A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

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29 novembre, 2009

Aïd al kabir, te voilà! Jour J

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 14:55

 

5806g.gifÇa y est, aujourd’hui c’est le grand jour.

Normalement, on doit se lever tôt. Tôt pour nous, ça veut dire 8h. Bien sûr, nous ne nous sentons pas directement concernés parce que cette coutume vise les principaux acteurs de la journée de la fête. A savoir les femmes sui doivent tout préparer pour accueillir la viande, les hommes qui doivent se préparer à transformer le mouton en viande, le boucher qui doit ôter la vie du mouton pour qu’il puisse être transformé en viande et préparer à être engloutit par des estomacs vides.

Nous ne sommes ni l’un, ni l’autre, ni l’autre encore mais nous veillons tout de même à ce que les trois étapes soient respectées et se déroulent convenablement. En réalité, nous sommes surtout très curieux.

Donc, tout le monde se réveil. Il s’agit de faire un petit déjeuner copieux parce que le premier repas se fait traditionnellement avec les brochettes de viande : cœur et foie, et on n’est pas prêt d’en voir la couleur avant 15h. Les hommes commencent par revêtir des habits sales, enfin, pas crado non plus, mais jetables dirons-nous. Les enfants, au contraire, se parent de leurs nouveaux habits. N’oublions pas, c’est jour de fête… les femmes en tablier et pyjamas investissent la cuisine. Nous dormons encore. Dans la rue, des hommes en blanc circulent. A regarder de plus près, ils arborent tous dans leur main ou leurs poches des…couteaux. Ça fait un peu flipper. Quand on sait comment les gens démarrent au quart de tour ici, y a de quoi. Mais non, tout le monde est joyeux, se salue, s’invite, se souhaite bonne fête. Pas d’effusion de sang humain aujourd’hui. Leur quota d’agressivité quotidien se dirige entièrement vers les moutons squattant depuis les maisons.

Ah le boucher est arrivé. Allez les hommes, sur la terrasse ! Les moutons y sont attachés par une corde solide et pas trop longue. Oui, parce qu’on a vu plus d’une fois des moutons suicidaires. Ils prennent de l’élan et sautent par-dessus le mur de la terrasse pour venir s’affaler sur le pavé, contraignant leur maître à les égorger sur place et à acheter un autre mouton pour le jour de la fête. Vu le prix, ce n’est pas vraiment dans l’intérêt général. Première des choses, séparer les moutons. On en cache un dans une petite pièce pour qu’il ne voie rien et n’entende rien. puis on attrape l’autre. Au moins trois hommes. Celui qui choisit de tuer le mouton le fait au nom de sa famille. Ce doit être un homme pieux qui fait sa prière et représente le chef de famille. Les autres sont là pour l’aider. Mais il faut savoir le faire correctement pour ne pas faire souffrir la bête. Sinon, on n’a pas le droit de le faire. Faut pas pousser.

Une fois la bête tuée, ce qui n’est vraiment pas le plus difficile, il faut lui enlever la peau en soufflant dans la carcasse pour aider à la décoller, l’ouvrir, ôter le cœur, le foie, les poumons, sortir la graisse qui entoure je ne sais plus quelle partie et la mettre à sécher. Le mouton, c’est comme le cochon : tout y est bon, tout se mange. Puis vider l’estomac, les tripes, les intestins tout ça, laver la terrasse pour que le sang disparaisse, mettre la tête de côté. Chaque organe est séparé et placé dans un seau. On descend le tout aux femmes restées en cuisine.

De leur côté, elles ont pris soin de préparer tout le matériel nécessaire à la préparation et à la conservation de la viande. Dans le jardin ou la cour, un petit barbecue se prépare. On place sur le charbon le foie et le cœur, en pré-cuisson.

En haut, les hommes continuent leur besogne. Ayant totalement nettoyé la terrasse, les voilà qui amène le deuxième mouton qui cherche des yeux son compagnon d’un jour. Cherche toujours l’ami, il est déjà en pièce détaché. Plus rapide qui la fourrière locale. D’ailleurs, en position, le destin t’appelle à ton tour. Couic. Même scénario. Les hommes ont accompli leur devoir, c’en est fini pour eux. Ils descendent se doucher et mettre leurs habits de fête : djellabas, babouches, bien rasés, beaux gosses.

Les femmes ont récupéré cœurs et foies à demi cuits et les découpent en petits cubes. Un par un, elles les entourent d’un peu de graisse séchée et les enfilent en brochettes. C’est un moment très agréable où toutes les femmes de la famille sont réunies et s’entraident pour mener à bien la mission qui leur est confiée. Discussion, rires, malgré les rivalités et les différences. Un travail à la chaîne qui porte ses fruits puisque bientôt les brochettes sont confiées à un l’homme de la famille chargé de les faire cuire. Les femmes en profitent pour nettoyer la cuisine, préparer le thé et aller se changer.

