A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

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29 décembre, 2009

Quand on est con, on est con…

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 1:17

 

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Nous n’en revenons pas. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à se prendre pour des stars internationales ?!

Etre prétentieux quand on s’appelle Alain Delon est une chose. Mais ça devient inquiétant quand on ne sait pas aligner deux mots sans dire une connerie, qu’on est moche, qu’on ne sait rien faire de ses 10doigts, ni de ses 10orteils et qu’en plus, on sent mauvais.

Ras-le-bol.

Mais comment font ces gens pour avoir le culot monstre de se sentir extraordinaire ?! C’est pas de la merde qu’ils ont dans les yeux, à ce niveau-là, c’est des montagnes de fumier de Yeti en décomposition.

Vous connaissez tous cette sensation qui vous prend à la gorge quand un con vous regarde de haut en déblatérant des absurdités d’un autre monde. On croit toujours qu’il nous fait une blague. Et quand on s’aperçoit avec horreur que cet individu dégoulinant semble sincère, notre sang vient fracasser nos tempes pour tirer le signal d’alarme. S’il continue, je le tue.

Pourtant, au lieu de tourner simplement les talons et de le laisser divaguer dans les eaux troubles de son esprit distordu, nous tentons dans un ultime appel à la raison de lui démontrer l’incohérence de ses arguments. Inutilement. Ce genre d’énergumène n’a aucune pudeur et c’est sans vergogne qu’il exhume du plus profond de sa connerie des propos encore plus ahurissants.

C’est en général seulement à cet instant que nous réalisons qu’il est totalement vain de poursuivre cette conversation stérile en marmonnant une phrase du genre « mais pourquoi je parle avec lui ?! »

Certainement parce que notre esprit a du mal à concevoir que l’être humain peut parfois faire preuve d’autant de stupidité, lui qui a si souvent fait preuve d’une grande intelligence.

26 décembre, 2009

Et toi, tu fais quoi le 31?

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 22:17

 

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Fête familiale par excellence, Noël  a tiré sa révérence. Place aux amis. Ben oui, maintenant c’est à leur tour de réveillonner. Avec la fameuse question : que faire pour le 31 ?

C’est absurde cette angoisse qu’on a toujours lorsqu’on est à une semaine du nouvel an et qu’on a toujours rien prévu. C’est absurde mais on y peut rien. On angoisse.

Il y a bien la fête chez Machin mais on l’aime pas trop et encore moins les gens qu’il a invité.

On pourrait bouger mais le restau c’est trop ringard et la boîte c’est trop glauque. Personne ne veut finir l’année seul, il y a trop d’affamés. Et d’adolescents sans poils.

Rester en famille c’est impensable, 2 repas en 10 jours, faut pas pousser.

Faire un truc entre potes oui, mais on en a pas tant que ça et en plus, Truc part au Mexique et Chose dans le sud, alors…

Bon. Il nous reste la possibilité de se mater un film avec un paquet de chips et du champagne mais c’est trop déprimant. On aurait l’air de la névrosée du cinquième. Inenvisageable.

On pourrait aussi mourir avant, sait-on jamais, et avoir l’air bien con d’avoir stressé pour rien ; mais on se dit ça tous les ans et ça n’est jamais arrivé.

Reste ensuite a trouvé la tenue adéquat mais là, c’est trop écœurant pour qu’on se risque à entrer dans les détails. Certains dépensent une fortune pour être moche; d’autres, la fortune d’un autre pour être encore plus moche. Arrêtons là le carnage.

Personnellement, pas de problème, on travaille. Depuis quelques années, plus besoin d’avoir ce genre de préoccupations, nous sommes sauvés. Nous détestons le réveillon du 31. Quand on prévoit un truc, c’est toujours pourri ; quand on ne prévoit rien, c’est encore pire.

Donc, plus de problèmes, à la bonne heure. Nous nous délectons simplement de voir gesticuler toutes ces petites fourmis à la recherche de THE soirée. Et ça nous fait bien rire d’entendre ceux qui n’ont rien trouvé dire  « oh non, j’trouve ça trop nul de fêter le nouvel an, moi j’vais me coucher à 22h, j’en ai rien à foutre », sous-entendu « j’suis super rebelle et surtout, j’ai pas d’amis » !

