A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

26 août, 2015

« Tu sais faire la planche? »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 2:22

Non. Nous sommes convaincus que personne ne sait faire la planche. Sinon, le monde serait composé uniquement de corps humains flottant à la surface de l’eau, plus vivants que jamais.

Nous nous expliquons. Oui, il y en a un dans le fond de la classe qui n’a pas compris la phrase précédente. Ne t’inquiète pas l’ami, nous allons développer. Nous adorons nous entendre parler. Ou plutôt nous voir écrire.

Nous sommes partis en vacances. Farniente. De vraies vacances au soleil en bord de mer. Une eau translucide et d’une chaleur insolente.

Nous adorons l’eau. Nous adorons l’océan. Nous adorons aussi la mer. Immensité. Lorsque sous nos yeux ébahis l’infinité de l’eau rencontre l’infinité du ciel, lorsque les vagues miroitantes épousent l’éclat des étoiles, nous nous sentons seuls face à Dieu, sereins et humbles, comblés et reconnaissants, minuscules et uniques.

Plénitude.

Cest le seul moment de notre vie où nous sommes plongés dans cet état de bien être indescriptible. Nous nous disons que ce doit être ça, le paradis. Vidés de tout, simplement là, éternels.

Nous sommes à la plage. Rien de très original. Nos pieds foulent le sable fin, entrent dans l’eau, nos jambes, nos hanches, ventre, poitrine, épaules, nous fermons les yeux et nous savourons cet instant qui la douceur d’une caresse amoureuse. Nous nageons quelques mètres histoire de nous éloigner de la populasse. Nous n’aimons pas les gens et encore moins les touristes. Bien que nous soyons nous-mêmes les deux.

Autour de nous, un jeune couple (forcément jeune, vu comme ils se lèchent l’un l’autre) deux femmes aux seins nus (pourquoi nous infliger tant de souffrance visuelle? Elles pensent sincèrement avoir la poitrine du siècle, pitié pour nos yeux…), quelques gosses hurleurs à bouée, bons à laisser couler pour le salut de nos oreilles – oh comme c’est attendrissant, des papas qui nagent avec leur enfant et un, là, qui ne va pas tarder à noyer le sien.

Loin, loin, loin de toute cette agitation futile, à michemin entre les hommes et les yachts, au centre d’un petit bout de mer, nous décidons de faire une halte.

Pause.

………………….

Nous basculons sur le dos. Les oreilles dans l’eau, les yeux fermés, le corps inerte. Nous n’entendons plus que notre propre respiration, la douceur des rayons du soleil sur le visage, peu à peu nos muscles se relâchent, se détendent. Nous confions notre corps à la mer, à la nature, à Dieu. Nous n’avons plus aucune volonté, aucun mouvement d’aucune sorte, totalement libre. Nous flottons au gré des flots, plus rien n’a d’importance, plus rien n’existe, il n’y a que l’eau et nous. Nous qui ne sommes même plus un corps, simplement un esprit qui vogue dans les méandres de la nature, primaire, éthéré.

Plenitude.

Ce doit être ça, le paradis.

Et puis signal d’alerte. Notre cerveau réagit et nous sort malgré nous de cette douce léthargie. Nous allions nous endormir. Nous perdre dans les profondeurs des océans. Et alors?

Alors il n’est pas si aisé de mourir. Surtout si on veut aller au paradis.

 

 

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