A’KKADA « Chroniques du bled »

Compagnie Amal Hadrami

22 septembre, 2009

Mais de quoi ça s’agit?!

Classé dans : Non classé — cieamalhadrami @ 3:26

Eh bien, comment dirait l’autre, il s’agit tout simplement d’articles écrits, créés devrais-je dire, car ne suis-je pas un créateur? – à la suite d’un stimulus efficace: l’observation de l’espèce humaine.

Une observation, vous l’aurez compris, faite par moi, grand auteur devant l’Eternel.

Maroc, France, culture, identité, actualité, absurdité…

Pas très clair? Voyez plutôt…

STOP!

A’KKADA, c’est aussi une compagnie d’artistes d’ici et d’ailleurs, et surtout d’ailleurs, avec des têtes bizarres et tout ce qui va avec, et un travail qui se veut le défendeur de l’art « content pour quelque chose ».

Mélange des cultures, mélange des disciplines…

Nous vous laissons le soin de découvrir la Compagnie Amal Hadrami sur:

http://cieamalhadrami.unblog.fr/safar/

26 août, 2015

« Tu sais faire la planche? »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 2:22

Non. Nous sommes convaincus que personne ne sait faire la planche. Sinon, le monde serait composé uniquement de corps humains flottant à la surface de l’eau, plus vivants que jamais.

Nous nous expliquons. Oui, il y en a un dans le fond de la classe qui n’a pas compris la phrase précédente. Ne t’inquiète pas l’ami, nous allons développer. Nous adorons nous entendre parler. Ou plutôt nous voir écrire.

Nous sommes partis en vacances. Farniente. De vraies vacances au soleil en bord de mer. Une eau translucide et d’une chaleur insolente.

Nous adorons l’eau. Nous adorons l’océan. Nous adorons aussi la mer. Immensité. Lorsque sous nos yeux ébahis l’infinité de l’eau rencontre l’infinité du ciel, lorsque les vagues miroitantes épousent l’éclat des étoiles, nous nous sentons seuls face à Dieu, sereins et humbles, comblés et reconnaissants, minuscules et uniques.

Plénitude.

Cest le seul moment de notre vie où nous sommes plongés dans cet état de bien être indescriptible. Nous nous disons que ce doit être ça, le paradis. Vidés de tout, simplement là, éternels.

Nous sommes à la plage. Rien de très original. Nos pieds foulent le sable fin, entrent dans l’eau, nos jambes, nos hanches, ventre, poitrine, épaules, nous fermons les yeux et nous savourons cet instant qui la douceur d’une caresse amoureuse. Nous nageons quelques mètres histoire de nous éloigner de la populasse. Nous n’aimons pas les gens et encore moins les touristes. Bien que nous soyons nous-mêmes les deux.

Autour de nous, un jeune couple (forcément jeune, vu comme ils se lèchent l’un l’autre) deux femmes aux seins nus (pourquoi nous infliger tant de souffrance visuelle? Elles pensent sincèrement avoir la poitrine du siècle, pitié pour nos yeux…), quelques gosses hurleurs à bouée, bons à laisser couler pour le salut de nos oreilles – oh comme c’est attendrissant, des papas qui nagent avec leur enfant et un, là, qui ne va pas tarder à noyer le sien.

Loin, loin, loin de toute cette agitation futile, à michemin entre les hommes et les yachts, au centre d’un petit bout de mer, nous décidons de faire une halte.

Pause.

………………….

Nous basculons sur le dos. Les oreilles dans l’eau, les yeux fermés, le corps inerte. Nous n’entendons plus que notre propre respiration, la douceur des rayons du soleil sur le visage, peu à peu nos muscles se relâchent, se détendent. Nous confions notre corps à la mer, à la nature, à Dieu. Nous n’avons plus aucune volonté, aucun mouvement d’aucune sorte, totalement libre. Nous flottons au gré des flots, plus rien n’a d’importance, plus rien n’existe, il n’y a que l’eau et nous. Nous qui ne sommes même plus un corps, simplement un esprit qui vogue dans les méandres de la nature, primaire, éthéré.

Plenitude.

Ce doit être ça, le paradis.

Et puis signal d’alerte. Notre cerveau réagit et nous sort malgré nous de cette douce léthargie. Nous allions nous endormir. Nous perdre dans les profondeurs des océans. Et alors?

Alors il n’est pas si aisé de mourir. Surtout si on veut aller au paradis.

 

13 juillet, 2015

« Jeûnons sous la pluie »

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 1:16

Nous aimons la pluie. Tant que nous sommes bien à l’abri. Ou que nous avons des affaires sèches et un bain chaud qui nous attendent. Oui nous sommes un peu précieux.