Alors pour tous ceux qui ne vont pas jouer les vieux cons aigris et rabougris, magnez-vous de trouver un bon plan ou fabriquer-le vous-même mais en tous cas, passez une bonne soirée, éclatez-vous, éclatez-les autres, le portefeuille, la voiture, mettez-vous la tête en bas, la langue dehors parce que comme dirait l’autre : « on sait jamais… ! »

Et surtout, arrêter de dire à tout le monde : « à l’année prochaine ! » avec un vieux sourire hébété, sous peine de mort instantanée…

24 décembre, 2009

Noël, joyeux noël, Bon baisers de Marakech!

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 21:56

 

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Ca y est, c’est Noël.

Nous ne savons pas si ça nous fait profondément quelque chose ; ce que nous savons en revanche, c’est que nous nous accrochons « à la vie à la mort » au rituel du réveillon. Nostalgie de nos années d’enfance ?

Non parce que clairement, au Maroc, peu de personnes le fête. Tout le monde taffe, il ne neige pas, les gosses vont à l’école enfin, rien à voir avec le schmilblick. Reste malgré tout des indécrottables comme nous qui ne lâchent pas l’affaire. Sapin de noël, cadeaux de noël, repas de noël. Hors de question de faire comme si de rien n’était alors qu’on a passé toute notre enfance à écrire des lettres au Père noël, à chanter des chansons, à résister pour s’endormir dans l’espoir vain de griller le gros bonhomme en train de déposer nos cadeaux !

Nous nous rappelons l’impatience de nous retrouver le lendemain matin pour découvrir les paquets déposés à notre intention au pied des guirlandes illuminées. Le contenu avait finalement peu d’importance. La seule vision féérique du soleil qui se lève sur une pièce éclairant des surprises nous remplissait de joie.

Même quand nous avons grandit, nous sommes restés fidèles au rituel du repas et des cadeaux. Hmmm… Des huîtres, du foie gras, du saumon fumé, la dinde, les marrons glacés, les truffes, les papillotes, les clémentines.

Rappelez-vous lorsque vous regardiez par la fenêtre pour apercevoir le traineau du Père Noël sous une neige qui ne s’arrêtait plus de tomber alors que vous étiez bien au chaud chez vous, vêtus de vos plus beaux habits… Les rues illuminées, les gens qui sourient, les vacances scolaires, les dessins animés le soir, les films toute la journée, toute la famille réunit, les caméras qui tournent, les flashs qui fusent, les chansons à l’ancienne ! Comment faire ensuite l’impasse sur des moments si doux, petits soleils dans nos cœurs refroidis ?

Alors nous avons décidé de perpétuer la légende et n’attendons qu’une chose, c’est d’avoir des enfants pour revivre avec eux ces instants de magie poétique.

En attendant, on s’éclate bien le bide avec un repas à la hauteur de notre gourmandise et mine de rien, avant de plonger dans un sommeil serein, on fera quand même un petit vœu pour que nos désirs les plus secrets se voient exaucer durant cette nuit où tout semble possible.

Joyeux Noël à tous.

21 décembre, 2009

La vie est comme un arc-en-ciel: il faut de la pluie et du soleil pour en voir les couleurs.

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 19:09

 

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Le toit en tôle se met à chanter. Il pleut. Petite batucada rien que pour nous dont le rythme irrégulier vient ponctuer une journée trop monotone. Les roues des automobilistes pressés rencontrent violemment les nombreuses flaques d’eau. Ce baiser, fort et rapide comme une cymbale, laisse un écho sinistre dans l’air humide de la ville. Il pleut. Le chauffage nous offre le luxe de demeurer en débardeur à l’intérieur alors qu’au dehors, un vent froid s’infiltre dans les manteaux des passants. Nous les observons. Nous adorons ça, regarder la pluie qui tombe, les gens qui courent, les voitures éclaboussant les motards, les parapluies qui s’envolent et nous, qui sommes au chaud, au sec, en sécurité.

Nous savons cette pluie salvatrice pour le pays. Malgré la saison d’hiver, l’air est trop sec, trop chaud, trop poussiéreux. La terre a soif. Les gens respirent mal. Les bêtes ont faim. Cette eau tombée du ciel est une bénédiction. Elle nettoie les rues, les mauvaises pensées et les poumons. Retour à la pureté du premier instant.

