A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

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31 octobre, 2010

En une seconde…

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 20:32

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Un jour de beau temps.

L’anniversaire de quelqu’un.

Une journée comme les autres après un week-end plutôt agréable.

Nous devons nous voir ce matin. Nous sommes énervés pour une raison quelconque. Nous avons faim, nous sommes fatigués, nous avons hâte que cette journée à peine commencée se termine. Nous pensons déjà au soir et la perspective de nous glisser à nouveau dans nos draps parfumés à la rose après une bonne douche nous remplit d’une joie enfantine.

Nous arrivons au rendez-vous. Une fois dans la voiture, après les salutations de base, alors que nous nous apprêtons à pester contre le temps qui passe, il dit :

« Tu sais ce qui s’est passé hier ? »

« Non ? » D’un coup, nous voyons ce visage si familier se laisser submerger par une expression que nous ne lui connaissons pas. Un doute s’installe, une appréhension.

« Il a eu un accident. Hier soir, en moto. Il est mort ».

Comme ça.

Aussi rapidement, aussi brutalement, aussi simplement.

Mais qu’est-ce qu’il raconte ?! Impossible, nous l’avons vu justement avant-hier, il allait bien, bon, c’est sûr, un accident ça ne se prévoit pas, non mais t’es sur, c’est pas possible enfin si, justement si, c’est possible mais comment, quand dis-tu, avec qui, comment ça s’est passé…

Nous avons besoin de détails pour y croire. Comme pour vérifier la crédibilité de l’information.

Surprise.

C’est comme si d’un coup, on effaçait le visage d’une personne que l’on connaissait bien, qui faisait partie de notre environnement et qui d’un coup ne devait plus en faire partie. On la retire. D’un coup de langue. Happée par le destin. Par hasard ?

Waouh. On n’aurait jamais pensé qu’il parte le premier. Il était si prudent, si gentil, si généreux. On n’aurait jamais voulu qu’il parte le premier.

Notre première pensée va à sa compagne. Nous nous mettons à sa place. Immédiatement, nous nous identifions à elle. Mon Dieu, comment supporter cela. Une disparition si soudaine ? Ne pas lui avoir dit au revoir. Se le voir voler en une seconde alors que notre vie se construisait tout autour. Comment faire face.

Petit à petit, des images remontent en surface. Son visage. Ses mots. Sa façon de rire, de bouger. Lui sur sa moto. Elle et lui qui dansent. Merde.

Des larmes nous perlent au visage. Nous ne pensions pas pleurer. Nous ne voulons pas pleurer. Il n’avait pas peur de la mort. Nous n’avons pas peur de la mort. Mais notre cœur se serre, les images et les mots se mêlent pour créer cette confusion qui nous laisse en état de choc.

Il n’y a rien à comprendre. Nous le savons, c’est comme ça, ça arrive, il faut faire face, soutenir et continuer d’avancer. Mais l’injustice et la brutalité du choc, la violence d’une telle nouvelle sont dures à digérer. D’ailleurs, nous allons vomir.

Un jour on est là et en une seconde, c’est fini. Disparu. Envolé. On est plus qu’un corps inerte qu’il faut enterrer. Tout ce qu’on a pu vouloir construire, tout ce pour quoi on s’est battu, tout ce qu’on a voulu créer, tous les efforts qu’on a fait pour atteindre nos objectifs, tout ce qu’on a été, se retrouve à l’état de souvenir. Souvenir. Ne nous sommes plus que cela.

Des années de combat contre nous-mêmes, contre la vie, contre la mort, des années à survivre, à se créer un avenir, à espérer envers et contre tout, des années d’une existence à peine entamée anéanties en une seconde.

Nos mots, nos gestes, nos idées, nos luttes, nos sentiments. Des souvenirs. En une seconde.

Ça fait réfléchir.

Pour ceux qui cherchent une raison logique à tout cela, en voilà une.

