A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

27 février, 2011

Marrakech: avant, pendant, après?

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 15:53

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Qui n’a pas écrit, qui n’a pas parlé des évènements survenus ces derniers temps dans le monde arabe?

Nous avons préféré garder le silence quelques temps, ne pas juger trop vite, ne pas s’emballer, attendre de nous faire une idée. Mais aujourd’hui, nous recevons des appels d’amis à l’étranger, inquiets de la situation, inquiets pour notre sécurité. Nous ne comprenons pas.

Pour eux, il est temps de faire le point.

Après l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, le Yémen et maintenant la Lybie, tous se demandaient si le Maroc suivrait. Ça se confirme, le Maroc n’est pas un pays comme les autres.

Il n’est pas dirigé par des militaires. Son peuple ne se mobilise pas pour les élections. Son peuple ne meurt pas de faim. Son peuple ne veut pas renverser le régime.

Mais il a des revendications sociales et économiques légitimes. Alors il se saisit de l’occasion pour descendre pacifiquement dans la rue.

Nos yeux et nos oreilles nous rapportent une population qui aime son roi. Elle ne veut pas lui ôter son pouvoir. Elle veut des réformes dans le gouvernement, de nouvelles dispositions semble-t-il. Elle veut une véritable monarchie constitutionnelle. Certains scandent même le terme de démocratie.

Mais seulement un tiers des marocains votent. Comment exiger une démocratie si le premier moyen qui est donné au peuple pour choisir ses gouvernants n’est pas utilisé ?

Le roi est en colère. Car certains ont voté. Les partis ont pris des sièges au gouvernement. La majorité a pris des mesures. Si les gens veulent du changement, il faut d’abord aller aux urnes.

Certes. Mais combien d’analphabètes ? Combien de personnes préoccupées par leur prochain repas ? Combien vivant dans l’opulence sans se soucier de l’avenir ?

Dans la rue, la situation est complexe. Chacun tire la couverture à soi. Certains manifestent pour avoir du travail, d’autres une meilleure retraite, d’autres pour manifester leur soutien au roi, d’autres pour se plaindre de la police, d’autres du gouvernement. En fait, on ne sait pas trop ce qu’il se passe.

En marge, bien sûr, ceux qui ont toujours rêvé de porter des fringues Zara ou Guess et cassent les vitrines pour repartir avec un mannequin sous le bras. Dans une ruelle, un garçon revend les pièces volées à un quart de leur prix initial.

Il y en a un autre qui saccage une agence de voyage parce qu’il vient de se faire virer.

Un groupe s’en prend au MacDo, symbole de débauche et du capitalisme américain.

Les chauffeurs de taxi rêvent d’écraser tous ces jeunes qui font fuir les touristes.

Les salariés restent coincés dans les embouteillages.

Les femmes ont peur de sortir de chez elles parce qu’on ne sait jamais.

Et il y a ceux qui n’ont même remarqué qu’il y avait un problème.

Puis le roi est venu à Marrakech. Les rues ont été nettoyées. Les employés du service public emplissent les rues et font semblant de travailler. Ici et là, des policiers qui ont ordre de ne rien faire. Parfois, des militaires postés au bord de la route pour la sécurité du roi. Une troupe de bonnes femmes assises qui attendent de le voir passer pour l’acclamer.

On dirait que tout est sous contrôle. Le roi reprend les choses en main. Changement de 1er ministre, nouvelles têtes au gouvernement, réponse positive aux revendications, nouveau projet économique et social…

Pourtant, quelques manifestants réclament encore…quelque chose… malgré toutes les réformes. Apparemment, une porte s’est ouverte et tout le monde commence à faire la liste des cadeaux de Noël. Le roi a l’air de bonne humeur, c’est le moment de négocier.

Mais ce n’est pas si simple. Aujourd’hui, la police encadre les manifestations. Ne pas les laisser saccager à nouveau le centre ville.

Quelle sera la prochaine étape ?

Le printemps est arrivé en même temps que le roi. Il fait beau, chaud et ça sent bon les vacances. Bientôt, les cœurs vont s’adoucir et les esprits s’apaiser. Ce n’est qu’une question de temps. Bientôt, Marrakech se videra de sa colère dont personne ne veut plus pour arborer un sourire printanier.

Le roi ne veut pas d’émeute. Le roi ne veut pas de sang. Il ne veut pas faire fuir les touristes. Il ne veut pas être destitué. Il veut satisfaire son peuple et lui donnera ce qu’il veut pour que les rues retrouvent leur sérénité.

Y parviendra-t-il ?

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