Enfin, nous sommes de bonne humeur parce que nous n’avons pas à sortir. Sinon, nous serions là à pester contre cette goutte d’eau insidieuse qui trouve toujours le moyen de s’incruster entre notre écharpe et nous. Vous savez cette goutte froide comme la mort qui nous glace tout entier malgré les nombreuses couches de fringues accumulées. Nous la haïssons. Comme nous haïssons ce putain de parapluie qui se retourne en plein milieu du passage piéton, cette voiture qui frôle le trottoir et asperge notre doudoune blanche de l’eau du caniveau ou cette averse qui se déclenche juste au moment où nous avions décidé de sortir parce que ça s’était calmé. A ce moment là, nous ne trouvons plus rien de poétique ni d’utile à la pluie qui tombe. Nous ne rêvons que d’une chose, c’est que les rayons du soleil refassent surface pour venir éponger nos cœurs qui se noient.

Et quand la lumière revient, c’est une nouvelle aube qui apparaît à ses côtés, une nouvelle naissance. Les sourires se redessinent sur les visages, les muscles se décrispent, les têtes se découvrent et un étrange espoir émerge de nulle part. Les conversations vantent les qualités d’une pluie régulière, l’activité qui s’était ralentie bat son plein, les trottoirs et les cafés sont réinvestis.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

 

20 décembre, 2009

http://www…..clic clic et clac

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 19:30

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Plus d’internet pendant 4jours et c’est la perte de repères garantie. Intolérable. On a la terrible impression d’être coupé du monde, semblable à notre modem : déconnecté. Plus de contact avec l’extérieur, plus de nouvelles, plus de ragots, plus d’actualité sur le vif. Jeté dans l’oubli, coincé dans un cachot de la société, le cachot puant, sale et éreintant de l’artisanal.

Premier jour :
État de stress. On découvre qu’internet est coupé. Horreur. Bouffée de chaleur immédiate, transpiration, rythme cardiaque qui s’accélère. La tête nous tourne mais nous tentons de raisonner clairement et voir ainsi naître la solution à ce drame. Comme par magie. Mais nous ne sommes pas Copperfield et la montée d’adrénaline nous fait perdre le peu de bon sens qui nous habitait. Désormais, nous sommes officiellement débiles. Laissons-nous le temps de nous calmer, nous réfléchirons mieux ce soir.
Mais tombe la nuit et la fatigue faisant son apparition efface les dernières traces d’intelligence.

Deuxième jour :
Bon, plus d’internet, soit, allons gaiement acheter une recharge. Pas le temps, pas d’argent, pas de kiosques ouverts, ceux qui le sont sont heureux de nous annoncer une rupture de stocks. Rrrrr ! Ça commence à sentir mauvais. Nous n’avons pas écrit de chroniques, pas consulté nos mails et surtout ceux de ventes privées, nous n’avons pas vu non plus les dernières news sur FB ni répondu à machin, truc et XXX. Nos doigts guident naturellement la souris sur les pages du net et tombent nez à nez avec le message d’ « Erreur de connexion ». Nous réalisons l’imminence d’une souffrance physique due au manque ; la torture mentale de cette anticipation s’intensifie. En clair, on sait qu’on va brûler et on a déjà chaud aux fesses.

Troisième jour :
Encore et toujours ce message devant nos yeux. Après la colère et l’énervement, le dépit et la tristesse. Notre cœur se serre alors qu’il fait ses adieux à la toile et en détourne le regard. La fatalité s’est certes abattue sur nous mais que faire, chaque chose en son temps et reviendra bien celui d’internet. Aujourd’hui dimanche, tout est fermé donc… Patience. Trouvons d’autres occupations.

Quatrième jour :
Notre esprit est plus calme, comme apaisé. Pas de stress, pas d’impatience, pas de course à la montre, pas de suées désagréables. Nous regardons un film, travaillons un peu, passons plus de temps dehors à voir le monde réellement plutôt qu’à travers un écran. Nous prenons des nouvelles en direct ou par téléphone, nous lisons un peu, discutons avec les gens que l’on croise. Finalement, ce n’est pas plus mal. Nous restons à la page bien que ça nous demande plus d’effort. En même temps, chaque chose est plus goûteuse et nous, plus éprouvés.

