A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

23 juin, 2010

Tu vas te fermer, oui ou M….!

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 13:03

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Enfin, le moment tant attendu est là, il est l’heure de faire sa valise. Pour la plupart du commun des mortels, c’est l’affaire d’une heure. Vous l’aurez remarqué, nous n’en faisons pas partis.

 

1ère phase : Il faut savoir que nous avons toujours la fâcheuse impression de n’avoir rien dans nos placards. C’est vrai qu’ils débordent, incroyable, on se demande bien de quoi. Cette absence de fringues est tellement encombrante que nous avons dû investir l’armoire de la chambre d’à côté après avoir rempli une commode apparemment trop petite. Le tout en veillant régulièrement à ce que le panier à linge sale ne désemplisse pas.

 

Va falloir faire le ménage. Surtout que le premier mot inscrit sur notre liste de choses à faire pendant les vacances est : Shopping ! Bon d’accord, on n’a pas fait de liste mais l’idée reste la même, les soldes arrivent et nous sommes sur les starting-blocks. Faire le tri dans tout ça nous prendra quoi… quelques minutes ? Avec de longues heures d’hésitation, un dernier essayage, le cœur qui se déchire quand tout à coup, cette fringue pleine de souvenir vient s’échouer comme un vieux chiffon sans vie sur la pile des habits à donner. La larme à l’œil, en silence, nous détournons le regard. Il fait nuit quand tous les meubles ont été vidés. Des tas de fringues partout, plus de place pour bouger, la tête qui nous tourne de fatigue et d’émotion, il est temps de se coucher.

 

2ème phase : Ah, nous avons toutes les bonnes intentions du monde et c’est déterminés que nous nous mettons au travail avec pour seul leitmotiv : ne pas prendre beaucoup d’affaires vu nos projets d’achat. On prendra juste les derniers trucs qu’on s’est acheté et qui n’ont pas encore pu être amortis, les affaires qu’on ne peut mettre qu’en été – c’est l’occasion ou jamais, celles qu’on ne peut mettre qu’en France vu qu’au Maroc certaines choses vous valent encore quelques insultes voire quelques pierres, une tenue chaude parce que quand même, c’est la France et qu’on y reste jusqu’en septembre, une tenue de soirée parce qu’on ne compte pas jouer les ermites non plus, une tenue de plage, une de piscine, une de sport, une de « je traine à la maison » et … les chaussures, vestes et sacs qui vont avec.

 

Ok, le tout pourrait à vue d’œil peut-être tenir dans disons… trois valises comme la nôtre. M…… Falloir éliminer des trucs. Ça : Non… ça : Non plus. Ça : Sûrement pas.  Ça : Encore moins. Et ça : Oh non pas ça. Bon ben voilà. On garde tout.

 

3ème phase : Il est temps de trouver une solution sérieuse à notre problème. Réfléchissons. Déjà, nous n’avons pas trois valises. Hors de questions d’aller en acheter deux autres et d’avoir à se les trimballer tout seul à l’aéroport. Il faut que tout rentre dans l’unique, la seule, l’incontournable valise noire. C’est parti.

 

D’abord les pulls puis les jeans puis les tenues d’été légères et fragiles puis les chaussures puis les sacs puis les affaires de toilettes. Même en s’asseyant sur ce gros tas d’affaires, la fermeture n’avance pas d’un centimètre. Changeons de stratégie. D’abord les sacs puis les chaussures puis les affaires d’été légères et fragiles puis les jeans et les pulls et enfin les affaires de toilettes. Toujours pas. D’abord les affaires de toilettes puis les pulls et les jeans et enfin les affaires d’été légères et fragiles dans les sacs. Même pas en rêve. Si nous rangeons les chaussures dans le bagage à main, revêtons les affaires d’été légères et fragiles sur un jean avec un pull autour de la taille, abandonnons les affaires de toilettes que nous rachèterons à l’arrivée, jouons aux poupées russes avec les sacs jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, nous ressemblerons à un pingouin mais au moins, plus besoin de valise !

 

4ème phase : Nous sommes dépités. Nous allons retirer certaines fringues en nous convaincant que d’autres toutes neuves et plus belles encore viendront bientôt prendre leur place, laisser derrière nous certaines affaires de toilettes, prendre les chaussures dans notre bagage à main (on sait jamais si notre valise est perdue, le plus important sera sauvé), demander au voisin obèse de venir s’asseoir sur la valise une heure ou deux et payer un supplément de poids pour les kilos de bagages en plus.

 

Qu’est-ce que vous voulez, on ne se refait pas. Et nous passerons sur le voyage de retour où toutes ces affaires devront faire de la place aux nouvelles acquises pendant ces deux mois de vacances !