La fumée enveloppe les invités dans un nuage parfumé. Tout le monde est regroupé dans la même pièce, éclats de voix, les mains s’agitent, on rie, on raconte, on se rappelle. Tout le monde est là. Tout le monde est venu avec sa famille. Les enfants eux aussi sont de la fête, on leur donne un peu d’argent, ils achètent des bonbons, cours partout, retrouvent leurs cousins-cousines. Le thé et servi et on déguste avec un morceau de pain fait maison les brochettes délicieuses, fruit du labeur général.

On est heureux, on est bien. C’est ça, l’Aïd al Kabîr.

26 novembre, 2009

Aïd al kabir, te voilà! J-2

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 15:38

 

moutonsouriant.jpg

L’ambiance pendant l’Aïd al Kabir à Marrakech n’évoque en nous qu’un mot : incredible !

Alors que certains fuient le pays à cette période de l’année, nous ne partirions pour rien au monde.

Premièrement, il fait beau. Mais ce n’est que chose courante au Maroc. Nous tenions juste à le rappeler à ceux qui vivent des heures glaciales et pluvieuses dans de lointaines contrées maudites.

Ensuite, il fait chaud. Bon, ok, arrêtons là la torture psychologique.

Non, vraiment, ce qui fait le charme exceptionnel de cette semaine exceptionnelle, c’est l’atmosphère qui se dégage de la ville. Elle est comme recouverte d’un voile chaud et douillet, la tendresse d’une couverture moelleuse en hiver, la caresse d’un feu de cheminée, la douceur d’une peau veloutée.

Aujourd’hui, nous sommes à deux jours de la fête. La fête du mouton. Ça sonne bien non ? On dirait le titre d’un dessin animé. La fête du mouton. Effectivement, ça va être sa fête à celui-là ! Venu de tous les coins du pays, le voilà qui se dandine dans les deux grands souks de Marrakech. Toutes les races marocaines sont représentées, pas de jaloux et il y en aura pour tous les goûts. Toutes les tailles, toutes les couleurs, tous les styles, tous les pelages. Il y a même des chèvres pour les problèmes de cholestérol.

Avant, jadis comme dirait l’autre, les gens achetaient leur mouton 10jours avant la fête, histoire de bien le nourrir, de sympathiser avec lui, de l’apprivoiser à la Saint-Exupéry.  Nous n’avons cependant aucun mal à nous en séparer au moment voulu, le plus grand ami du monde soit-il devenu. Mais les temps changent et nous n’avons plus le temps, l’envie, les moyens ? D’entretenir la star d’un jour pendant tout ce temps. Donc maintenant, deux jours avant, ça suffit largement.

Première étape : le souk. On se doit d’y aller une fois dans sa vie. C’est un peu comme le pèlerinage. Au moins une fois. Nous n’avons jamais vu autant de moutons. Précisons que nous parlons d’animaux au sens propre. Un terrain vague à disposition et c’est des centaines de camionnettes qui débarquent leur marchandise. Des fermiers, des paysans venus de partout présenter le fruit de leur labeur annuel. La première chose qui nous interpelle, c’est l’odeur. Puisque nous ne sommes pas morts au contact des premières effluves, nous pouvons espérer survivre à l’immersion dans cette masse de laine.

Des bêtes à perte de vue. Blanches pour la majorité, beiges, marrons, noires… Mais attention, les moutons aussi ont une classe sociale. Les plus bourgeois sont les « Sardi ». La race de mouton que choisit le roi depuis des générations. Les petits bourgeois marocains donc, font de même. Ils sont blancs, bien blancs, hauts sur pattes, la tête parfois colorée de noir, le poil ras. Ils regardent tout le monde de leur pied d’estale comme conscients de leur condition de privilégiés. Nous préférons les petits du nord. Marrons, trapu, bien garnis en laine ; ils nous font penser à de gros nounours. A croire qu’on ne sortira jamais totalement de l’enfance.

Bien le choisir, s’assurer de la quantité suffisante de viande, de sa bonne santé n’est pas donné à tout le monde. Faut avoir le coup de main. Des mains expertes soulèvent le mouton par les pattes arrière comme pour peser ses kilos superflus. La laine peut être traitre et faire passer un maigrichon pour balaise…  L’arnaque. Vu que la paie du mois y passe, vaut mieux être sûr de son coup. N’oublions  pas qu’il s’agit de nourrir toute la famille, d’en donner aux voisins, aux pauvres enfin, à qui on veut et de partager le reste avec les visiteurs. Et les visites s’étalent sur un sacré bout de temps. Ensuite, passer ses doigts à travers la laine pour sentir la qualité de la viande et confirmer la quantité. Visualiser la chair sans le reste. A l’aveugle. Enfin, vérifier les dents, les yeux, ce genre de truc auxquels nous ne connaissons rien, pour être sûr de ne pas acheter un vieux mouton malade.