Mais internet refait son apparition et après une légère euphorie, comme un camé nous replongeons aussitôt dans le tourbillon du « tout en une seconde ». C’est tellement plus facile…

15 décembre, 2009

Je lis, tu lis, il lit…

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 1:50

 

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Franchement, l’industrie du livre se porte-t-elle bien ? Avec la vie qui coure presque aussi vite que Hussein Bolt, qui prend encore le temps de bouquiner ? Oui, on a tous un livre qui fait aujourd’hui parti intégrante de notre table de chevet, ce fameux livre acheté il y a trois mois dans une petite librairie de quartier, alors que nous tentions de nous abriter d’une violente averse. Ça faisait une éternité que nous voulions lire ce classique du genre, chef d’œuvre de littérature. L’occasion de se refaire une conscience, enfin, nous pourrions participer aux conversations intellectuelles des cocktails dinatoires en déblatérant sur cet auteur célèbre sans craindre de se taper une honte monumentale face à la question « Et toi ? Qu’en penses-tu ? ». A croire que le monde entier a fait hypocagne…

Pourtant, les jeunes auteurs sont de plus en plus nombreux. Certaines maisons d’édition reçoivent près de 500 manuscrits par mois pour n’en choisirent que 5. D’ailleurs, les livres les plus lus ne sont pas vraiment les jeunes auteurs. Si demain, vous décidez d’acheter un bouquin. Sur quoi se portera votre choix ? Le dernier best-seller, un polar, un roman à l’eau de rose, la biographie de la star du moment, le classique qu’on a loupé à l’école. Rarement l’œuvre d’un mec inconnu, sauf s’il vous a été conseillé par un ami. Il arrive parfois même qu’on vous l’offre ; il peut alors rester un an à décorer la bibliothèque du salon.

Ça craint. Heureusement qu’il y a l’école pour inculquer un minimum de culture littéraire aux enfants. Dommage que la plupart du temps, elle produit l’inverse de l’effet escompté en ennuyant plus les gosses qu’en leur donnant le goût de la lecture. Mais bon. Il reste quelques inconditionnels comme nous, initiés dès notre plus jeune âge et qui, ne buvant pas d’alcool, nous déchirons la gueule aux mots. Un livre, un auteur, ouverture vers un nouveau monde, une nouvelle vision des choses, de nouvelles perspectives, un nouvel angle. Gymnastique intellectuelle qui force à se poser des questions et prendre position.

Bref, lire un livre, ça rend moins con. Et aujourd’hui, c’est pas du luxe.

12 décembre, 2009

T’es décédé ou quoi?!

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 21:41

fondecransalledattente.jpgNon, nous ne nous sommes pas faits dévorés par une bête à trois têtes, ni partis en voyage de noces aux Caraïbes, ni retenus en otages en Chine. Rien d’aussi original. Malgré notre silence, nous sommes toujours à Marrakech où se termine d’ailleurs le Festival International du Film, rare manifestation qui suscite encore notre intérêt. Malgré cela, nous n’avons pas trouvé le temps de voir un seul film. Pas un seul. Quel  gâchis. Et dire que l’année dernière, nous avions fait le pied de grue devant les guichets du Palais des Congrès pour avoir un badge d’accès à toute la programmation officielle… Vous conviendrez que cette précision souligne le fait que nous sommes extrêmement débordés par nombre de choses inutiles et cependant indispensables à notre survie. Sinon, vous pensez bien que nous y serions allés. Au Festival. Pas aux Caraïbes.

Donc, pas de festival, pas d’articles, pas de visites aux amis, pas de coup de tel, pas d’emails. Mais qu’est-ce que nous avons bien pu faire… nous n’avons même pas repris les cours de conduite, ni envoyé la lettre qui traine depuis 1 mois sur le meuble du hall d’entrée, ni rendu son sac à machin-truc, ni regardé tous ces nouveaux films que nous avons acheté. Nous n’avons pas dormi, pas fait de sport, pas fait les courses, ni nos lessives. Pas très productifs et même, pas productifs du tout; à bannir carrément de toute société voulant aller de l’avant. Heureusement que nous ne postulons pas pour un visa français ou américain, avec leur histoire d’immigration choisie, aucun doute sur notre cas désespéré: Dehors.