Nous aimons le jeûne. Tant que ça ne dure pas plus que douze heures. Après notre ventre commence à faire des bruits bizarres. Et nous commençons à dire des choses bizarres.

Nous aimons conduire. Vite surtout. En klaxonnant. Et en insultant de temps en temps les autres automobilistes, conducteurs de charrettes, de vélos, de tricycles et de dromadaires.

Aujourd’hui, trois en un.

Il arrive que nous devions nous acquitter de certaines tâches ainsi que le veut notre condition d’être humains ennuyeux, des tâches nécessaires à notre survie mais au combien rébarbatives: les courses.

Oui la phrase est un peu longue et pompeuse mais c’est notre texte, nous écrivons ce qu’il nous plaît.

Donc, nous décidons d’aller faire les courses. Nous baillons déjà de lassitude. Les courses. Quels mots déplaisants. Ceinture bouclée, rétros ajustés, gorge raclée, klaxon opé. 

Sur le chemin de l’aller, à part que nos mains effectuent des manoeuvres que notre cerveau ne semble pas avoir ordonné (il est en mode veille jusqu’à 19h45 heure du repas) et doublent la durée du trajet, tout se passe sans encombres.

Mais au retour, le petit plus qui déclenche un harlem shake à Marrakech nous tombe dessus: une pluie diluvienne.

Pichhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

Oui c’est le bruit que fait la pluie qui tombe.

Et là, carnage.

Le bus devant nous, arrivant au feu rouge, ralentit puis… dévie sur la voie de gauche et bisou bisou avec le parechoc de la voiture en carton arrivant en face. Tout en douceur. Tout écrabouillé. Pas de blessés. Une file de voiture qui ralentit pour admirer le spectacle.

Des gouttes grosses comme des olives (on est au Maroc, faut faire des métaphores adaptées au pays) nous tombent dessus et tous les deux roues s’arrêtent en attendant que l’averse passe. Sauf un. Un idiot sûrement. Vous nous direz qu’il est peut être pressé, qu’il ne sent pas la pluie lui fouetter le corps (le mec est en short et t-shirt) ou encore qu’il.. non il n’y a rien à dire, il est idiot.

Arrêt au feu. Rouge encore. Décidément. Une vieille chose stoppe à notre hauteur. Autrefois, ce fut certainement une voiture. Que Dieu ait son âme. Le conducteur profite des quelques secondes d’arrêt pour sortir et… passer une raclette sur son pare-brise. C’est l’homme-essuie glace. 

Les gens se battent pour monter dans les taxis, dans les bus, dans les calèches (non c’est une blague: riez!), les piétons courent et les idiots en deux roues qui ne veulent pas s’arrêter dérapent.

Et nous rions. Bien à l’abri dans notre voiture. Nous avons oublié l’espace d’un instant que nous jeunions. (oui nous jeûnons même si nous ne sommes pas obligés et oui c’est par conviction et non ce n’est pas la mer à boire et non ce n’est pas mauvais pour la santé et oui on sait que vous connaissez des musulmans qui ne le font pas et oui on s’en fout). Donc nous rions. Bien à l’abri. Rassasié par le divertissement que nous offre notre ville sous la pluie en plein mois de Ramadan sillonnée par des automobilistes à 200dhs. C’est le pourboire à donner pour avoir son permis en cinq minutes.

Bref, demain, nous sortirons à nouveau faire les courses (oh ce maudit mot) rien que pour avoir le plaisir de nous divertir encore un peu. Oui, notre vie est passionnante. Bande de jaloux. 

10 juillet, 2015

« Bienvenue dans ma sphère »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 3:28

Il y a des gens comme ça avec lesquels tout semble évident.

Un jour, ils entrent dans votre sphère, mais pas la sphère intime, la première sphère, la plus lointaine, la plus flou, la plus anodine. Vous assistez à leur entrée, vous n’y prêtez pas plus d’attention que ça; tant de monde accède à cette sphère qu’ils ne pourraient être qu’une silhouette de plus qui aura bientôt disparue.

Pourtant elle ne disparait pas. Pourtant, sa forme se précise de jour en jour, le contour se dessine avec plus de détails et bientôt, vous voyez apparaître une première lueur. Vous n’y prêtez pas plus d’attention que ça. Pourtant, quelque chose titille votre esprit. Quelque chose. Pressentiment.

La vie, aussi surprenante que prévisible, place cette personne sur votre chemin. Une fois. Deux fois. Trois fois. Elle accède à la deuxième sphère. Celle des gens que vous gardez en mémoire parce que même de loin, ils font partie de votre vie. Quelques mondanités échangées et pourtant, déjà, un sentiment partagé de… on se reconnaît, on se comprend, on sait qu’il y a quelque chose. Quelque chose. Oui mais pas maintenant. L’heure viendra.