Reste encore à négocier le prix « allez, sois sympa, il est même pas très gros, oui je vois qu’il a l’air bien, mais ce n’est pas non plus un sardi, en plus, il ne reste que deux jours, il te reste beaucoup de bêtes à vendre encore, j’t’assure, tu fais une affaire avec moi, regarde ce que je te propose, sois généreux, en plus je n’ai pas beaucoup d’argent, Dieu te le rendra Inch’Allah, regardes, je sors mes billets, allez prends l’argent et n’en parlons plus, bonne fête mon frère, que Dieu t’aide. »

Dernière étape, le transport. Pas d’inquiétude, tous les métiers existent au Maroc et surtout celui de « j’t’amène le mouton jusqu’à la voiture ? » parce que sortir du souk une fois qu’on s’y est perdu, c’est non seulement long et fatigant mais si en plus il faut porter un mouton…

Et voilà notre bête sur le dos d’un jeune homme en claquette, tout crado, tout puant, on pourrait presque le prendre pour un mouton avec sa barbe et ses yeux ronds. Les gens se bousculent, ils ont trop peur que l’affaire de l’année leur passe sous le nez. Tous tripotent les pauvres petits moutons humiliés par tant de proximité soudaine, leur intimité bafouée. Ils bêlent à en perdre la voix ou se taisent, prostrés. Certains observent simplement, discutent entre eux, se font les yeux doux. Des moutons, quoi.

Pour nous, c’est un surplus de testostérone. Car évidemment, que des moutons mâles et que des hommes pour les acheter. Les femmes sont trop occupées à la maison à faire les préparatifs du sacrifice sacré. Mais nous verrons cela en temps voulu. Donc, après avoir traversé cette mer de laine en palpant inconsciemment tous les moutons croisés, nos chaussures sont pleines de boues, nous puons grave, nous avons pris quelques bleus et nous comparons la bête achetée à toutes les autres. Instinctivement. Satisfaits, nous embarquons notre proie dans une fourgonnette prévue à cet effet où la rejoigne quelques-unes de ces compatriotes. En avant pour la maison.

Sur la route, nous croisons des gens improbables. Ceux qui n’ont pas voulu ou pu louer de fourgonnette, entendent tout de même ramener leur prise à leur domicile. Et quand on a qu’une mobylette, on fait avec. C’est ainsi qu’un ballet de petites motos s’offre à nos yeux ébahis. Des moutons, pattes ficelées, calés entre le guidon et le conducteur. Nous ne savons pas comment ça peut fonctionner mais ça fonctionne. Toute la journée, des moutons traversent la ville à mobylette. Spectacle jouissif à n’en pas douter.

C’est ça, qui est magique dans la préparation de cette fête. Tout le monde est dans le même trip, tout le monde prend des nouvelles de ses voisins « vous avez acheté votre mouton ? Bonne fête à tous ! », on visite les moutons des autres, on compare les prix, avec tous ceux qu’on croise et qu’on ne connaît pas. C’est l’euphorie générale, les vacances pour les petits, les jours de congés pour les plus grands. On renoue avec le groupe et ça fait du bien.

23 novembre, 2009

« La colère est comme une avalanche qui se brise sur ce qu’elle brise. » Sénèque

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 1:15

 

rh1ojmfs.gif Nous sentons notre sang s’exciter dans nos veines. Le cœur s’emballe, la respiration se fait difficile, la vue se trouble. Nous sommes en colère. Comment une simple pensée peut-elle générer une telle révolution physique. Comment peut-on accepter de faire subir cela à notre corps.

L’information est reçue, traitée par le cerveau qui la transmet directement à cette machine de chair et de sang. Nous ne voulons pas être dans cet état. Nous ne voulons pas que quelque chose d’extérieur à nous, nous mette dans cet état. De quel droit.

Nous avons l’impression de perdre le contrôle. Nous n’aimons pas vraiment ça. On ne sait jamais ce qu’il peut arriver. Les obstacles physiques et moraux sautent et c’est la débandade. Pourtant, cela nous dépasse.  Cette montée d’adrénaline, nous ne l’attendions pas. D’ailleurs, nous essayons de passer à autre chose, de nous concentrer sur ce que nous étions en train de faire. Il nous faut finir, il nous faut à tout prix réussir à cibler notre attention sur autre chose.

La situation devient insupportable. Impossible de mettre de côté la raison de notre colère. Impossible de nous calmer. Impossible de passer outre. Tous nos poils sont au garde à vous. Nous prions pour que personne ne passe, ne nous dise un mot de travers, un mot tout droit, un mot tout court. Nous n’attendons en réalité que ça pour pouvoir enfin nous défouler. Nous libérer d’un poids insoutenable. Toute la tension accumulée retomberait ; ce serait presque l’extase.