7 juin, 2010

Ca passe…

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 16:26

 

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Bon, il est clair que nous n’aimons pas tout le monde.

En fait, il serait plus juste de dire que nous n’aimons personne.

Bien sûr, nous aimons nos parents, nos frères et sœurs, nos enfants et notre compagne ou compagnon de vie, certaines personnes que l’on pourrait qualifier d’amis proches et même certains membres de notre famille éloignée.

Si on ajoute certains collègues, finalement, ça commence à en faire du monde…

Oui, on est au courant, tout le monde a ses défauts, nous les premiers, et nous avons fini par accepter les gens comme ils sont et par les prendre comme tels. Au fond, ils ne sont pas méchants. Il se peut que certains soient cons, égoïstes, maniaques, excentriques, sentimentaux, radins, maladroits, laids, vulgaires, hautains, puants, blasés, inconscients, possessifs, condescendants, médisants. Nous le sommes tous un peu.

Donc, malgré tout, nous nous adaptons à eux et trouvons toujours le moyen de passer un moment agréable en leur charmante compagnie. Mettre de côté ce qui ne nous convient pas pour ne voir que le meilleur. Même si ça demande de creuser profond.

Evidemment, nous ne parlons pas d’Hitler. Quand les gens commencent à avoir du sang sur les mains, nous ne pouvons plus cautionner. Un peu de décence. Nous aussi, avons nos limites.

À part ça, entre les gens et nous, ça passe.

Mais nous préférons être seuls.

Nous sommes en meilleure compagnie.

À n’en pas douter.

C’est pour ça qu’il nous semble judicieux d’en déduire que nous n’aimons personne. Puisque nous n’aimons pas être avec eux. Ou en tout cas pas trop longtemps.

Depuis que nous avons un portable, notre vie est devenue infernale. Pour la plupart des gens, cela implique que nous soyons disponibles en permanence. C’est de l’esclavage. Il y a des moments où nous sommes occupés, si si, c’est possible : à travailler, à manger, à pisser, à discuter, à dormir, à regarder un film ou à un tas d’autres choses encore que nous serions sensés interrompre à la seconde où quelqu’un décide que maintenant, il veut nous parler.

Et malheur à celui qui ne décroche pas.

Insulte suprême du XXIème siècle.

Joignable. Voilà le maître mot. On ne comprend plus la nécessité d’un moment de solitude. Trop symptomatique d’un mal-être existentiel. Si on préfère être seul, c’est qu’on est misanthrope.

Apparemment, nous sommes misanthropes.

Mais ce qui nous exaspère le plus, ce sont les hypocrites. Ok, nous sommes peut-être un peu trop francs, un peu trop rentre-dedans mais à quoi ça sert de faire comme si on ne voyait pas la tâche au milieu de la figure… Mieux vaut se taire que de dire n’importe quoi. Malheureusement trop souvent nous perdons une occasion de rester silencieux. Quand on nous demande notre avis, faut pas s’étonner de l’avoir. Sans fioritures. Appelons les choses par leur nom !

Quand quelqu’un est excessif dans un domaine – trop radin, trop maniaque, trop lourd, trop mal habillé, pourquoi le penser tout bas, le dire par derrière et faire comme si de rien n’était face à lui? Pour ne pas le ou la blesser ? C’est absurde. Ça lui rendrait service ainsi qu’à tous ceux qui le fréquentent. Dites plutôt que vous avez peur de passer pour une personne méchante et qu’on ne vous aime plus. Le vilain petit canard.

 

Ça ne nous dérange pas, nous, d’être le vilain petit canard. Ça nous dérangerait plus de mentir. Alors nous ne décrochons pas au téléphone quand nous n’en n’avons pas envie, nous ne flattons pas les egos, nous ne nous rendons pas dans les soirées qui nous ennuient, nous donnons notre opinion en toute franchise quand on nous la demande, nous ne ménageons pas les esprits.

 

Nous sommes honnêtes et n’avons pas d’amis. Vous saisissez le paradoxe ? Les gens n’aiment pas voir la vérité en face. Nous cherchons nos défauts, nous y faisons face, nous les digérons et ensuite, on peut espérer y remédier. Mais être dans le déni, à quoi ça sert ?

On se définit à travers le regard de l’autre. Renvoyez-lui pour commencer une véritable image de lui qu’il puisse en faire de même pour vous.

Vous n’en n’avez pas marre d’être toujours correct avec tout le monde même avec ceux qui vous poignardent en y mettant la forme ? Ce n’est pas parce que vous allez sourire que vous serez mieux vus. La lâcheté n’a rien de respectable tout comme l’hypocrisie.

Notre réflexion s’emballe, s’égare alors nous préférons nous en tenir à ces derniers mots.

 

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