Et puis l’heure vient. Après tant d’années. Un premier échange improvisé, sincère, qui pèlera comme un oignon les couches superficielles qui protègent votre âme. Il aura suffit d’une soirée, d’un échange pour reconnaître chez l’autre ce que l’on aime chez l’être humain. La simplicité, la sincérité. 

Qu’à cela ne tienne, on saute des étapes. Accès direct à la dernière sphère: celle des gens que vous estimez. Il y en a peu. Il y a de la place. Parfois une place se libère; l’erreur est humaine. Mais il y aura toujours une place à prendre.

Il y a des gens comme ça avec lesquels tout est évident.

16 janvier, 2012

Incroyable mais vrai…

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 23:58

Ceci est une histoire vraie.

Nous recevons un message sur notre compte Viadeo. Un artiste intéressé par le travail de la compagnie souhaite savoir si une collaboration serait envisageable. Il réside à Fès, nous à Marrakech.

Nous l’informons qu’effectivement nous avons un projet auquel il pourrait participer si, néanmoins, il correspondait au profil recherché. Pour cela, nous avons besoin de le rencontrer et de l’auditionner. Nous lui demandons donc de nous informer dès sa prochaine venue à Marrakech puisque nous apprenons qu’il est originaire de la ville ocre et qu’il finira bien par y passer dans les semaines à venir.

Ce à quoi il répond qu’il y sera d’ici quelques jours et demande nos coordonnées téléphoniques que nous lui communiquons. Il nous préviendra dès qu’il sera à Marrakech. Jusqu’ici, tout va bien.

Arrive le jour J et le voilà qui nous appelle au petit matin « je suis à la gare routière, retrouvons-nous ». Nous sommes sur le point d’aller à un rdv donc nous fixons un rdv à 14h. Premier hic, il est injoignable, pas de portable. Ok….

Il rappelle à 13h30, nous refixons rdv pour 13h45 devant une grande enseigne près de la gare routière. C’est à l’autre bout de la ville, nous n’avons pas déjeuner et un autre rdv de travail nous attend à 16h. Il repart le soir même donc pas le choix. Nous commençons vaguement à comprendre qu’il est venu spécialement pour nous rencontrer. Passons…

Arrivé au rdv, personne. On l’appellerai bien mais Mr doit être la seule personne sur terre à ne pas avoir de portable! Nous attendons. 5min…. 10min… Nous regardons à droite, à gauche, derrière, devant, dessous même mais rien ou plutôt personne. A part quelques clochards et voyageurs pressés et sans le sou. Le quartier est mal famé. Nous en sommes en robe. Sur un scooter. Les clins d’oeil fusent et nous comprenons que nous n’allons pas faire long feu en restant planté là.

Nous partons. Nous avons d’autres chats à fouetter. Et voilà qu’1h plus tard, Mr appelle alors que nous travaillons. Nous ne répondons pas. Il nous harcèle de coups de fil. Nous ne répondons pas. Il continue d’appeler. Nous ne répondons pas.

Nous rentrons chez nous, après une journée de travail bien remplie et comme tout être normalement constitué du XXIème siècle nous consultons nos messageries.

Viadeo, un nouveau message. C’est trop parlant pour le paraphraser, donc, régalez-vous:

« bonsoir j’essay de te contacter mais j’ai pas de chance je croi je suis encors a marrakech je vais ressayer vers 19h de te rappeler c malgre moi par se que j’ai vendu mon telephone pour venir pour se casting et voila je suis en panne a marrakech j’ai pas l’argent de retours mais si sa vau la paine pour se travail sa me derange pas j’espere que tu puisse lire mon message je suis toujours a cote de la gare routiere puis que je connais personne a marrakech j’attands votre repanse. »

Outré, nous l’envoyons gentiment balader. Mr ne se dégonfle pas, il répond:

« merci de votre accueil c’est vraiment très sympa de votre par et sans abusée de votre temps je vous souhaite bon continuation .
je voulais seulement dire vous n’avez pas a me laisse au moine dans cette situation par se que je me suis laisse attirer vraiment par vos activité.
alors je crois que sa a pas marche je voulez vous montrer que je suis très motive pour se travail d’après avoir vue vos travaux sur internet.
vous me deviez au moine les frais pour retournez a fes je laisse a ta conscience le choix a plus… »

Vous imaginez bien que notre réponse, et ultime échange, a été des plus sanglante.  Après on nous demande si travailler au Maroc c’est pas trop dur… Ah? on n’avait même pas remarqué!

