A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

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24 janvier, 2011

« Crrrrc! Aïe mon dos! »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 22:22

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Nous regardions un film. Quoi de plus anodin nous direz-vous… c’est aussi ce que nous pensions. Puis le film s’est terminé ; il était grand temps de nous lever. Nous mettre debout, sortir de notre torpeur, reprendre contact avec la réalité. Notre réalité.

Nous lever. Action que nous exécutons chaque jour. Plusieurs fois par jour même. Mais cette fois, alors que notre colonne vertébrale était presque déroulée, nos genoux presque allongés, une douleur aigüe est venue stopper notre course vers le redressement. Une douleur vaguement localisée vers l’omoplate droite.

M…. c’est le mot qui convient.

Et nous voilà coincés. C’est tout ce qu’il nous manquait. Et pour une raison obscure, notre premier réflexe est de tenter tous les mouvements possibles et inimaginables afin de constater l’ampleur des dégâts. Et plus nous bougeons, plus ils se font grands. Une série de « aïe » et autres onomatopées du genre s’en suit pour se terminer par un long et déprimant soupir de renoncement.

L’évidence est là. Nous sommes coincés. Après avoir essayé de chauffer le muscle manuellement, être resté 30min sous un jet de douche bouillant et pris des anti-inflammatoire, après une nuit de demi-sommeil allongés sur le dos, force est de constater que nous sommes impuissants face à cette résistance que notre corps nous oppose.

Un corps en piteux état. Enfin, jusque là, on n’avait pas eu trop à se plaindre surtout qu’on trouvait ça normal, que tout fonctionne correctement. Des soucis avec son enveloppe corporelle, on n’est pas censé en avoir trop jeune. Ce n’est pas comme les douleurs de l’âme qui dès le plus jeune âge ont investi les lieux.

Une chose positive à noter : personne n’est là pour ricaner devant l’incongru de la situation. Nous n’arrivons même pas à nous asseoir décemment. Sans trop réfléchir, notre corps cherche le chemin vers le sol le moins douloureux et à l’évidence, sans prendre en compte le côté esthétique du mouvement en lui-même. Pour être clair, on est ridicule mais ça reste entre nous.

Enfin, nous pouvons souffler un peu. Les longues minutes consacrées au réinvestissement de notre lit encore chaud nous ont éreintés. Il est temps de récupérer un peu. Mais nous n’avons plus sommeil malgré l’heure matinale et le froid de canard à l’extérieur. Nous annulons nos rendez-vous et nous nous plongeons dans une réflexion profonde laquelle, nous espérons, nous fera glisser au pays de rêves. Malheureusement, notre cerveau tenu en éveil par une douleur bien cachée mais toujours présente refuse de lâcher prise.

Et c’est parti pour un tour de questions existentielles, nous qui sommes en fin de compte si peu de chose. Un point douloureux dans le dos et c’est toute notre mobilité qui disparaît. Rien que l’idée d’attraper notre téléphone nous paraît insurmontable. Sans notre corps, nous ne sommes plus rien. Si, nous pouvons encore écrire mais la position est inconfortable, il faut bien l’avouer. Nous pouvons aussi écouter de la musique, lire, regarder un autre film qui peut-être aura l’effet inverse mais encore une fois, rien que la pensée d’avoir à nous lever à nouveau nous file des sueurs froides.

Oui, c’est vraiment très douloureux et nous ne sommes pas une chochotte.

C’est à cet instant que nous réalisons à quel point nous aimons écrire, mais à quel point aussi, nous aimons danser. Quelle poisse. Que ferons-nous quand notre corps ne suivra plus ? Nous contenterons-nous de regarder les autres faire ? Nous contenterons-nous d’écrire ? Rien n’est moins sûr, nous avons toujours fait les deux. Et un jour viendra où les mots remplaceront le mouvement. Juste au cas où, précisons que nous ne sommes pas pressés. Juste au cas où.

16 janvier, 2011

Une petite douche… brûlante?

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 23:48

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Nous avons pris une douche chaude. Bien chaude. Oui, c’est le genre de choses qui nous arrivent parfois. Passionnant nous direz-vous. Vous ne croyez pas si bien dire.

Pourquoi cette envie subite si ce n’est la nécessité évidente d’être propre et surtout de sentir le propre. Certains ressentent parfois le besoin de faire la vaisselle. D’autres du rangement et d’autres encore un jogging. Nous c’est la douche chaude. Plus que chaude même, brûlante.

La sensation de l’eau qui coule dans nos cheveux, sur notre visage, sur notre corps tout entier. Une caresse chaleureuse, rassurante ; impression de bien être. Notre peau froide frissonne à son contact comme à celui du tout premier baiser. De la première étreinte.

L’eau coule. Elle emporte avec elle tous ces mots qui tournent sans cesse dans cette boite ovale qui nous sert d’unité centrale. Enfin, nous arrêtons de penser. Nous goûtons à cet instant doux et éphémère, un instant que notre corps réclame quand la pression monte, que la tension est à son comble. Soulagement.

Si nous avions la métaphore facile, ce qui est certainement le cas, nous pourrions dire que cette eau claire lave notre noirceur, nous débarrasse d’une négativité dont nous n’avons pas besoin ou plutôt que nous n’avons pas envie de porter plus longtemps. Nous lave de nos angoisses qui glissent les unes après les autres pour s’évanouir dans les ténèbres des égouts.

La réalité est tout autre. Elles sont toujours là et nous dirions même que nous les distinguons dans toute leur unité. Alors que nous naviguions dans le brouillard, la vapeur qui nous enveloppe maintenant nous révèle les maux qui nous assaillent d’une manière plus claire. Leur contour précisément défini apporte à notre esprit la sérénité. Nous savons ce que nous avons devant nous et nous pouvons trouver le moyen d’y faire face.