Est-ce que nous nous sentons débordés? non… Un peu fatigués certes, toujours en train de courir, pas très bien organisés certainement mais sinon, rien d’extraordinaire par rapport à notre train de vie habituel. Alors quoi? est-ce une rébellion inconsciente contre la société capitaliste et libérale dans laquelle nous évoluons? le refus de devenir un être rentable? pas sûr… Le désir de mener une vie au jour le jour, sans s’inquiéter de rien et faire les choses comme elles nous viennent? improbable…

Peut-être que notre cerveau a buggé. D’ailleurs, on ne se souvient même plus de ce qu’on a fait cette semaine. Brassé de l’air. Nous ne sommes même pas sûrs que ça nous ait fait du bien. De juste respirer. Ca pourrait être bénéfique si l’air en question était celui du MontBlanc. Ce qui est loin d’être le cas. Bon. Pas d’explication tangible à cette absence d’activité et de réactivité de notre part durant cette petite période donc…

A très vite!

Et euh… Excusez-nous

6 décembre, 2009

Voyageons léger

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 19:39

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Hier, nous avons pris l’avion. Chose communément répandue de nos jours donc, rien d’exceptionnel en soi. Si prendre l’avion n’a rien d’exceptionnel, pourquoi les gens mettent un point d’honneur à s’habiller en star internationale du showbiz pour voyager?! C’est déjà assez inconfortable comme ça d’attendre des heures entre l’enregistrement des bagages, l’embarquement, le vol de 3h20 et la récupération des bagages de soute pour en plus le faire sur des talons. Nous pensons que peut-être un mystère s’est créé autour des rencontres possibles dans les terminaux des aéroports et que peut-être, tout ce cinéma viendrait de là. Franchement, nous ne trouvons rien de romantique à cela.

D’ailleurs, pour faire plus court, nous n’avons pas pris de bagages en soute. Et 22euros d’économisés! Non, parce que nous trouvons toujours le moyen de mettre des heures à récupérer notre valise. Parfois, nous ne la reconnaissons pas. C’est seulement après trois tours de tapis roulant, trois longs et interminables tours de piste, que nous apercevons l’étiquette colorée que nous avions mise afin de la différencier des autres. Ou nous nous plantons carrément de tapis roulant. Si, c’est possible. La dernière fois, sortis de l’avion dans les premiers, nous nous sommes intégrés à un groupe de voyageur d’un autre vol sans nous en rendre compte et nous avons naturellement attendu avec eux, sans même daigner jeter un coup d’oeil à l’écran d’affichage. Sinon, nous aurions vu inscrit « Berlin » au lieu de « Paris ». Ce n’est seulement qu’après une demi-heure à admirer les valises défiler devant nos yeux fatigués que nous nous sommes rendus compte que les passagers de ce vol ne nous étaient pas familiers. Aucun d’entre eux. Où était donc passé la vieille dame avec son fils, les deux touristes anglophones, l’homme d’affaire en costard? Ah les voilà qui passent devant nous mais… sans pour autant nous rejoindre. Tiens, ils s’arrêtent près du tapis roulant d’à côté… Oh ben dis donc, voilà que nous reconnaissons d’autres passagers avec eux. Et de nous glisser discrètement hors de notre groupe pour retourner intégrer le leur et – enfin – récupérer notre valise.

Une autre fois encore, nous avions prudemment attaché notre valise avec un cadenas solide. Eh bien, nous avons récupéré notre valise avec le cadenas cassé, nos affaires dérangées. Heureusement, rien d’intéressant apparemment pour notre voleur qui n’a rien dérobé. En tous cas, pas dans notre valise…