 

 

 

2 octobre, 2011

Injustice

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 16:56

injusticemed.jpg

Oh toi.

Nous voudrions te chasser. Te chasser de notre vie, de notre terre, de notre esprit. Oh toi. Disparaît.

Nous voudrions que tu sois un objet afin de pouvoir te tenir dans nos mains et presser, presser si fort que tu deviendrais poussière. Et nous brûlerions tes grains. Et nous enfermerions le fruit volatile de ta calcination dans un bocal en verre. Et nous le jetterions dans le néant.

Oh toi. Tu nous as lacérés de toute part. Combien d’insomnies, combien de salive sécrétée, combien d’énergie évaporée pour t’exorciser. Nous ne pouvions te concevoir, nous ne voulions te concevoir, nous ne devions te concevoir. Notre esprit torturé par ta seule existence. Oh toi. Assassin de nos illusions.

Tu as plongé l’ardeur de notre jeunesse dans un bain d’eau glacée, tu nous as poignardés à visage découvert et détruit le peu d’espoir qui subsistait. Tu as prouvé ton éternité et ta constance alors que nous allons mourir. Oh toi. Savoures tes moments de gloire car tu es partout.

Contemple. Un cœur incorruptible sur lequel tu n’as pas d’emprise. Alors nous partirons sans aucune illusion mais le sourire aux lèvres.

1 octobre, 2011

1

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 5:11

321576259432220763509112397672133632836398145296227n.jpg

 

C’est pourtant tellement simple.

Mais la peur nous aveugle.

Nos cœurs se gorgent d’un sang impur qui contamine notre esprit tout entier. La peur de l’inconnu. L’ignorance.

Nous étions là, heureux, satisfaits, curieux, naïfs, assoiffés, pleins d’une énergie nouvelle, prêts à accueillir l’avenir, confiants et forts.

Puis le voile s’est levé et le ciel s’est assombri. Une encre noire jetée à même la toile, dégoulinant d’une lenteur malsaine pour venir habiller de vérité notre âme d’enfant, de femme, de figurine.

Nous avons d’abord été sidérés, bouche ouverte, le cœur palpitant, incapable d’émettre le moindre son ; nous demandant comment cela avait-il pu être possible.

Nous avons gratté, contourné, escaladé, recouvert, transpercé, brûlé mais rien, rien ne pouvait effacer cette encre noire jetée à même la toile, dégoulinant d’une lenteur malsaine pour venir habiller de vérité notre âme d’enfant, de femme, de figurine.

Alors le sang s’abattant violemment sur nos tempes encore et encore et encore, la chaleur née de notre propre chair envahissant tout notre être, un sentiment obscur et ravageur se distillait dans nos veines et régnait bientôt en terrain conquis. La colère.

C’était l’heure de se laisser submerger.

9 juillet, 2011

Permis ou pas?

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 23:54

block740335permisvoiture.jpg

Permis de conduire. L’expression est ironique. Ici, à Marrakech. Avant, lorsque nous n’étions que simple piétons, nous nous demandions comment tous ses automobilistes avaient pu obtenir ce document sacré, petite carte insignifiante qui détient pourtant la clé de votre liberté de mouvement.

Et puis nous nous sommes fait une raison en imaginant que c’était comme pour le bac, on étudie, on réussit puis on oublie. L’expérience prend le dessus et la théorie tombe aux oubliettes. Ce que nous n’avions pas imaginé, c’est qu’on pouvait passer directement à la 2ème étape. Ceci explique cela.

Nous nous expliquons.

Le grand jour est venu, nous décidons (oh regardez, les poules ont des dents !) de nous inscrire à l’auto-école. L’été approche, le travail nous fait un signe de la main, il est temps.

Il faut savoir que tout s’apprend en même temps à Marrakech. La théorie, la pratique et tout ce qu’il y a entre les deux. Qu’à cela ne tienne, nous sommes parés. Un petit coup d’œil sur les cours informatisés, quelques règles et panneaux en tête et nous voilà dans la voiture. Enfin la voiture… Une petite Fiat Uno qui revient forcément de Libye, vu son état de dégradation avancée. Au moins, pas de scrupules à faire n’importe quoi avec.

Nous pensions bêtement que notre 1er cours de conduite se limiterait à : « ça c’est les clignotants, voilà les phares et la ceinture, à droite l’accélérateur, au centre le frein et à gauche, ton pire cauchemar de débutant ».

Si seulement.