Au contact de cette eau brûlante, notre sang devient plus liquide, plus rapide, plus dynamique. Tous nos sens sont en éveil, prêts à agir. À réagir. Qui a dit que les douches chaudes tiraient vers le sommeil ? Notre cœur bat vite et ce n’est certes pas une invitation à se glisser dans les bras de Morphée.

Une douche chaude. Un visage à l’inconnu. Instinct de survie.

13 janvier, 2011

Pas le temps!!!!

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 14:39

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Trop de choses à faire, trop de peu de temps.

Il fut un temps où c’était notre lot quotidien, le contenu de notre horoscope du jour, le résumé clair et néanmoins désolant de notre vie.

Et puis nous avons débarqué au Maroc comme des explorateurs aurait débarqué sur une nouvelle planète. Le cœur battant, une boule d’angoisse et d’excitation au ventre.  Allions-nous trouver des êtres aux coutumes ancestrales, pleins d’une spiritualité nouvelle qui nous révèlerait à nous-mêmes ? Allions-nous découvrir une nouvelle forme de communication, de nouveaux préceptes de vie, le secret de l’humanité ?

Non. Nous avons trouvé ça.

Des gens qui avaient peu de choses à faire et beaucoup de temps. Enfin, c’est ce que nous avons vu au début. En bon colonialiste. Des gens qui se prélassaient au soleil, qui n’avaient pas ou peu d’ambition, qui se contentaient de peu ou pas grand-chose. Heureux sont les simples d’esprit.

Ils parlaient avec des portables, comme nous et regardaient des séries à l’eau de rose. Comme nous. Enfin, par nous, nous voulons bien entendu dire, le français moyen. Ils étaient croyants mais peu pratiquants, ils rêvaient de partir et de devenir américains. Pas comme nous. Bref, rien de très réjouissant. Ni de très spirituel. Ni de très révélateur.

Nous leur avons secrètement reprochés de vouloir être comme nous. de ne pas être ce que nous voulions qu’ils soient. Et toutes les autres choses aussi. Nous aurions tellement aimé qu’ils aient un autre schéma à proposer. Alors nous avons pensé devenir ermite dans un coin de leur montagne rouge, puis nous nous sommes surpris à penser partir apprendre les arts martiaux dans une école chinoise, puis nous avons voulu disparaître.

En fin de compte nous sommes restés. En grand penseur passif que nous sommes. Nous supposions nous suffire à nous-mêmes, nous rêvant solitaires et mal compris, être exceptionnel qui ne trouverait la paix que loin de toute forme de vie humaine.

Et puis nous avons vu un truc amusant et nous avons eu envie de le dire à quelqu’un. Nous n’avons trouvé personne. Et ce n’était plus drôle.

Nous avons regardé ces gens, d’ici, de là-bas et de bien plus loin encore. Tous avaient pleins de choses à faire, tous se pensaient seuls et incompris, tous avaient tissés des liens, tous se croyaient exceptionnels, tous étaient comme nous. Quelle déception. Nous aurions tellement aimé être un être à part. Ça nous apprendra à être prétentieux.

Et sans trop  de réflexion, nous nous sommes laissés porter par le courant d’un nouveau mode de vie. Celui qui dit que ce n’est pas si grave et que l’important se trouve ailleurs. Celui qui dit qu’il faut prendre le temps de faire les choses et que relativiser est la clé de la survie et du bonheur quotidien. Ou est-ce notre voisin chômeur et alcoolique qui dit ça ?

3 janvier, 2011

Miroir oh miroir…

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 3:08

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On a tous un truc qui cloche. Sérieusement.

Et pourtant on continue à faire comme si de rien n’était. On sourit, on travaille, on arrive même à avoir des conversations. Pas toujours très intéressantes d’ailleurs, souvent inutiles mais nécessaires pour compléter le tableau d’une vie presque normale. D’une vie logique.

On a pourtant tous un truc qui cloche. Sérieusement.

Et comment n’en serait-il pas ainsi vu le monde dans lequel on évolue…

Toutes ces informations qu’on reçoit en permanence, des informations que notre cerveau a du mal à analyser, à comprendre, à emmagasiner et qu’on finit par laisser de côté, dans un coin, bien cachées. Elles dépassent l’entendement. C’est pour ça qu’elles sont inclassables. Elles dépassent de loin notre entendement.

Nous nous noyons dans l’incohérence de l’esprit humain et nous voudrions aller bien ?

Chaque jour, à chaque minute, l’absurdité de l’existence nous éclate en pleine face et nous voudrions être normaux ?

Heureusement qu’on a quelque chose qui cloche. Le contraire eut été inquiétant.

Mais c’est parfois trop dur. Il y a des jours où faire face est plus difficile que d’autres. Où on n’a plus de force, plus de courage, plus de motivation, plus d’espoir. Le passage d’une année à l’année est un de ces moments. Faire le bilan n’est jamais réjouissant si ce n’est celui d’une entreprise qui s’en est mis plein les poches. Mais un bilan moral, sentimental et tout ce qui finit en « al » met rarement de bonne humeur.

Nous sommes là, à nous regarder dans le miroir et nous démasquons l’imposture. Tellement longtemps qu’on ne s’était pas regardé. On avait failli se tromper soi-même. Il suffit d’un regard, une seconde d’inattention pour que nous nous révélions à nous-mêmes.

Inutile, seul.

Nous tissons des liens que nous savons éphémères alors nous finissons par ne plus les tisser.

Nous entamons une œuvre qui restera inachevée alors nous finissons par ne rien entamer.

Inutile, seul.

Demain, la frénésie du quotidien meublera le néant et nous pourrons à nouveau faire semblant d’exister.

À l’année prochaine.

 

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