Bref, nous avons décidé d’éviter l’épisode « bagages en soute ». Mais du coup, pas de bouffe, pas de maquillage, pas de trucs coupants, enfin pas grand chose. Nous avons dû malgré nous réduire la quantité d’affaires, snif… Donc, handicapés par une valise pour cabine de 10kg, nous entrons dans le terminal. Après avoir passé le contrôle bien sûr où nous avons dû enlever nos 2 manteaux, notre ceinture, nos bijoux, nos lunettes, sortir notre téléphone, notre disque dur, montrer nos médicaments et l’ordonnance qui va avec,  lever les bras, écarter les jambes et ranger le bordel que les flics avaient mis. L’espace Duty free nous attire mais nous n’avons besoin de rien donc mieux vaut ne pas y mettre les pieds sous peine d’y laisser 40euros pour rien. Nous préférons nous installer confortablement au petit snack et prendre un encas. La journée va être longue. Un panini dégueulasse et un soda nous coupent l’appétit pour longtemps. Les 7 euros qu’ils nous coûtent aussi.

Un appel pour le vol vers Bristol. Est-ce que c’est possible cette histoire? Comment des gens peuvent vouloir se rendre là-bas? Londres ok  mais Bristol, on ne savait même pas que ça existait un nom pareil! Des gens à têtes bizarres se présentent au comptoir et c’est parti pour l’embarquement. Même chose pour Lyon puis Genève. Puis des appels pour les retardataires. Des appels qui deviennent nominatifs et insistants. Des appels qui sont faits en français puis en anglais puis en arabe. Des appels qui commencent à nous irriter. Mais putain, ils sont où, ces débiles! L’avion n’a qu’à partir! Chacun leur tour, femmes et hommes crient dans le micro le nom des passagers manquants qui bientôt seront des passagers qui ont manqué leur avion. Petit à petit, les noms se réduisent mais il est clair que certains ont loupé leur vol. C’est pas possible de faire des trucs comme ça. On s’étonne après des retards mais si les gens n’ont pas de cerveau, nous ne voyons pas pourquoi il faudrait que ceux qui en ont poireautent pour eux. Nous prions pour que cela ne se produisent pas sur notre vol.

Enfin, l’appel du vol pour Paris. Un groupe de jeunes étudiantes marocaines s’attroupe au comptoir, parle fort, rit fort, bouscule les uns et les autres. Caricature de la jeune bourgeoisie marocaine: cheveux brushingués, mèches blondes, talons aiguilles, jeans moulants, bijoux clinquants. Occidentalisées certes mais sous la pluie, retour du châle en forme de hijab pour protéger l’affreuse coiffure. Des gosses de partout aussi. Petite prière pour qu’ils ne s’asseyent pas près de nous.  Des familles d’immigrés ayant troqué le voyage en voiture de 3 jours, la traversée en bateau, les autoroutes espagnoles, la conduite de jour comme de nuit, pour un voyage de 3h tout compris. Pour 3 fois moins cher.

Nous nous installons à l’arrière. Moins encombré. A peine assis, nous nous confinons confortablement dans l’espace réduit qui nous est réservé. Et alors que Justina l’hôtesse s’agite dans le couloir, nous piquons du nez et nous envolons pour des cieux plus sereins. A trois reprises réveillés par un mioche qui crie, quelques turbulences et la vente du goûter à 10euros par l’hôtesse Fadila, nous sombrons dans un sommeil profond dont nous émergeons avec une fatigue encore plus grande, la nausée et un torticolis. Bonheur absolu. Arrivée à Paris, froid, vent, pluie. On a bien fait de venir. A peine l’avion a-t-il atterri que tout le monde se lève pour prendre son bagage à main et s’apprêter à sortir. Nous n’avons jamais saisi le concept. L’avion met toujours au moins 10 minutes pour s’immobiliser et qu’on y installe la rampe d’accès à l’aéroport. Et pendant ce temps, tous restent debout, emmitouflés dans leurs manteaux, dégoulinants de sueur, en équilibre sur un pied, collés aux autres passagers. Les portes ne sont même pas ouvertes…

Puis c’est la ruée vers l’extérieur, le parcours du combattant pour atteindre enfin le contrôle des passeports. Avec tous les contrôles de papiers subis, nous nous étonnons de ne pas avoir égaré les nôtres. Dernière ligne droite. Nous évitons en souriant les tapis roulants de bagages pour nous éclipser en tête de file vers la sortie retrouver ceux venus nous chercher. Déjà, certains parlent du métro, la galère, rejoindre Châtelet, nous sommes contents de rentrer en voiture.