Au lieu de ça, le moniteur nous conduit sur le boulevard Mohamed VI lequel, comme son nom laisse présumer, est un grand grand grand boulevard. Il stationne près du trottoir de droite et nous demande tout naturellement de prendre la place du conducteur et de régler notre siège, rétro, etc. Nous jubilons. Il nous demande ensuite de démarrer. Ok… Puis de mettre notre clignotant à gauche. Oui… De passer la 1ère en embrayant, d’accélérer doucement et de lâcher l’embrayage en tournant le volant à gauche et en vérifiant que personne n’arrive derrière. MAIS POURQUOI FAIRE !!!

Le mec est malade, il veut que nous conduisions parmi les autres gens normaux (enfin…) comme si nous avions fait ça toute notre vie, normal quoi. CA VA PAS NON ?! Nous croyions avoir préciser que nous n’avions jamais conduit auparavant !!!

En moins de temps qu’il ne nous a fallu pour dire ça, nous voilà lancer sur la route, volant en main, tranquille, manquerait plus que la radio et on s’y croirait. Nous conduisons. Si si c’est possible. Cool… Après un petit tour de la ville par ses grandes avenues, nous voici sur un parking. D’autres voitures d’auto-école sont là. Des piquets en fer se dressent un peu partout. Mon moniteur se met en tête de nous apprendre à faire un créneau, une marche arrière et un stationnement entre 2 voitures. C’est ce qui est demandé à l’examen. Et c’est ce qu’il compte nous apprendre, ni plus, ni moins.

Ah d’accord… et tout le reste ? Démarrage en côte ? Conduite sur l’autoroute ? Stationnement entre autre chose que des piquets ? Ah ce n’est pas au programme donc pas besoin d’apprendre. Eh bien, ça promet…

Nous ne sommes pas du genre contrariant. On verra ça plus tard. Pour l’heure, il nous faut nous familiariser avec les petits scotchs rouges répartis un peu partout dans la voiture, à l’intérieur bien sûr, afin de nous repérer lors des stationnements prévus à l’examen. Pourquoi pas. On n’aura plus qu’à mettre les mêmes dans notre propre voiture. Et toujours en avoir dans notre sac à main au cas où nous soyons amenés à en conduire une autre.

Quand nous nous enquérons de savoir comment se déroulera ce grand jour d’examen, une simple et courte réponse :

« Y a que ça ».

Euh, c’est-à-dire ?

« Créneau, stationnement, marche arrière. Un petit tour dans le quartier pour voir si tu sais démarrer et freiner et c’est régler. »

Pas de quoi s’énerver effectivement. Mais quand même. Notre conscience fait que nous ne pouvons pas acquérir ce permis sans un minimum de connaissance et de maîtrise. Quand même, ça pourrait être dangereux, non ? Oh, encore un grand moment de solitude… Car nous sommes bien les seuls à penser ça.

Et le jour J, forts de nos dizaines d’heures supplémentaires de conduite monnayées à l’auto-école, après une heure d’entrainement à l’aube sur le circuit d’examen, nous voilà prêts.

Quand l’inspectrice arrive, le soleil est au zénith. Non, la ponctualité n’est toujours pas d’actualité. À moitié cramés et assoiffés, nous défilons devant elle, nous pauvres candidats, pour effectuer la 1ère partie d’examen. Sans trop de difficultés, évidemment. Puis c’est le moment de la balade en tête à tête avec elle, dans le quartier semble-t-il.

Et là, chose incroyable mais vrai, l’examinatrice monte dans la 1ère voiture, fait 20mètres et descend. Nous nous disons : «  le pauvre, il a du faire une faute grave, il ne l’a pas eu »

Puis elle monte dans la deuxième voiture. Même scénario. Troisième voiture : idem. Elle monte dans la notre : « Allez-y, démarrez, tournez à droite, arrêtez-vous ici. C’est parfait, merci, au-revoir. »

Et nous avons eu notre permis…

Qui veut monter en voiture avec nous ?

19 avril, 2011

Alors on bouge…!

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 0:54

Alors on bouge...! dans Chroniques du bled 985063_7583f506f8_m

Avec le temps, on a finit par trouver ça normal. Ça fait partie de notre paysage quotidien.

Les palmiers, le soleil, la graisse.

Pas celle du mouton, bien sûr, celle des filles bien en chair qui offrent à la vue de tous, leurs attributs de femelle en quête de rêve. Ici, les rondeurs, la peau, la chair, la flasque attitude des corps, n’ont rien de honteux. Et on n’essaie pas de les enjoliver par des parfums d’orient et de les faire reluire en les enduisant d’huiles essentielles. Pas de poésie, que du cru.

Et ce n’est pas comme si les femmes marocaines manquaient de formes. Ici, à 12ans, les filles ont plus de seins et de hanches que la majorité des françaises n’en auront jamais. Des cheveux à ne plus savoir quoi en faire et de la féminité à revendre.

