Vous avez dit « vacances »?
Vacances, soleil, plage, bronzage, sable fin, glaces et cocktails rafraîchissants.
Ça sonne bien.
Matelas gonflages, plongée sous-marine, balade en bateaux, châteaux de sable, beach volley.
Ça sonne toujours bien.
Randonnées matinales, journée à se prélasser, livres et magasines, match de foot sur la plage.
Ça continue de bien sonner.
Nous aussi, nous étions pressés de quitter la brûlante Marrakech pour nous jeter corps et âmes dans ce tourbillon de bonheur absolu.
Et puis nous avons pris l’avion et nous avons revu toutes ces têtes blondes qui commençaient déjà à se plaindre. Elles étaient partout, partout, piaillant de leur voix médisante tout autour de nous. A regarder tout le monde de haut avec compassion et mépris. A savoir mieux que tout le monde ce qu’il fallait faire en toute circonstance. A marcher sur tout ce qui se trouvait sur son chemin en souriant étrangement.
Trop tard pour faire demi-tour. Nous avions déjà oublié que certaines gens pouvaient être à ce point imbuvables. Nous nous étions accommodés des défauts nationaux qui malgré tout, restaient supportables. Il va pourtant falloir faire avec. Faire abstraction.
Et puis ce fut le tour des moustiques de venir nous gâcher l’existence, les sales gosses à la piscine qui sautent sur tout le monde et réveillent en nous un instinct meurtrier – et hop que j’te coule quand le maître nageur tourne la tête, la manie de toujours installer sa serviette à dix centimètres de celle des autres –notamment de la nôtre – alors que la plage est vide, les coups de soleil, le sable qui colle, qui gratte, qui brûle, bref, tous ces petits trucs qui font que finalement, ce n’est pas si génial.
Heureusement, nous avons appris à relativiser. Et nous avons acheté des lunettes de soleil super opaques et des boules Quiès. Faut pas déconner. Nous avons aussi acheté des prises anti-moustiques, du spray anti-moustiques, de la pommade anti-démangeaison, de la crème solaire protection 50 et tout ce qui va avec. Nous avons dénoncé les sales gosses au maître-nageur, investi plage et piscine à l’heure du déjeuner quand les gens normaux mangent et alors que nous barbotons dans un bassin vide. A chaque problème, une solution.