« Bien arrivés, bonne nuit, bizbiz »

2 décembre, 2009

Une journée à glander

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 16:03

flemmeinternet.jpgQuel pied… on attend cette journée depuis des semaines, des mois peut-être et quand enfin elle approche, nous nous sentons submergés par une légère euphorie. Une journée à ne rien faire. Ça fait si longtemps que le souvenir de la dernière que nous avons passé nous apparaît en noir et blanc. Une bouffée d’oxygène indispensable à notre survie.

La veille, impossible de s’endormir. Nous savons pertinemment que nous allons pouvoir faire une grasse matinée. Donc, pourquoi se coucher tôt ? de tout manière, on ne se couche jamais tôt. Premier plaisir, on ne met pas de réveil. Ça, c’est kiffant. Ensuite, on éteint son portable. Waouh… Bonheur absolu. Enfin, on met le film qu’on essaie de regarder depuis un mois, celui que tout le monde a vu au cinéma il y en a six de ça et pour lequel on n’ a pas trouvé de temps. Ce soir, c’est notre soir. Tout a été prévu pour un plateau télé dans les règles de l’art : chips, cacahuètes, sodas, Haribo, fruits, eau, mouchoirs, télécommandes. Le lecteur dvd est branché, le numérique aussi, sans oublier les disques durs pleins de films à dévorer. Ah…

Nous nous glissons sous la couette, oreillers regonflés et bien agencés, lunettes de repos sur le bout du nez, lumières éteintes. On n’a pas oublié d’aller aux toilettes, ni de fermer le gaz ou les fenêtres ou la porte d’entrée. On a pensé à tout. Le film commence. Mmm…  Quel plaisir. On est tellement bien, qu’au bout de quelques minutes, nos yeux se ferment. Déjà nous dormons. Tout ça pour ça. on ne s’en est même pas aperçu, on ne se rappelle même plus à quel moment. En ouvrant les yeux le lendemain midi, une vague sensation d’éternité nous envahit. On a l’impression d’avoir dormi deux jours. D’ailleurs, on a la tête lourde, le corps engourdi, la bouche pâteuse. Il ne fait pas bon se lever. Comme par hasard, c’est ce moment que choisi notre vessie pour tirer le signal d’alarme. Merde, va falloir se lever pour aller pisser, oh, on était si bien, au chaud, la couette nous paraît plus moelleuse, les oreillers aussi. Encore un peu… Bon d’accord, on y va.

Lorsqu’on se lève, l’air est frais, alors on court pour vite retrouver notre lit. Mais quand on revient, le sommeil à disparu et une petite faim commence à tirailler notre ventre. Petit dèj au lit. La classe. On le prépare avec autant d’attention que le plateau de la veille. Et on l’engloutit devant un enchaînement de dessins animés faisant écho à nos vacances scolaires d’enfance. Et puis on remet le film qu’on n’a toujours pas vu et cette fois, le savoure jusqu’au bout. Rapidement suivi d’un deuxième puis d’un troisième. On passera la journée en tapoter sur notre ordi portable tout en matant la télé un gâteau à la bouche. Toute la journée en pyjama. À trainer les pieds, à trainer au lit, à trainer du cerveau. On mange n’importe quoi à n’importe quelle heure, en testant des mélanges sucré-salé improbables. On comate et surtout, on ne dit pas un mot. Règle suprême de la journée à ne rien faire.

Quand la nuit tombe, on s’étonne de sa venue, elle nous rappelle que la journée de demain ne s’annonce pas sous le même signe. Sortir dans le froid, retrouver ses collègues de travail, répondre au téléphone, réfléchir, discuter, bref, faire un tas de trucs qui ne nous enchantent guère. Enfin, tout de même, on ne repasserait pas une autre journée comme ça. On a un peu envie de mettre le nez dehors, de prendre l’air, de retrouver l’usage de la parole.

Allez, pas de plateau télé ce soir, les infos, un douche, lavage de dent et au lit ! Jusqu’à la prochaine journée à ne rien faire, nous allons faire semblant de faire quelque chose de notre vie. Nous agiter pour pouvoir ensuite prétexter avoir besoin de repos et retrouver notre lit douillet pour une nuit de plus de cinq heures. A bonne entendeur, salut.

 

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