Quoi de plus anodin donc à pousser la porte d’une boîte de nuit à la mode et d’y trouver exposer comme sur l’étal d’un boucher tous ces morceaux de barbaque débordant de tous les côtés. C’est simple, tout le monde porte du 38. Du coup, un bout de ventre par ci, une fesse par là et deux mamelles de l’autre côté. Le tout moulé dans des bouts de tissus d’un goût exquis variant du vinyle fuchsia au lycra léopard.

Clairement, nous dénotons dans ce décor des 1001nuits. Peu importe. Nous dansons. Nous sommes là pour ça après tout. Même si on ne sait pas trop pourquoi les autres viennent ici, nous voulons danser.

Une poupée nous pousse en passant. Par derrière. Comme nous avons omis de prendre nos rétroviseurs, nous ne l’avions pas vu arriver. Nous aurions pu la sentir, c’est vrai, mais le mélange d’odeurs nauséabondes est si fort que nous avions déjà perdu notre sens de l’odorat.

Et de se retourner. Et de nous dévisager. Et de nous imaginer en train de la balancer par-dessus la rambarde. Et de nous contrôler.

« Ben quoi, je danse, c’est normal que je bouge non ? », connasse. Elle pensait peut-être que son aura ferait stopper tous ceux qui croiserait son passage afin qu’ils puissent baver devant sa silhouette de rêve. Avons-nous défié la loi de la nature en ne répondant pas à l’appel ?

Elle ne voudrait pas qu’on bave sur elle, c’est certain, trop d’œstrogène et pas assez d’euros. Elle ne peut décemment pas non plus nous ressentir comme une concurrente ; il est clair que nous ne jouons pas dans la même cour. Alors quoi ?

Pas d’animosité envers elle, après tout, ça la regarde, ici tout le monde se côtoie, tout le monde vit ensemble, il y en a pour tous les goûts et pour tous les porte-monnaie. C’est glauque, c’est sûr, mais des fois la vie, c’est glauque. Et ça, c’est de la phrase.

7 mars, 2011

Commentaire de Didier en réponse à L’esprit d’Avignon sur son article « PIQURE DE RAPPEL : L’Islam est incompatible avec les droits de l’homme »

Classé dans : Devisons un peu — cieamalhadrami @ 14:13

http://lespritdavignon.wordpress.com/2011/03/01/piqure-de-rappel-l%E2%80%99islam-est-incompatible-avec-les-droits-de-l%E2%80%99homme/#comments

Un droit de réponse s’impose, si vous me le permettez et je vous en remercie d’avance.

Cher » espritdavignon,  » par pitié, ne mélangez pas tout . Vous avez réussi à créer le buzz comme on dit, sur l’islam, car malheureusement c’est un sujet « bankable » et mon intervention sur votre site n’est pas en réaction mais en correction au sens académique du terme, entendons-nous bien; sur un sujet qui mérite un peu mieux que de l’amateurisme journalistique du moins s’ il seréclamait comme tel, bref un peu d’arôme et de douceurs orientales dans votre tajine…un peu particulier. Justement, un peu aussi d’esprit et de subtilité dans votre titre et vos commentaires car il est trop facile de dire que dès lors qu’on parle d’islam, voilà mohamed et ahmed qui déferlent comme l’écume des vagues ou cabrés sur leur scooter débridé.

Par pitié, ne mélangez pas tout: « révolution », « religion », »obscurantisme », « démocratie » et « Islam », les événements que nous vivons actuellement de manière directe ou indirecte, n’ont aucun lien avec la religion ou l’islam; et puisque vous savez presque tout de l’islam, du moins en couleur pourpre, pourquoi n’a-t-on pas vu venir « les révolutions » de printemps et de jasminpourtant de couleurs plus claires. De cet islam qui a été instrumentalisée par moubarak, khadafi, ben ali, salah… les frères musulmans, les wahabistes, le hanbalisme, jama ‘a islamia… et consorts uniquement pour la prise de pouvoir, vous n’avez retenu que le mot « islam »; dans ces pays ou l’islam n’est même pas religion d’Etat, car ce sont des pays d’influence soviétique. Et je concède, ces dirigeants ont dupé tt le monde, vous, moi sauf leur peuple. Quand ds ces pays on parlait de liberté, de paix. En france et ailleurs, on parlait d’islam, d’intégrisme, et vous rejouez aujourd’hui la même symphonie… inachevée , et que bien évidemment l’enfer c’est toujours mieux quand c’est les autres.

