, on se devine. Et bonjour les silhouettes de ouf. Passons.

Musique de merde, clientèle de merde, boissons de merde, perspective de soirée triplement merdique. C’est là que nous l’apercevons. Entre une ancienne paraplégique qui recouvre l’usage de ses jambes sur la piste de danse tout de vinyle vêtue et un prétendant au bêtisier de la Star Ac 1978 s’efforçant de sautiller sur un rythme propre à lui. Elle est là, montée sur talonnettes, jean prêt à craquer, chevelure brushinguée se finissant en queue de rat. Une déesse.

Et comme il se doit pour une star internationale du spectacle mondial de la terre entière, elle s’apprête à faire son show. Vous l’avez rêvé, elle l’a fait. Son regard semble nous dire : « toi aussi, tu peux le faire. Regardes moi : oiseau je rêvais d’être, oiseau je suis devenue… ». La voilà qui monte sur le podium. Enfin, qui essaie de monter… non, mais tournes toi, voilà, mets ta jambe, ok maintenant tournes toi, allez ça va être bon, voilà, c’est bon.

Une barre verticale au centre du podium circulaire.

Mais que se passera-t-il quand… Trop tard.

Elle tourne. Pas la barre, la fille. Autour de la barre. Avec un bras en l’air façon Titanic chez les infirmes. Son poids doublé d’une énergie « vodkalisée » lui fait prendre de la vitesse. Elle ne s’arrête plus de tourner. À ce stade, soit la barre qui commence à bouger sérieusement va s’arracher et l’envoyer dans le décor, soit elle va s’emmêler les pieds et finir dans le décor, soit elle va dégueuler sur nous qui l’enverrons direct dans le décor. Dans tous les cas, ce sera inédit et spectaculaire.

Mais personne ne s’attendait à ça. Pas même Tarantino n’aurait pu l’imaginer. Ni Tarantino, ni Zavata.

Voici en quelques mots ce que notre wonderwoman nationale fit :

Elle agrippa de toutes ses forces la barre, l’agrippa de ces deux mains aux doigts crochus, tels les griffes acérées d’un rapace en chasse. Prit l’élan d’un aigle royal, affina son regard de faucon vers un point assez élevé de la barre et… sauta à pieds joints dessus. Jambes pliées, barre entre les cuisses, contraction de tous les muscles de son corps y compris sphincter et zygomatiques, on aurait dit que cette barre, c’était le dernier recours en justice d’un condamné à mort. Tel un pitbull accroché à sa proie – oui, on est passé du registre des volatiles au registre canin, elle s’accrochait à la barre après un saut olympique digne des jeux lilliputiens. Elle avait atterri à 50cm du sol et se laissait maintenant doucement glisser jusqu’à toucher terre.

Après un tel exploit, que pouvait-elle faire de mieux ? Recommencer. Exactement. Une fois, deux fois, trois fois, toute contente de sa petite crotte de saut et de l’effort que les 2secondes d’immobilité hors du sol lui demandaient. Cette entrée en matière ouvrit la porte à toutes les fenêtres, comme dirait l’autre.

Ce fut d’abord un remuage de fesses contre la barre – peut-être avait-elle des hémorroïdes, puis un lever de jambe de patinage artistique sans le côté technique ni artistique (???), tourbillons, croche-papatte, ondulation des mains façon Freddy Kruger, ondulation du ventre façon Bibendum, ondulation des fesses façon danse des canards, balance de la tête du genre « j’me prends des claques dans la gueule», pour finir par une position finale que nous vous laissons le soin d’imaginer. Un pied dans une main, tête en arrière, la barre dans le … . Il était loin l’aigle noir de Barbara. Il est mort ce jour-là, laissant la place à ce petit poulet déplumé prêt à passer à l’abattoir. De l’oiseau, ne restait que la cervelle.

Nous remercions qui de droit de nous avoir permis d’assister à cette performance contemporaine digne des plus grands chorégraphes contemporains français et laquelle, nous l’espérons, sera bientôt rediffusée sur Arte. La nuit. En attendant, nous la remercions elle de nous avoir permis d’entériner à jamais l’envie de voler. Défier la gravité, oui, mais à conditions d’être dans un avion et non pas de devenir aussi balaise que lui. « Petit oiseau, si tu n’as pas d’ailes, ben tu peux pas voler… tu peux pas voleeer, non non non non non,! ».

9 octobre, 2010

« Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère. »

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 17:23

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Quand on pense à l’accouchement, la première chose qui nous vient à l’esprit, ce sont les douleurs de l’enfantement. Aujourd’hui, péridurale aidant, ce mal est devenu secondaire.

On redoute les contractions, les complications, la césarienne, l’épisiotomie, les incontinences, le dégoût du papa, l’incompétence de la sage-femme, l’après-accouchement, les visites et la constipation.

