A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

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20 novembre, 2010

La vie vue d’en bas, c’est comment déjà?

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 21:23

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On a beau sourire, la vie n’est pas drôle.

Voilà, ça, c’est dit.

A longueur de journée, confrontés aux horreurs de l’être humain.

Nous n’irons pas jusqu’à parler de guerre et des massacres perpétrés à chaque minute qui passe, nous n’irons pas parler de famine et de ventre rassasiés. Cette haine là, ce mépris là, dépassent trop l’entendement pour oser y trouver quelque signification.

Nous nous arrêterons simplement à ce que nous avons sous les yeux tous les jours.

Des gens.

Des adultes pour la plupart.

Par adulte, nous entendons simplement le fait qu’ils le soient devant la loi ; qu’ils aient atteints la majorité légale. Parce que si nous ne qualifions d’adultes uniquement les personnes ayant acquis une autonomie physiologique, financière, de pensée et morale, ça risquerait de faire un peu mince.

Alors ces adultes que nous côtoyons tous les jours – pourtant, Dieu sait que nous les évitons au maximum, nous pensions préférer leur compagnie à celle des enfants. Oui, comme ça, sans réfléchir, entre passer une heure avec quelqu’un susceptible d’avoir une conversation, même sans intérêt, et passer une heure avec un gosse qui a le nez qui coule, nous choisissons sans hésiter le premier.

Pourtant.

Nous avons opté pour un travail qui nous demande d’être en contact soit avec des enfants, soit avec des artistes, lesquels, il faut bien l’avouer, sont comme des enfants dans un corps d’adulte.

En fin de compte, nous préférons les enfants. Qui l’eut crû.

Peut-être parce qu’avec eux, les choses sont plus simples.

Pas de mensonge. Pas de complexe ou du moins, pas de névroses. Bien que certains…

Pas de raison. Un imaginaire sans limite où enfin, il est possible de s’évader.

Un monde à part. Une autre façon de voir les choses.

Oui, nous aimons la compagnie des enfants. Pourtant, nous ne sommes pas nostalgiques. Quelle idée de vouloir revivre cette période de dépendance totale et de soumission. Mais pourquoi l’autonomie, preuve de notre maturité d’adultes, nous contraint-elle à abandonner notre légèreté, notre imagination, notre créativité, notre insouciance ? Ne pourrions-nous pas faire la part des choses ?

Ce n’est pas un sujet de philo, bien que ça y ressemble, mais ça explique quand même pourquoi l’art est la seule issue pour ceux qui ne digèrent pas le monde tel qu’il est.

C’est clair. Si nous ne recouvrions pas les images qui ne parviennent de couleurs d’arc-en-ciel, si nous ne pensions pas le monde comme un immense théâtre où nous avons le premier rôle, si nous ne prenions pas la vie comme la plus belle des œuvres d’art, nous ne serions déjà plus là.

6 novembre, 2010

« Ce n’est pas la star qui fait l’audience, mais l’audience qui fait la star. »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 21:39

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Le mot « mariage » n’est pas anodin. C’est le moins qu’on puisse dire…

À certains il donnerait de l’urticaire, l’envie de s’enfuir en laissant un nuage de poussière derrière, provoquerait vomissements répétés, convulsions, bave de crapaud et yeux révulsés ; à d’autres il emplirait le regard d’étincelles, leur scotcherait un sourire d’idiot du village et le cerveau qui va avec.

En tous cas, personne ne dirait : « le mariage ? C’est quoi, ça ? ».

Absolutly not.

On dira plutôt : « le mariage ? pfff, franchement, j’vois pas à quoi ça sert, ça change rien, j’veux dire, nous, on s’aimait de la même façon avant et après et j’pense même que beaucoup de couples non mariés sont plus heureux que la majorité des couples mariés. Non vraiment, c’est une idée dépassée. Nous on l’a fait parce qu’au Maroc, tu ne peux pas vivre en concubinage et puis c’est religieux aussi et puis pour les enfants c’est plus facile et puis… »

Ça ne s’arrête plus. Une raison vient en couvrir une autre et on se dit que l’interlocuteur finira bien par en trouver une qui lui convienne.

Pourquoi ne pas dire simplement que c’est trop glauque pour une femme de ne pas se faire demander en mariage et pour un mec trop la honte de ne pas avoir les moyens de le faire.

Pourquoi ne pas dire simplement qu’on en avait trop envie.

Mis à part que les petites filles fantasment sur leur robe blanche dès la maternelle et que les petits garçons économisent déjà dans leur tirelire en forme de cochon, mis à part ça, tout le monde veut faire croire que les temps ont changé, que les esprits aussi, que c’est une tradition inutile et coûteuse qui se perpétue on ne sait encore pourquoi.

Et pourtant, tout le monde le fait.

Et en grande cérémonie.

En France, c’est soi-disant un prétexte pour faire la fête avec tous les gens qu’on aime et souvent avec ceux qu’on n’aime pas non plus; au Maroc, c’est le poids de la tradition familiale qui nous contraint d’organiser une fête mémorable en se ruinant pour les autres.

Ouais. Nous ne sommes pas convaincus.

À l’heure où les jeunes couples se préoccupent de leur avenir, soucieux de devenir propriétaires parce qu’on ne sait jamais, où ils inscrivent une progéniture à peine conçue à la crèche la plus réputée et où ils se demandent encore comment ils vont financer tout ça, on en est encore à mettre sur pied une soirée de mariage exceptionnelle.

Faire la fête, honnêtement, on peut la faire quand on veut. Question de planning. Et de répertoire. Et de compte en banque.

Les traditions, ça fait belle lurette que la plupart sont tombées aux oubliettes ce qui n’est pour déplaire à personne.

Ce que les parents en pensent, honnêtement, qui s’en préoccupe encore ?

Allez. Il va falloir avouer que c’est pour être la star d’un jour que nous faisons cette cérémonie de mariage. On chantait trop mal pour la star Ac, pas assez bon danseur pour incroyable talent, pas assez beau pour présenter la météo, pas assez intelligent pour devenir chroniqueur, même pas assez bien habillé pour être placé derrière les invités de marque en assistant à une émission de variété. Non, vraiment, pas facile d’être sous les feux des projecteurs quand on est ordinaire.

Et Dieu Sait que tout le monde rêve d’avoir son heure de gloire. Alors Il créa le mariage. Et l’occasion de se permettre de faire tout ce qu’on a rêvé sans que personne n’y trouve à y redire. Oh de toute manière les gens, tant qu’on leur donne à manger et à boire, avec en prime de quoi pêcher pour les célibataires et l’occasion de casser du sucre sur tout le monde, on peut bien monter sur scène nu sur un cheval en chantant du Claude François, ils s’en moquent éperdument.

Hier, repas traditionnels consistants, bals et orchestres, tenues chargées d’or et de couleurs.

Aujourd’hui, buffets gastronomiques, flash mob, tenues haute couture épurées.

Demain… ?

Non vraiment, c’est une bonne initiative, cette soirée de mariage. Les uns jouent les stars, les autres en profitent…

On comprend mieux pourquoi les gens disent : « C’est le plus beau jour de notre vie… ».

Comme quoi, le succès, ça fait tourner la tête.

Heureusement que ça ne dure qu’une soirée. On y prendrait vite goût à vivre dans le faste et la prospérité. Envié, adoré, admiré, respecté, gâté, écouté, félicité, choyé…

Malheureusement, ça ne dure qu’une soirée.

 

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