A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

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9 juillet, 2011

Permis ou pas?

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 23:54

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Permis de conduire. L’expression est ironique. Ici, à Marrakech. Avant, lorsque nous n’étions que simple piétons, nous nous demandions comment tous ses automobilistes avaient pu obtenir ce document sacré, petite carte insignifiante qui détient pourtant la clé de votre liberté de mouvement.

Et puis nous nous sommes fait une raison en imaginant que c’était comme pour le bac, on étudie, on réussit puis on oublie. L’expérience prend le dessus et la théorie tombe aux oubliettes. Ce que nous n’avions pas imaginé, c’est qu’on pouvait passer directement à la 2ème étape. Ceci explique cela.

Nous nous expliquons.

Le grand jour est venu, nous décidons (oh regardez, les poules ont des dents !) de nous inscrire à l’auto-école. L’été approche, le travail nous fait un signe de la main, il est temps.

Il faut savoir que tout s’apprend en même temps à Marrakech. La théorie, la pratique et tout ce qu’il y a entre les deux. Qu’à cela ne tienne, nous sommes parés. Un petit coup d’œil sur les cours informatisés, quelques règles et panneaux en tête et nous voilà dans la voiture. Enfin la voiture… Une petite Fiat Uno qui revient forcément de Libye, vu son état de dégradation avancée. Au moins, pas de scrupules à faire n’importe quoi avec.

Nous pensions bêtement que notre 1er cours de conduite se limiterait à : « ça c’est les clignotants, voilà les phares et la ceinture, à droite l’accélérateur, au centre le frein et à gauche, ton pire cauchemar de débutant ».

Si seulement.

Au lieu de ça, le moniteur nous conduit sur le boulevard Mohamed VI lequel, comme son nom laisse présumer, est un grand grand grand boulevard. Il stationne près du trottoir de droite et nous demande tout naturellement de prendre la place du conducteur et de régler notre siège, rétro, etc. Nous jubilons. Il nous demande ensuite de démarrer. Ok… Puis de mettre notre clignotant à gauche. Oui… De passer la 1ère en embrayant, d’accélérer doucement et de lâcher l’embrayage en tournant le volant à gauche et en vérifiant que personne n’arrive derrière. MAIS POURQUOI FAIRE !!!

Le mec est malade, il veut que nous conduisions parmi les autres gens normaux (enfin…) comme si nous avions fait ça toute notre vie, normal quoi. CA VA PAS NON ?! Nous croyions avoir préciser que nous n’avions jamais conduit auparavant !!!

En moins de temps qu’il ne nous a fallu pour dire ça, nous voilà lancer sur la route, volant en main, tranquille, manquerait plus que la radio et on s’y croirait. Nous conduisons. Si si c’est possible. Cool… Après un petit tour de la ville par ses grandes avenues, nous voici sur un parking. D’autres voitures d’auto-école sont là. Des piquets en fer se dressent un peu partout. Mon moniteur se met en tête de nous apprendre à faire un créneau, une marche arrière et un stationnement entre 2 voitures. C’est ce qui est demandé à l’examen. Et c’est ce qu’il compte nous apprendre, ni plus, ni moins.

Ah d’accord… et tout le reste ? Démarrage en côte ? Conduite sur l’autoroute ? Stationnement entre autre chose que des piquets ? Ah ce n’est pas au programme donc pas besoin d’apprendre. Eh bien, ça promet…

Nous ne sommes pas du genre contrariant. On verra ça plus tard. Pour l’heure, il nous faut nous familiariser avec les petits scotchs rouges répartis un peu partout dans la voiture, à l’intérieur bien sûr, afin de nous repérer lors des stationnements prévus à l’examen. Pourquoi pas. On n’aura plus qu’à mettre les mêmes dans notre propre voiture. Et toujours en avoir dans notre sac à main au cas où nous soyons amenés à en conduire une autre.

Quand nous nous enquérons de savoir comment se déroulera ce grand jour d’examen, une simple et courte réponse :

« Y a que ça ».

Euh, c’est-à-dire ?

« Créneau, stationnement, marche arrière. Un petit tour dans le quartier pour voir si tu sais démarrer et freiner et c’est régler. »

Pas de quoi s’énerver effectivement. Mais quand même. Notre conscience fait que nous ne pouvons pas acquérir ce permis sans un minimum de connaissance et de maîtrise. Quand même, ça pourrait être dangereux, non ? Oh, encore un grand moment de solitude… Car nous sommes bien les seuls à penser ça.

Et le jour J, forts de nos dizaines d’heures supplémentaires de conduite monnayées à l’auto-école, après une heure d’entrainement à l’aube sur le circuit d’examen, nous voilà prêts.

Quand l’inspectrice arrive, le soleil est au zénith. Non, la ponctualité n’est toujours pas d’actualité. À moitié cramés et assoiffés, nous défilons devant elle, nous pauvres candidats, pour effectuer la 1ère partie d’examen. Sans trop de difficultés, évidemment. Puis c’est le moment de la balade en tête à tête avec elle, dans le quartier semble-t-il.

Et là, chose incroyable mais vrai, l’examinatrice monte dans la 1ère voiture, fait 20mètres et descend. Nous nous disons : «  le pauvre, il a du faire une faute grave, il ne l’a pas eu »

Puis elle monte dans la deuxième voiture. Même scénario. Troisième voiture : idem. Elle monte dans la notre : « Allez-y, démarrez, tournez à droite, arrêtez-vous ici. C’est parfait, merci, au-revoir. »

Et nous avons eu notre permis…

Qui veut monter en voiture avec nous ?

 

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