Nous n’avons pas envie de régler le problème à la source. Nous sommes fatigués rien qu’à l’idée de la confrontation. Car nous savons pertinemment que lorsque la rage monte, c’est que la discussion n’aboutit pas. Souvent, la seule issue est la fuite ou la violence. Pas très attrayant. Chacun reste campé sur ses positions, refusant d’écouter l’autre ou d’entendre ses arguments.

Nous sommes parfois comme ça. Persuadés d’avoir raison. Sur des sujets comme la discrimination ou l’alphabétisation par exemple, impossible de nous faire changer d’avis. C’est chose entendue. Mais quand les frontières sont trop minces, où trop de facteurs entrent en jeu, où nous sommes nous-mêmes impliqués directement, difficile de faire la part des choses. Même pour le plus averti des esprits.

18 novembre, 2009

Etranger à l’étranger

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 15:37

 

banniere1.jpgS’installer dans un pays étranger. Exil ; émigration. Termes lourds de sens et de portée.

À l’heure des low cost et de l’apogée technologique, passer d’une terre à l’autre n’est plus vraiment un évènement exceptionnel. Tout le monde voyage, par plaisir, pour affaires, pour des raisons familiales. Bouger est devenu aisé.

Nous constatons cependant que les voyageurs et encore plus ceux qui décident de s’installer quelques temps ou définitivement dans un pays qui n’est pas celui d’origine ont parfois un comportement déplacé envers le pays d’accueil et ses habitants. Et par là, nous nous adressons notamment aux personnes issues d’un pays occidental voyageant vers les autres pays.

Quand les anciennes générations d’immigrés se sont par exemple installées en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, elles sont arrivées lourdes de traditions ancestrales profondément ancrées. Cependant, la reconnaissance d’avoir été accueillie par un pays occidental dit « développé » et leur envie d’y demeurer sans problème a fait qu’ils ont appris à mettre de côté leur ego et à se fondre dans la masse. Les lois, les autochtones aussi étaient là pour le leur rappeler au cas où. Ici on ne fait pas ça, on se comporte comme ça, on ne se met pas là, on doit faire ça si on veut avoir ça, bref, ils ont clairement dû s’adapter au pays en toute discrétion pour pouvoir continuer à y séjourner. Ils ne sont pas chez eux, ils l’ont bien compris.

Alors pourquoi ces mêmes occidentaux, lorsqu’ils partent dans les pays dits « en voie de développement » n’observent-ils pas le même comportement ? Tout au contraire, ils se sentent naturellement chez eux. Parlent dans leur langue, imposent leur coutume en refusant de s’adapter aux mœurs locales ?

Plus concrètement : en France (et ce n’est pas le cas en Suède par exemple), on refuse les signes ostentatoires de religion à l’école et souvent aussi sur le lieu de travail ; interdiction donc d’exprimer son identité religieuse. Sociale oui, culturelle oui, religieuse non. Respect de la laïcité. Soit. Alors pourquoi lorsque les français viennent dans des pays non laïcs, ne respectent pas la loi religieuse ? On ne leur demande même pas de l’appliquer, juste de respecter les gens qui la pratiquent.

Combien de filles occidentales en minijupe dans les rues marocaines ?

Combien de touristes la bouche pleine dans la rue en période de ramadan ?

Combien de plaintes contre l’appel à la prière du matin ont abouti à l’annulation des haut-parleurs ?

Combien d’enfants insultés en médina pour avoir joué dehors et rit trop fort ?

Combien de marchands abusés pour avoir voulu trop négocier jusqu’à leur ôter les 50cts d’euros de bénéfices ?

Combien de familles vexées qu’on ait critiqué leur manière de manger, leur manière de vivre ?

Savez-vous qu’avoir un visa pour la France requiert la maitrise de la langue française ? Pourquoi pas aussi dans l’autre sens ?

Dans les rues du souk, avant-hier, trois femmes espagnoles. Un homme passe en mobylette et les prie poliment de se mettre sur le côté pour qu’il puisse passer. Situation exceptionnelle car les 2roues passent d’habitude à toute vitesse sans même se demander s’ils vous toucheront ou pas. Un coup de klaxon, une bousculade, un écrasement de pied et les voilà qui repartent. Non, là, par respect pour des étrangères peut-être pas bien au fait des coutumes locales, il s’arrête et leur parle. Eh bien, en guise de réponse, un refus. « Non nous restons là. Et si nous n’avons pas envie de nous pousser hein ? Alors quoi ? Non, on reste là, ce n’est pas notre problème, je ne vois pas pourquoi on te laisserait passer. » L’homme reste interloqué. Déjà, elle lui parle en espagnol donc il ne comprend pas tout. Mais le ton et les gestes suffisent dans ce genre de situation. Ensuite, elle le tutoie, comme c’est souvent le cas. Enfin, il commence à regretter de ne pas être passé comme il l’aurait fait normalement, sans avoir à prendre la peine de leur demander l’autorisation. Après tout, ici, c’est chez lui, c’est comme ça que ça fonctionne et il aurait bien envie de lui dire ce qu’il sait entendu dire à l’étranger : si t’es pas content, t’as qu’à rentrer chez toi, personne t’obliges à rester.