Par pitié, ne mélangez pas: un auteur aussi brillant soit-il, comme taslima, (prix nobel ne veut pas dire « noblesse ») qui occulte à elle seule la formidable floraison des littérateurs arabes, perses, femmes et hommes d’hier et d’aujourd’hui sans prix, ni gloire et qui ont condamné avec subtilité et force non pas l’islam, mais les dérives des hommes au nom de cet islam et que vous ne connaissez pas et que vous ne connaitrez sûrement jamais pour la simple et bonne raison qu’on a jamais voulu les traduire car pas assez représentatifs-ves, pas assez spectaculaires, pas assez… j’ose le mot… occidentalisé(és), ou ethnocentr-alisé(es) vers l’occident, DONC PAS VENDEURS.

Par pitié, ne rentrez pas dans cette forme d’inquisition démagogique trop à la mode et mercantile pour stigmatiser une religion plus qu’une autre, au tort qu’elle réfléchit un peu trop la lumière en ces temps heurtés où il n’y à même presque plus de lumière, pour personne d’ailleurs. La réalité de cette religion ne se résume pas à ce que des barbus ou des burquistes ou des taslima nassreen vous renvoie comme image, pieuse ou iconoclaste, car au final c’est la crainte.. qu’on vous vend et voyez comme ce serait trop simple… de l’esprit (puisqu’il est question d’esprit dans votre blog), et j’irai plus loin chers amis du blog, de la hauteur d’esprit, enfin quoi! l’esprit critique doit être mis non pas à la contradiction systématique des sources médiatiques, et d’information mais à la compréhension politique et sociologique de ce dont on croit savoir parler… l’islam; lire tasleema nassrine (pour l’avoir lue et relue) ne nous apprend rien autrement qu’ il est des hommes et des femmes aussi bêtes que le cours millénaire du Gange, comme partout ailleurs dans le monde.

Mes chers amis, Ca demande plus qu’un article, plus qu’une tribune, je vous assure, plus qu’un livre, ça demande un effort bien plus difficile que la simple dénonciation, ou la diatribe ou le pseudo-manifeste et si vous aviez raison, et ô combien je vous le souhaite, et je vous donnerais mille fois raison car j’entends votre voix et la partage en partie…hélas, votre blog ne suffirait pas, vos voix ne suffiraient pas, vos convictions ne suffiraient pas, votre honnêteté ne suffirait pas, votre indignation ne suffirait pas, votre colère ne suffirait pas.. pour la simple et bonne raison qu’un proverbe arabe résume tout: « celui qui ne te connait pas, ne t’améliore pas ». Ici le verbe « connaître » est employé au sens philosophique du terme, à savoir le regard qui manque de jugement et de lumière par trop insuffisant de connaissance de l’autre.

Enfin par pitié, s’il vous plait, et je vous en conjure… lisez, lisez non pas au nom de Dieu, ou de montesquieu, d’aristote, saint-thomas d’Aquin, ou de saint-Augustin, d’avéroes, ou de voltaire, mais au nom de la liberté intellectuelle, non celle qui nous est étalée, de fait ds les journaux, les magasines sans effort hormis l’appoint que nous faisons, mais celle qu’on va chercher, celle qui nous fait douter, celle qu’on redoute, celle qui nous gêne, parce qu’elle est difficile, parce qu’elle ne ressemble pas à la réalité… des médias, ou de paul-pierre-jacques ou à ce que peuvent en dire les politiques tous avisés qu’ils sont; mais celle dont on se saisit personnellement par la lecture, par l’effort d’altérité…non vers le « mohamed » et l’ « ahmed » folklorique du quartier, mais vers l’histoire, la littérature arabe, la pensée arabe, la culture arabe, la langue arabe, le(s) religion(s) arabes, voilà le mot est dit… car il n’y’a pas un Islam, chers amis, mes des Islams, si vous avez compris ça, vous aurez tout compris du monde arabe; bien plus que vous n’ apprendriez en lisant la traduction du ‘bengladi’ des oeuvres de taslima qui n’est pas arabe, et qui n’écrit pas en arabe; elle dénonce et c’est tt à son honneur, l’intégrisme et l’obscurantisme religieux qui n’est pas du fait de la religion islamique mais des pratiques tribales, de castes sous couvert de religion, là, est la différence, comme vous découvrirez que la laïcité n’a pu être rendu possible non par opposition ou réaction à la chrétienté, mais par distinction uniquement de la sphère publique, de la sphère privée par trop bigarrée.

chers amis, merci de m’avoir lu et de m’avoir offert votre site comme tribune. Vive la liberté (de Droit), vive la démocratie et la paix des peuples.

DE

27 février, 2011

Marrakech: avant, pendant, après?

Classé dans : Chroniques du bled — cieamalhadrami @ 15:53

4831161757fc4a70070b.jpg344564dsc0848520022011153220.jpgnormal1265361483827f.jpg

Qui n’a pas écrit, qui n’a pas parlé des évènements survenus ces derniers temps dans le monde arabe?