26 octobre, 2010

IFO

Classé dans : Non classé — cieamalhadrami @ 17:12

Retrouvez mon premier texte publié par l’institut français de l’oriental sur:

http://www.institutfrancaisoujda.ma/spipe49d.html?article572

I believe I can fly!!!

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 11:54

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Quand nous étions enfants, nous rêvions de voler. Et puis nous avons eu onze ans, nous sommes rentrés au collège, nous avons étudié la gravité et nous sommes passés à des rêves plus… concevables. Apparemment, nous ne sommes pas les seuls. À avoir eu ce rêve. Alors que nous avons fait preuve d’une maturité sans pareil, d’une intelligence unique, d’un instinct exemplaire, d’autres en sont toujours à se fabriquer des ailes en plume de canard. La nature est injuste, eh oui, si seulement tout le monde avait pu avoir notre présence d’esprit…

Une boîte. Pas de celles en carton où l’on range ses chaussures. De celles où l’on se rend pour pêcher un thon qui, Oh ! Miracle, se transformera en « l’amour de notre vie ». De celles où l’on vient pour oublier l’inutilité de notre existence, de celles où l’on va pour vérifier que la date de péremption n’a pas encore été atteinte. Bref, une « discothèque », comme dirait Germaine.

Tout le monde s’est mis sous son 31. On ne sait jamais. Ce serait dommage de passer à côté de sa deuxième moitié et qu’elle ne daigne même pas vous regarder. D’ailleurs, en boîte, on ne se regarde pas, on se devine. Et bonjour les silhouettes de ouf. Passons.

Musique de merde, clientèle de merde, boissons de merde, perspective de soirée triplement merdique. C’est là que nous l’apercevons. Entre une ancienne paraplégique qui recouvre l’usage de ses jambes sur la piste de danse tout de vinyle vêtue et un prétendant au bêtisier de la Star Ac 1978 s’efforçant de sautiller sur un rythme propre à lui. Elle est là, montée sur talonnettes, jean prêt à craquer, chevelure brushinguée se finissant en queue de rat. Une déesse.

Et comme il se doit pour une star internationale du spectacle mondial de la terre entière, elle s’apprête à faire son show. Vous l’avez rêvé, elle l’a fait. Son regard semble nous dire : « toi aussi, tu peux le faire. Regardes moi : oiseau je rêvais d’être, oiseau je suis devenue… ». La voilà qui monte sur le podium. Enfin, qui essaie de monter… non, mais tournes toi, voilà, mets ta jambe, ok maintenant tournes toi, allez ça va être bon, voilà, c’est bon.

Une barre verticale au centre du podium circulaire.

Mais que se passera-t-il quand… Trop tard.

Elle tourne. Pas la barre, la fille. Autour de la barre. Avec un bras en l’air façon Titanic chez les infirmes. Son poids doublé d’une énergie « vodkalisée » lui fait prendre de la vitesse. Elle ne s’arrête plus de tourner. À ce stade, soit la barre qui commence à bouger sérieusement va s’arracher et l’envoyer dans le décor, soit elle va s’emmêler les pieds et finir dans le décor, soit elle va dégueuler sur nous qui l’enverrons direct dans le décor. Dans tous les cas, ce sera inédit et spectaculaire.

Mais personne ne s’attendait à ça. Pas même Tarantino n’aurait pu l’imaginer. Ni Tarantino, ni Zavata.

Voici en quelques mots ce que notre wonderwoman nationale fit :

Elle agrippa de toutes ses forces la barre, l’agrippa de ces deux mains aux doigts crochus, tels les griffes acérées d’un rapace en chasse. Prit l’élan d’un aigle royal, affina son regard de faucon vers un point assez élevé de la barre et… sauta à pieds joints dessus. Jambes pliées, barre entre les cuisses, contraction de tous les muscles de son corps y compris sphincter et zygomatiques, on aurait dit que cette barre, c’était le dernier recours en justice d’un condamné à mort. Tel un pitbull accroché à sa proie – oui, on est passé du registre des volatiles au registre canin, elle s’accrochait à la barre après un saut olympique digne des jeux lilliputiens. Elle avait atterri à 50cm du sol et se laissait maintenant doucement glisser jusqu’à toucher terre.