Ce genre d’incident arrive constamment. Les étrangers veulent adapter l’environnement à leurs habitudes et à leurs désirs au lieu de s’adapter à leur environnement. Nous déplorons cet état de fait qui ne fait qu’engendrer plus de racisme de chaque côté.

A l’heure de la question de l’identité nationale, si l’on désire qu’être français signifie autre chose qu’être radin et raciste, il faut peut-être commencer à se poser des questions.

17 novembre, 2009

Echoppes marocaines

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 15:41

 

 

exemplenetb.jpgUne petite rue étroite. Des échoppes collées les unes aux autres. D’énormes cartons tous juste déposés par une charrette et un âne, entravent l’entrée de chacune d’elle.

Est-il possible qu’elles parviennent à écouler leur stock d’affaires toutes aussi singulières qu’affreuses ?

Des vêtements pour la plupart. Celle-ci s’adresse aux hommes. Un homme est d’ailleurs assis derrière un bureau et un verre de thé. Face à la rue. Il observe les gens passer et repasser sans réellement leur prêter attention. Il est en chaussettes. Au sol, une moquette grise qu’on ne trouve plus que sur les photos d’enfance de ses grands-parents. De celle qui piquent. A l’entrée, assis sur des tabourets, deux vieillards qui discutent, eux aussi en chaussettes. Des étagères aux murs sur lesquelles sont soigneusement rangées des longues chemises en coton fin (elles vont quand même jusqu’au pied), équivalent de la djellaba pour les hommes. Grises, marrons, blanches, noires. Tristes à mourir. De temps en temps un client se présente, barbe longue, déjà vêtu de la sorte, ôte ses chaussures avant de pénétrer dans l’antre de la mélancolie et du sérieux.

Collée à l’échoppe des barbus, celle prévue pour les gosses. Des pyjamas rose bonbon, bleu pétant, du fluo de partout, une farandole d’habits minuscules qui font mal aux yeux. Ils sont suspendus par je ne sais quel stratagème ou simplement entassés dans un panier. Il y en a de partout, bon courage à celui en quête de quelque chose de précis.

En face, l’échoppe des chaussettes. De toutes les matières, de toutes les couleurs, hommes, femmes, enfants. Avec ou sans motif, été ou hiver, basket ou chaussures, avec ou sans orteils. C’est LE paradis de la chaussette. Bien sûr, elles seront trouées avant même d’avoir fini la journée mais au moins, elles ne sont pas chères.

Un peu plus bas, des jeans à paillettes descendent du ciel, des t-shirts sont accrochés aux murs, des pulls, des chemises, toutes les fringues pour jeunes filles à la mode. Mais à la mode du derb. Des coupes bizarres, des couleurs bizarres, des vendeurs bizarres. Quelle honte de vendre des fringues pareilles. Qui oseraient les acheter ? Et pire encore, pourquoi tant de haine à vouloir habiller les filles comme ça ? Un mélange entre les années disco et les années rock. On ne sait pas trop en fait quel genre, on sait juste que c’est moche. Mais d’une force…

Parfois, souvent même, plusieurs échoppes mitoyennes vendent la même chose. Nous nous demandons comment peuvent-elles ne pas faire faillite. Déjà que leurs articles sont horribles, si en plus elles sont quinze à vendre les mêmes, il nous paraît inévitable qu’un jour ou l’autre, elles fermeront. Mais non. Ça fait des années que ça dure et tout le monde s’en sort. Les cartons des nouveaux arrivages sont là pour en témoigner.

Alors, quand nous demandons aux commerçants : comment est-ce possible ? Ils nous répondent : Dieu donne à chacun son pain quotidien. Voilà.

14 novembre, 2009

Pour le meilleur et pour le pire, Part 3/3

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 2:30

pictureaspx.jpgSoudain, elle apparaît. Descendant marche après marche, soutenue et aidée par deux femmes énormes, la voilà qui nous présente sa première tenue. Nous aurions pu être éblouis par la tonne de bijoux qui écrase sa poitrine, la couleur éclatante de sa robe, la perfection indéniable de sa coiffure. En réalité, la seule chose qui nous saute aux yeux est son visage. Totalement inexpressif. Les yeux rivés au sol, les lèvres closes, les traits tirés. Nous nous demandons si quelque chose s’est passée en haut qui aurait pu la contrarier. Quel dommage, le jour de son mariage, de tirer la gueule comme ça. Heureusement que madame le cameraman a été expédiée ! Ah non, la revoilà qui rôde, prenant soin cette fois de ne filmer que la mariée déprimée. Cette dernière s’assoit sur son trône et c’est le moment pour ceux qui le désirent de se faire photographier avec elle. Après Mickey et le Père Noël, autour de la jeune mariée.