Mais avez-vous déjà pensé au lit sur lequel vous serez pour mettre votre enfant au monde ? Les draps seront-ils propres ? Vous êtes-vous demandés si le médecin aurait des gants ? S’il y aura d’autres personnes avec vous à ce moment là que le personnel médical comme par exemple, d’autres patientes ?

Non bien sûr parce que les réponses coulent de source. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour toutes les femmes. Celles qui accouchent en clinique sont comme vous. Celles qui accouchent à l’hôpital public… ne sont pas comme vous.

« Elle commence à en avoir assez.

Neuf mois qu’elle le porte.

Neuf mois qu’elle est fatiguée, souvent malade ; son corps éprouvé crie grâce.

Elle n’ose pas en parler. Pas même à son mari. Comment pourrait-elle décemment avouer qu’elle n’en peut plus, qu’elle voudrait que cette chose sorte de son ventre, qu’elle ne supporte de plus de se voir transformée en sac ambulant.

Serait-elle une mauvaise mère ? C’est ce qu’ils penseraient tous.

Elle parle à son bébé. Un petit être dont elle ne connait même pas le visage. Elle espère qu’il ne sera pas trop laid. Elle lui demande de sortir. Elle le prie de soulager sa souffrance en mettant fin à cette longue période d’incubation. Elle prie aussi et surtout Dieu pour lui demander plus de patience et la force de surmonter cet obstacle.

Elle ne craint pas l’accouchement, elle le réclame. Retrouver une vie routinière où elle serait maîtresse de son corps. Un corps qu’elle continuera de cacher, un corps qu’elle continuera d’offrir à son mari dès qu’il le désirera, un corps qu’elle lavera au hammam, un corps qu’elle fatiguera à force de ne rien faire que le ménage. Un corps qu’elle connaît par cœur et qui aujourd’hui ne lui appartient plus.

Il contient l’héritier, la descendance, la fierté de la famille. Le temps de la grossesse, il n’est plus à elle.

Dans la rue, on la dévisage. Elle se sent salie par la fécondation. Dans leurs yeux, elle lit du dégoût, de la pitié et du mépris. On ne la félicite pas. On la bouscule, impunément. Elle se sent coupable, honteuse, tout le monde la regarde en se disant qu’elle a volontairement couché avec un homme pour se faire engrosser.

Elle voudrait comprendre pourquoi chaque regard raconte la même histoire. Elle est mariée. Elle ne devrait pas avoir à se cacher, à baisser les yeux et à se justifier.

Les gens sont violents, maladroits, indifférents à ce corps qu’elle protège instinctivement. Elle a peur de prendre un mauvais coup, de perdre ce bébé alors elle ne sort plus. Dans cette jungle urbaine, on la touche trop. Dans l’intimité de sa chambre, son mari ne la touche plus.

Il est temps que ça s’arrête. Aucune attention particulière envers elle. Elle continue à effectuer ses tâches ménagères, à faire le marché, à laver le linge. Elle a besoin de se plaindre. Elle a besoin d’un peu de compréhension. Elle a besoin d’un peu de tendresse.

Mais les hommes sont égoïstes et les femmes jalouses.

Elle n’a pas le droit de se laisser aller. Doit être à la hauteur des femmes de la famille. Pas de place pour les midinettes. Elle ne veut décevoir personne, fait des efforts incommensurables et tous font semblant de trouver ça normal.

Ne se résume-t-elle qu’à cela ? Un utérus fécondé porteur d’embryon ? Sa vie n’a-t-elle donc de sens qu’à travers cette mission d’enfantement ?

Quand le jour arrive enfin, elle se rend à l’hôpital. Est-ce ici le purgatoire ? Des bureaux à perte de vue, des couloirs à perte de vue, des malades à perte de vue. Il y en a dans les chambres, dans les salles d’attentes, par terre, en fauteuil, sur des tables, partout. Impossible que toutes ces femmes viennent pour accoucher…

On la pose sur un brancard, c’est l’affaire de quelques heures, à la lueur d’ampoules cassées. Elle accouche là, aux portes de l’enfer, d’une petite fille belle comme le jour et vraiment minuscule. Sa première pensée est de se dire qu’elle aussi, un jour, traversera un moment identique. Horreur d’une réalité sans équivoque.

24h plus tard, retour à la maison. Elle n’aurait jamais pensé être heureuse de retrouver son lit. Mais pour l’heure, c’est sur le canapé du salon qu’on l’installe, la destinant à passer la prochaine semaine allongée ici. Pour pouvoir recevoir les visiteurs. Elle qui ne rêvait que de dormir enfin.

Maintenant, on prend soin d’elle. Elle a accompli sa mission, honoré sa famille, c’est le début des festivités. Alors qu’elle ne rêve que de dormir.

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