Après un tel exploit, que pouvait-elle faire de mieux ? Recommencer. Exactement. Une fois, deux fois, trois fois, toute contente de sa petite crotte de saut et de l’effort que les 2secondes d’immobilité hors du sol lui demandaient. Cette entrée en matière ouvrit la porte à toutes les fenêtres, comme dirait l’autre.

Ce fut d’abord un remuage de fesses contre la barre – peut-être avait-elle des hémorroïdes, puis un lever de jambe de patinage artistique sans le côté technique ni artistique (???), tourbillons, croche-papatte, ondulation des mains façon Freddy Kruger, ondulation du ventre façon Bibendum, ondulation des fesses façon danse des canards, balance de la tête du genre « j’me prends des claques dans la gueule», pour finir par une position finale que nous vous laissons le soin d’imaginer. Un pied dans une main, tête en arrière, la barre dans le … . Il était loin l’aigle noir de Barbara. Il est mort ce jour-là, laissant la place à ce petit poulet déplumé prêt à passer à l’abattoir. De l’oiseau, ne restait que la cervelle.

Nous remercions qui de droit de nous avoir permis d’assister à cette performance contemporaine digne des plus grands chorégraphes contemporains français et laquelle, nous l’espérons, sera bientôt rediffusée sur Arte. La nuit. En attendant, nous la remercions elle de nous avoir permis d’entériner à jamais l’envie de voler. Défier la gravité, oui, mais à conditions d’être dans un avion et non pas de devenir aussi balaise que lui. « Petit oiseau, si tu n’as pas d’ailes, ben tu peux pas voler… tu peux pas voleeer, non non non non non,! ».

9 octobre, 2010

« Dieu ne pouvait être partout, alors il a créé la mère. »

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 17:23

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Quand on pense à l’accouchement, la première chose qui nous vient à l’esprit, ce sont les douleurs de l’enfantement. Aujourd’hui, péridurale aidant, ce mal est devenu secondaire.

On redoute les contractions, les complications, la césarienne, l’épisiotomie, les incontinences, le dégoût du papa, l’incompétence de la sage-femme, l’après-accouchement, les visites et la constipation.

Mais avez-vous déjà pensé au lit sur lequel vous serez pour mettre votre enfant au monde ? Les draps seront-ils propres ? Vous êtes-vous demandés si le médecin aurait des gants ? S’il y aura d’autres personnes avec vous à ce moment là que le personnel médical comme par exemple, d’autres patientes ?

Non bien sûr parce que les réponses coulent de source. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour toutes les femmes. Celles qui accouchent en clinique sont comme vous. Celles qui accouchent à l’hôpital public… ne sont pas comme vous.

« Elle commence à en avoir assez.

Neuf mois qu’elle le porte.

Neuf mois qu’elle est fatiguée, souvent malade ; son corps éprouvé crie grâce.

Elle n’ose pas en parler. Pas même à son mari. Comment pourrait-elle décemment avouer qu’elle n’en peut plus, qu’elle voudrait que cette chose sorte de son ventre, qu’elle ne supporte de plus de se voir transformée en sac ambulant.

Serait-elle une mauvaise mère ? C’est ce qu’ils penseraient tous.

Elle parle à son bébé. Un petit être dont elle ne connait même pas le visage. Elle espère qu’il ne sera pas trop laid. Elle lui demande de sortir. Elle le prie de soulager sa souffrance en mettant fin à cette longue période d’incubation. Elle prie aussi et surtout Dieu pour lui demander plus de patience et la force de surmonter cet obstacle.