Puis elle remonte, toujours aussi désespérée, accompagnée de ses gardes du corps qui ont l’air de prendre à cœur leur mission, sous les chants de l’assemblée soudainement devenue joyeuse. Quelques minutes plus tard, alors nous buvons un jus de fruits singulier, la voilà de retour. Bizarrement, elle sourie. Elle rie même. Quelque chose nous échappe. Nous demandons à notre voisine la raison de cette brusque métamorphose. On nous explique que c’est la tradition qui l’exige. C’est-à-dire ? Les tenues symbolisent les différentes attitudes qu’une femme doit adopter pendant le mariage. Première tenue : soumission, discrétion, obéissance, pudeur, elle doit la fermer quoi. Deuxième tenue : joie, bonheur, bonne humeur, beauté, sympathie. Ben, faudrait pas que son mec la trouve moche et dépressive. Troisième tenue : parce qu’elle finit par en enfiler une troisième, toute blanche, comme dans la tradition occidentale en fait : virginité, pureté. Faut pas déconner non plus.

Bon, nous avons bien fait de venir. Nous comprenons mieux notre sentiment de décalage de tout à l’heure. Vu sous cet angle, nous ne pourrons jamais nous marier selon la tradition marocaine… Nous avons effectivement un problème avec les exigences masculines qui veulent que la femme soit semblable à un objet. Aucun débordement, aucune revendication, aucune expérience. Aïe. Et dire que nous sommes au XXIème siècle et que les hommes fantasment toujours sur la domination d’un être prêt à exaucer leur prière, un être qui n’ait aucun sentiment humain, qui ne ressente ni colère, ni besoin, ni envie. Un être qui porte sur ses épaules la vertu du monde pour leur laisser libre champ aux vices de celui-ci. Une vraie bonne sœur en fait.

Bon d’accord, c’est le Maroc, dira-t-on et cela ne concerne qu’une certaine catégorie de personnes. Peut-être. Mais l’homme n’a jamais apprécié que sa femme ait accumulé un nombre de partenaires sexuels supérieur au sien. Il n’a jamais accepté qu’elle ait des revendications quant à sa liberté d’action et de pensée. Il n’a jamais aimé qu’elle exige, qu’elle soulève, qu’elle accuse, qu’elle dénigre, qu’elle rejette, qu’elle soit en colère ou déprimée, qu’elle parle trop fort ou qu’elle crache par terre. Alors nous nous disons, qu’au moins, au Maroc, les choses sont claires dès le début. Après, on les accepte ou pas, mais faudra pas dire qu’on n’était pas au courant.

12 novembre, 2009

Pour le meilleur et pour le pire – Part 2/3

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 17:03

 

normaltna3nama3arasak.jpgComme beaucoup de mariages marocains traditionnels, celui-ci n’est pas mixte. Nous aurions du nous en douter. Soirée des femmes aujourd’hui, soirée des hommes le lendemain. Ce qui nous intéresse avant tout, c’est de voir les mariés. Mais une fois sur place, la tradition exige que la mariée reste seule avec les grosses bonnes femmes chargées de sa toilette. Donc, la surprise sera entière.

Nous nous asseyons parmi les invitées. D’un côté les voilées, de l’autre les délurées. Dans le doute, nous nous trouvons une place entre les deux. Sait-on jamais. Orchestre de femmes. Toutes sont parées de leurs plus belles toilettes ; comme quoi, les femmes ne se font pas belles que pour plaire aux hommes. Là, c’est plutôt dans un esprit de compétition féminine. Se retrouver parmi elles, c’est plonger dans l’univers de Sissi l’impératrice du bled. Toute la Cour est présente et se goinfre d’amuse-gueule – pastillas en l’occurrence – en attendant l’apparition de la reine d’un soir. Nous sommes comme elles. A peu de choses près. Oui, nous avons effectivement oublié notre robe de bal et arborons une tenue chic certes mais totalement anachronique. Nous nous faisons minuscules. Il s’agit de ne pas attirer les médisances.

Le cameraman officiel arrive, son arme à la main, prêt à immortaliser l’instant. Et quel moment inoubliable. La moitié des femmes font une gueule d’enterrement pour montrer leur sérieux et faire honneur à leur rang. L’autre moitié s’endort le bec dans leur assiette vide. Encore une femme, la cameraman. Quel manque de fantaisie. Mais toutes ne l’entendent pas de cette oreille. L’ennui ayant submergé l’assemblée, la perspective d’un scandale commence à germer dans les esprits. Cette femme seule, n’appartenant ni aux invités, ni aux organisateurs est l’objet idéal pour se faire les crocs. Nous entendons crier. Les voix s’élèvent ; très vite, les insultes fusent. Quelle honte, filmer des dames respectables qui n’ont rien demandé à personne. Elles refusent que l’on capture leur image pour après en faire ce que l’on veut, en rire même, non, non, c’est impensable. Elles ne se sont pas ainsi apprêtées pour qu’on les regarde ! que dira-t-on en visionnant la vidéo devant leur visage maquillé malgré les voiles et leur tenue bariolée ?

