A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

19 avril, 2011

Alors on bouge…!

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 0:54

Alors on bouge...! dans Chroniques du bled 985063_7583f506f8_m

Avec le temps, on a finit par trouver ça normal. Ça fait partie de notre paysage quotidien.

Les palmiers, le soleil, la graisse.

Pas celle du mouton, bien sûr, celle des filles bien en chair qui offrent à la vue de tous, leurs attributs de femelle en quête de rêve. Ici, les rondeurs, la peau, la chair, la flasque attitude des corps, n’ont rien de honteux. Et on n’essaie pas de les enjoliver par des parfums d’orient et de les faire reluire en les enduisant d’huiles essentielles. Pas de poésie, que du cru.

Et ce n’est pas comme si les femmes marocaines manquaient de formes. Ici, à 12ans, les filles ont plus de seins et de hanches que la majorité des françaises n’en auront jamais. Des cheveux à ne plus savoir quoi en faire et de la féminité à revendre.

Quoi de plus anodin donc à pousser la porte d’une boîte de nuit à la mode et d’y trouver exposer comme sur l’étal d’un boucher tous ces morceaux de barbaque débordant de tous les côtés. C’est simple, tout le monde porte du 38. Du coup, un bout de ventre par ci, une fesse par là et deux mamelles de l’autre côté. Le tout moulé dans des bouts de tissus d’un goût exquis variant du vinyle fuchsia au lycra léopard.

Clairement, nous dénotons dans ce décor des 1001nuits. Peu importe. Nous dansons. Nous sommes là pour ça après tout. Même si on ne sait pas trop pourquoi les autres viennent ici, nous voulons danser.

Une poupée nous pousse en passant. Par derrière. Comme nous avons omis de prendre nos rétroviseurs, nous ne l’avions pas vu arriver. Nous aurions pu la sentir, c’est vrai, mais le mélange d’odeurs nauséabondes est si fort que nous avions déjà perdu notre sens de l’odorat.

Et de se retourner. Et de nous dévisager. Et de nous imaginer en train de la balancer par-dessus la rambarde. Et de nous contrôler.

« Ben quoi, je danse, c’est normal que je bouge non ? », connasse. Elle pensait peut-être que son aura ferait stopper tous ceux qui croiserait son passage afin qu’ils puissent baver devant sa silhouette de rêve. Avons-nous défié la loi de la nature en ne répondant pas à l’appel ?

Elle ne voudrait pas qu’on bave sur elle, c’est certain, trop d’œstrogène et pas assez d’euros. Elle ne peut décemment pas non plus nous ressentir comme une concurrente ; il est clair que nous ne jouons pas dans la même cour. Alors quoi ?

Pas d’animosité envers elle, après tout, ça la regarde, ici tout le monde se côtoie, tout le monde vit ensemble, il y en a pour tous les goûts et pour tous les porte-monnaie. C’est glauque, c’est sûr, mais des fois la vie, c’est glauque. Et ça, c’est de la phrase.

 

g-huis-g8 |
astrologievoyance |
1S4, Lycéee La Bruyère Vers... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | réflexion en partage
| Chômeuse de Luxe
| REFLEXIONS