Elle ne craint pas l’accouchement, elle le réclame. Retrouver une vie routinière où elle serait maîtresse de son corps. Un corps qu’elle continuera de cacher, un corps qu’elle continuera d’offrir à son mari dès qu’il le désirera, un corps qu’elle lavera au hammam, un corps qu’elle fatiguera à force de ne rien faire que le ménage. Un corps qu’elle connaît par cœur et qui aujourd’hui ne lui appartient plus.

Il contient l’héritier, la descendance, la fierté de la famille. Le temps de la grossesse, il n’est plus à elle.

Dans la rue, on la dévisage. Elle se sent salie par la fécondation. Dans leurs yeux, elle lit du dégoût, de la pitié et du mépris. On ne la félicite pas. On la bouscule, impunément. Elle se sent coupable, honteuse, tout le monde la regarde en se disant qu’elle a volontairement couché avec un homme pour se faire engrosser.

Elle voudrait comprendre pourquoi chaque regard raconte la même histoire. Elle est mariée. Elle ne devrait pas avoir à se cacher, à baisser les yeux et à se justifier.

Les gens sont violents, maladroits, indifférents à ce corps qu’elle protège instinctivement. Elle a peur de prendre un mauvais coup, de perdre ce bébé alors elle ne sort plus. Dans cette jungle urbaine, on la touche trop. Dans l’intimité de sa chambre, son mari ne la touche plus.

Il est temps que ça s’arrête. Aucune attention particulière envers elle. Elle continue à effectuer ses tâches ménagères, à faire le marché, à laver le linge. Elle a besoin de se plaindre. Elle a besoin d’un peu de compréhension. Elle a besoin d’un peu de tendresse.

Mais les hommes sont égoïstes et les femmes jalouses.

Elle n’a pas le droit de se laisser aller. Doit être à la hauteur des femmes de la famille. Pas de place pour les midinettes. Elle ne veut décevoir personne, fait des efforts incommensurables et tous font semblant de trouver ça normal.

Ne se résume-t-elle qu’à cela ? Un utérus fécondé porteur d’embryon ? Sa vie n’a-t-elle donc de sens qu’à travers cette mission d’enfantement ?

Quand le jour arrive enfin, elle se rend à l’hôpital. Est-ce ici le purgatoire ? Des bureaux à perte de vue, des couloirs à perte de vue, des malades à perte de vue. Il y en a dans les chambres, dans les salles d’attentes, par terre, en fauteuil, sur des tables, partout. Impossible que toutes ces femmes viennent pour accoucher…

On la pose sur un brancard, c’est l’affaire de quelques heures, à la lueur d’ampoules cassées. Elle accouche là, aux portes de l’enfer, d’une petite fille belle comme le jour et vraiment minuscule. Sa première pensée est de se dire qu’elle aussi, un jour, traversera un moment identique. Horreur d’une réalité sans équivoque.

24h plus tard, retour à la maison. Elle n’aurait jamais pensé être heureuse de retrouver son lit. Mais pour l’heure, c’est sur le canapé du salon qu’on l’installe, la destinant à passer la prochaine semaine allongée ici. Pour pouvoir recevoir les visiteurs. Elle qui ne rêvait que de dormir enfin.

Maintenant, on prend soin d’elle. Elle a accompli sa mission, honoré sa famille, c’est le début des festivités. Alors qu’elle ne rêve que de dormir.

5 octobre, 2010

T’es dans quel groupe?

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 15:14

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D’un côté on parle de libre échange, de mondialisation, de mélange des cultures et de rencontres, d’ouverture, de tolérance, de pluralité ; d’un autre, le communautarisme est à la mode.

Tout le monde a envie de faire partie d’un groupe.

Bien sûr, il y a ceux sur Facebook pleins d’un humour tout particulier comme « Pour tous ceux qui se trouvent ridicules aux toilettes… ».

Surtout il y a ceux moins drôles mais beaucoup plus réels qui réunissent leurs membres régulièrement et engagent des actions concrètes.