Nous ne saisissons pas vraiment le principe de réflexion mais bon, c’est le Maroc alors…

Après ce petit entracte qui a failli coûter une dent à madame le cameraman, le calme reprend et l’ennui s’installe à nouveau. Quelques-unes se motivent pour aller tortiller leurs formes généreuses sur la piste de danse mais l’initiative plus que téméraire ne porte pas les fruits escomptés. Les gens se posent plus en spectateur qu’en acteur et très vite, les rares tentatives d’animation s’éteignent. Retour au calme absolu. La musique répétitive nous bercerait si les voix stridentes des chanteuses ne nous perçaient pas les tympans. Alors que nos yeux s’alourdissent, un chant venant de l’escalier s’élève, comme une libération. La mariée arrive. Petits youyous de circonstance, applaudissements, chant repris en cœur par toutes. Ah….

10 novembre, 2009

Pour le meilleur et pour le pire – Part 1/3

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 15:38

 

id154photo.jpgNous avions au départ quelques réticences mais l’envie de retrouver d’anciennes connaissances et de changer d’air recouvrait d’un voile plutôt agréable doutes et appréhension. Une légère euphorie, même, nous avait gagnés. Mais après dix heures de train, une correspondance, une heure et demi dans un café miteux, notre entrain en avait pris un coup. Un bon coup de burin. Mais qu’à cela ne tienne. On y est, on y reste.

Nous réalisons en arrivant que nous sommes complètement à côté de la plaque. Nous savons pertinemment où nous mettons les pieds et avons un vague souvenir des mariages marocains et donc, une idée sur ce qui nous attend ici. Est-ce par négligence ou simplement par peur de ne plus avoir le courage d’y aller si nous réalisions l’enfer que nous allions vivre, que nous avions mal analysé les données. Nous avions promis de venir. Nous n’avons plus le choix. Mieux vaut être enthousiaste.

Une maison, la famille qui débarque de partout, trois cents invités. Nous qui voulions passer du temps avec nos amis avions zappé qu’eux n’auraient certainement pas de temps à passer avec nous. Tout simplement parce qu’un membre de leur tribu se mariait et que de ce fait, tous étaient mis à contribution. Merde. Nous ne connaissons presque personne. Nous n’avons aucune affinité avec ceux que nous connaissons. Nous n’avons d’ailleurs pas envie d’en avoir. A partir de là, deux solutions s’offrent à nous. Reprendre le train immédiatement, ce qui engendrerait scandale aussi grand que celui de la trahison de Judas ou affronter notre destin, aussi inenvisageable soit-il.

En montant dans la voiture qui venait nous chercher à la gare, nous avons tout de suite senti un léger mais non négligeable décalage. La sœur de la mariée, assise à l’arrière, une femme que nous ne connaissons pas, côté passager. Nous ne la reconnaissons même pas. Un léger foulard sur la tête disposé de manière à simplement protéger sa coiffure d’un vent trop fort, un maquillage comme on n’en fait plus que pour les carnavals. Leur image nous renvoie à celle que nous dégageons. Cheveux en pagaille, toujours aussi bouclés, jean large, baskets, veste courte à capuche. Ouais. La première chose qui nous vient à l’esprit et l’allure que nous allons avoir ce soir. Si toutes les invités sont coiffés et maquillées ainsi, on ne nous laissera même pas entrer. Nous n’avons même pas pris de trousse de toilette pour rattraper le coup. Juste une brosse à dent. Ceci dit, si nous faisons la bise à deux ou trois filles, nous devrions avoir amassés une quantité suffisante de fond de teint pour les deux jours à venir.

Au cours du trajet pour aller à la maison, la personne qui nous conduit reçoit coup de fil sur coup de fil. Rapport à l’organisation de la soirée. Sa voix est cassée, il a l’air fatigué, nous tentons une remarque sur la semaine de vacances qu’il a prise pour venir à Tanger et nous entendons rétorquer que ça n’a rien de vacances, au contraire. Le ton est donné. Nous imaginons déjà tout le monde en train de courir dans tous les sens, de sauter, de crier, de tomber, de porter et surtout de ne jamais respirer. Nous prononçons immédiatement une prière pour n’avoir pas à subir le même sort.

De toute manière, pas besoin de faire un dessin, notre incompétence dans tous les domaines saute aux yeux. Nous ne sommes bons qu’à faire tapisserie et ne croyez pas que cela nous dérange. Nous savons très bien faire tapisserie et comptez sur nous, nous saurons nous surpasser en temps voulu.

Réminiscence

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 14:55

0806piege1024.jpgOn croit

Je crois voir approcher le sommeil mais c’est alors que jaillit tout ce qui sommeillait en moi.