Nous avons préféré garder le silence quelques temps, ne pas juger trop vite, ne pas s’emballer, attendre de nous faire une idée. Mais aujourd’hui, nous recevons des appels d’amis à l’étranger, inquiets de la situation, inquiets pour notre sécurité. Nous ne comprenons pas.

Pour eux, il est temps de faire le point.

Après l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, le Yémen et maintenant la Lybie, tous se demandaient si le Maroc suivrait. Ça se confirme, le Maroc n’est pas un pays comme les autres.

Il n’est pas dirigé par des militaires. Son peuple ne se mobilise pas pour les élections. Son peuple ne meurt pas de faim. Son peuple ne veut pas renverser le régime.

Mais il a des revendications sociales et économiques légitimes. Alors il se saisit de l’occasion pour descendre pacifiquement dans la rue.

Nos yeux et nos oreilles nous rapportent une population qui aime son roi. Elle ne veut pas lui ôter son pouvoir. Elle veut des réformes dans le gouvernement, de nouvelles dispositions semble-t-il. Elle veut une véritable monarchie constitutionnelle. Certains scandent même le terme de démocratie.

Mais seulement un tiers des marocains votent. Comment exiger une démocratie si le premier moyen qui est donné au peuple pour choisir ses gouvernants n’est pas utilisé ?

Le roi est en colère. Car certains ont voté. Les partis ont pris des sièges au gouvernement. La majorité a pris des mesures. Si les gens veulent du changement, il faut d’abord aller aux urnes.

Certes. Mais combien d’analphabètes ? Combien de personnes préoccupées par leur prochain repas ? Combien vivant dans l’opulence sans se soucier de l’avenir ?

Dans la rue, la situation est complexe. Chacun tire la couverture à soi. Certains manifestent pour avoir du travail, d’autres une meilleure retraite, d’autres pour manifester leur soutien au roi, d’autres pour se plaindre de la police, d’autres du gouvernement. En fait, on ne sait pas trop ce qu’il se passe.

En marge, bien sûr, ceux qui ont toujours rêvé de porter des fringues Zara ou Guess et cassent les vitrines pour repartir avec un mannequin sous le bras. Dans une ruelle, un garçon revend les pièces volées à un quart de leur prix initial.

Il y en a un autre qui saccage une agence de voyage parce qu’il vient de se faire virer.

Un groupe s’en prend au MacDo, symbole de débauche et du capitalisme américain.

Les chauffeurs de taxi rêvent d’écraser tous ces jeunes qui font fuir les touristes.

Les salariés restent coincés dans les embouteillages.

Les femmes ont peur de sortir de chez elles parce qu’on ne sait jamais.

Et il y a ceux qui n’ont même remarqué qu’il y avait un problème.

Puis le roi est venu à Marrakech. Les rues ont été nettoyées. Les employés du service public emplissent les rues et font semblant de travailler. Ici et là, des policiers qui ont ordre de ne rien faire. Parfois, des militaires postés au bord de la route pour la sécurité du roi. Une troupe de bonnes femmes assises qui attendent de le voir passer pour l’acclamer.

On dirait que tout est sous contrôle. Le roi reprend les choses en main. Changement de 1er ministre, nouvelles têtes au gouvernement, réponse positive aux revendications, nouveau projet économique et social…

Pourtant, quelques manifestants réclament encore…quelque chose… malgré toutes les réformes. Apparemment, une porte s’est ouverte et tout le monde commence à faire la liste des cadeaux de Noël. Le roi a l’air de bonne humeur, c’est le moment de négocier.

Mais ce n’est pas si simple. Aujourd’hui, la police encadre les manifestations. Ne pas les laisser saccager à nouveau le centre ville.

Quelle sera la prochaine étape ?

Le printemps est arrivé en même temps que le roi. Il fait beau, chaud et ça sent bon les vacances. Bientôt, les cœurs vont s’adoucir et les esprits s’apaiser. Ce n’est qu’une question de temps. Bientôt, Marrakech se videra de sa colère dont personne ne veut plus pour arborer un sourire printanier.

Le roi ne veut pas d’émeute. Le roi ne veut pas de sang. Il ne veut pas faire fuir les touristes. Il ne veut pas être destitué. Il veut satisfaire son peuple et lui donnera ce qu’il veut pour que les rues retrouvent leur sérénité.

Y parviendra-t-il ?

12345...14
 

g-huis-g8 |
astrologievoyance |
1S4, Lycéee La Bruyère Vers... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | réflexion en partage
| Chômeuse de Luxe
| REFLEXIONS