Ce week-end, nous avons intégré l’un d’eux. Venus d’un peu partout, ils se retrouvent autour d’une même passion : la salsa.

Salsa à Marrakech ? Ça sonne peut-être bizarre mais ça sonne juste. C’est vrai qu’on s’attendrait plutôt à voir un festival de danse orientale après avoir vu celui des arts populaires. Mais il va falloir se résoudre à abandonner les clichés de la ville ocre et voir ce qu’elle est véritablement devenue.

Fini les chameaux, palmiers, souks et soleil couchant. Enfin, ça existe toujours mais Marrakech ne se résume plus qu’à cela. Aujourd’hui, elle est une ville qui décide de bouger. Qui brasse du monde. Qui se nourrit de nouvelles rencontres.

C’est donc tout naturelle pour elle d’accueillir un festival international de salsa. Et tout naturel pour nous d’y participer.

Et pourtant ce n’était pas gagné d’avance. Nous n’aimions pas la salsa.

Vous avez déjà vu des gens un peu gauches sur une piste de danse ? C’est tout simplement à mourir de rire. Il n’y a pas de sujet plus facile pour la moquerie et même avec la plus grande bonté du monde, on ne peut s’empêcher de tomber dedans.

Imaginez maintenant l’un deux, disons un homme, vêtu d’un débardeur en lycra bleu électrique transparent ou en t-shirt à trou rose fuchsia recouvert de paillettes. Non, nous n’exagérons pas. Loin de nous l’époque où les hommes latins représentaient la caricature de l’homme virile, macho et misogyne. Aujourd’hui, il mène encore la danse mais il fait aussi un peu flipper dans sa tenue de gala à strass.

Du coup, la fille pousse à l’extrême les atouts de sa féminité pour être sûre qu’on ne la confonde pas avec son partenaire. Seins remontés, fesses remontées, pommettes remontées. Là, nous exagérons. Mais la danseuse de salsa doit être une diva ou ne doit pas être. Donc, les seins en avant, les fesses en arrière et le sourire scotché aux lèvres. Quand elle danse bien, ça passe, mais quand c’est un boulet…

Tout ça pour dire que ce n’était pas gagné. Le ridicule n’était pas loin. Nous aimions danser mais aller voir un spectacle était hors de propos. Alors faire un festival…

Mais nous ne voulions pas mourir bêtes.

Nous avons mis les pieds là-bas et nous nous sommes fait engloutir.

Vous êtes-vous déjà plongés dans un univers parallèle où tous les codes qui régissaient votre univers se trouvaient inversés ?

Des individus tout autour de vous, s’exprimant dans des langues souvent incompréhensibles et qui pourtant échangent. Ils vont et viennent, engagent des conversations, s’invitent à danser, se remercient et se quittent.

Tout naturellement.

Personne n’a honte, personne n’est gêné, personne ne se moque.

Tout le monde danse.

Ceux qui savent, ceux qui ne savent, ensemble.

Couples ou non, seuls, à deux, en groupe.

Tout le monde danse.

2000 individus les uns avec les autres et aucune dispute, aucun malentendu, aucune contrariété, aucune élite, aucun rejet. Il n’y a ni frontières, ni classe sociale.

Tout le monde s’adapte.

Les couples se forment le temps d’une danse, se séparent et se reforment plus loin.

Il y a des grands blonds avec des petites à cheveux frisées, des petits minets avec des dames en robe à fleur, des petites bombes avec bibendums et on n’a même pas envie de rire. Nous qui rions si facilement.

On nous invite, pas le temps de répondre, nous voilà sur la piste. La musique est là, la lumière est là et c’est parti.

Voyage.

Toute la nuit est faite de ces petites virées dans un autre univers où la terre tourne plus vite mais où le temps reste immobile. Les corps bougent, même les plus raides, même les plus maladroits, tous bougent avec une telle sincérité que le ridicule a quitté les lieux.

Nous n’aimions pas la salsa.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Et nous n’en sommes pas un.

 

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