Réminiscence.

La journée écoulée, la nuit envahit pas à pas mon espace et me fait sienne.

Comme chaque soir.

Je m’offre à elle, tantôt rêveuse, tantôt calculatrice, un semblant d’attention.

Comme chaque soir.

M’évapore en son sein mystérieux.

Cette chaleur oppressante

Je l’ai bien connu.

Aujourd’hui encore, elle vient me cueillir en cette heure suspendue.

Je la connais bien.

Chaleur qui m’étouffe de son gant.

Un assaut angoissant. Enivrant.

Venue des profondeurs de ma réflexion, elle dévale la douce pente de ma conscience, répandant de toute son innocence les craintes enfouies qui me composent.

Je la goûte avec amertume, doux péché incontournable et absolu. Elle demeure jusqu’à épuisement. Mon épuisement. Car elle sait que du brouillard qu’elle dépose délicatement sur l’étendue de mes paupières naît un tourbillon de tourments qui m’échappent et m’étourdissent. Puis c’est les yeux ouverts, la conscience alerte ; elle peut constater son évidente victoire. Une fois de plus.

Mais bientôt, le papier vierge se tâche de mon écriture qui tente d’expulser l’envahisseur. Peu à peu, se dissipe.

Je ne dors plus.

9 novembre, 2009

Desproges se retourne dans sa tombe

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 1:23

 

pierredesproges17.jpgNous regardons des vidéos de Desproges. Bien sûr, nous sommes conquis dès les premiers mots de chaque texte. Il est seul sur scène, assez statique et impassible. Les mots qui sortent de sa bouche nous font tomber à la renverse. Il serait impossible qu’il se produise aujourd’hui avec les mêmes textes sans se faire lyncher. Un lynchage à la Dieudonné, dans les règles de l’art. Avec déclaration dans les journaux, appel au boycott du pestiféré officiel et expulsion des plateaux TV.

Bon bien sûr, ce serait moins facile parce qu’il n’est pas noir et qu’il ne défend pas de cause précise, « l’artiste dégagé ». Alors disons plutôt un lynchage à la Stéphane Guillon. Parce qu’il n’y va pas de main morte et ne ménage personne. On n’a pourtant jamais dit de lui qu’il était méchant, que ces propos étaient gratuits, blessants et inutiles. Ni de Desproges, ni de Coluche.

Cette vague de chasse aux sorcières a du commencer avec Bedos. En fait, dès qu’on s’attaque un peu trop fort – et trop longtemps surtout, à nos stars nationales politiques, ça chauffe pour notre gueule. Avant, on applaudissait, aujourd’hui on censure.

Comment a-t-on pu en arriver là. La grande patrie de la liberté d’expression, de l’ouverture culturelle, de la démocratie, celle qui a vu naître Coluche - et mourir aussi d’ailleurs, est en train d’adopter lentement mais sûrement un accent un peu trop crispé. Vous voyez le genre ? Celui qui s’accompagne d’un bras droit tendu devant soi…

Les gens ne s’offusquent même plus. Ils n’ont plus la tête à ça. Ils pensent à leur prêt, à leur budget de la semaine, à leur surgelés dégueulasses, à l’école des gosses et au vaccin contre la grippe A, au manteau d’hiver et aux cadeaux de noël (en parlant de ça, il serait temps que leur môme arrête de croire au Père Noël, ça leur fera quelques économies), à leur assurance voiture et au prix de la tomate. Ils n’ont pas de temps à perdre avec des conneries de ce genre.

D’ailleurs, franchement, quand ils allument la télé, ce n’est pas pour voir un petit con en train de remettre en question les hommes qu’ils ont eux-mêmes élu et qui représentent leur seul espoir de sortir un jour (ou peut-être une nuit dixit Barbara) d’une crise qui n’en finit plus. Ils peuvent toujours rêver. D’ailleurs ils ne rêvent plus, ils nagent en plein cauchemar.

Avec l’autre con qui veut que l’on scande la Marseillaise, main sur le cœur, la larme à l’œil, chaque année à l’école, la France ne devrait pas tarder à inventer un nouveau régime politique : la démocratie monarchique. On commence par museler les artistes, renvoyer des sans-papiers dans leurs pays en guerre, interdire les manifestations de signes religieux.

Et avec la question de l’identité nationale, on n’est plus très loin de « tout le monde doit être en uniforme et manifester son appartenance à la France par la connaissance de l’hymne national, l’amour des couleurs bleu, blanc et rouge, arborer un béret le dimanche, manger du poisson le vendredi, acheter au moins une baguette par jour, regarder TF1, ne jamais critiquer les hommes au pouvoir et la politique mise en place, dénoncer ses voisins ou sans collègues si doute il y a, adhérer aux propos diffusés par les journaux autorisés, travailler plus, manger moins, consommer plus, voyager moins. »

La révolution est imminente. La révolution ou le fascisme.

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