Mais de quoi ça s’agit?!

Eh bien, comment dirait l'autre, il s'agit tout simplement d'articles écrits, créés devrais-je dire, car ne suis-je pas un créateur? - à la suite d'un stimuli efficace: l'observation de l'espèce humaine.

Une observation, vous l'aurez compris, faite par moi, grand auteur devant l'Eternel.

La position d'observateur est tout à fait aisée. Il n'y a qu'à ouvrir les yeux et admirer le spectacle. L'exercice est donc plaisant mais je m'aventurerai plus loin en tentant de ne pas tomber dans la critique pure et gratuite - ce qui me séduit pourtant autant qu'un voyage aux Caraïbes, mais de simplement mettre le doigt sur un point noir du visage de l'humanité. Ou rouge. Ou pire encore, un bouton blanc prêt à imploser. En toute subjectivité, bien sûr.

Pas très clair, n'est-ce pas? Voyez plutôt…

Articles récents

Etranger à l’étranger

 

banniere1.jpgS’installer dans un pays étranger. Exil ; émigration. Termes lourds de sens et de portée.

À l’heure des low cost et de l’apogée technologique, passer d’une terre à l’autre n’est plus vraiment un évènement exceptionnel. Tout le monde voyage, par plaisir, pour affaires, pour des raisons familiales. Bouger est devenu aisé.

Nous constatons cependant que les voyageurs et encore plus ceux qui décident de s’installer quelques temps ou définitivement dans un pays qui n’est pas celui d’origine ont parfois un comportement déplacé envers le pays d’accueil et ses habitants. Et par là, nous nous adressons notamment aux personnes issues d’un pays occidental voyageant vers les autres pays.

Quand les anciennes générations d’immigrés se sont par exemple installées en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, elles sont arrivées lourdes de traditions ancestrales profondément ancrées. Cependant, la reconnaissance d’avoir été accueillie par un pays occidental dit « développé » et leur envie d’y demeurer sans problème a fait qu’ils ont appris à mettre de côté leur ego et à se fondre dans la masse. Les lois, les autochtones aussi étaient là pour le leur rappeler au cas où. Ici on ne fait pas ça, on se comporte comme ça, on ne se met pas là, on doit faire ça si on veut avoir ça, bref, ils ont clairement dû s’adapter au pays en toute discrétion pour pouvoir continuer à y séjourner. Ils ne sont pas chez eux, ils l’ont bien compris.

Alors pourquoi ces mêmes occidentaux, lorsqu’ils partent dans les pays dits « en voie de développement » n’observent-ils pas le même comportement ? Tout au contraire, ils se sentent naturellement chez eux. Parlent dans leur langue, imposent leur coutume en refusant de s’adapter aux mœurs locales ?

Plus concrètement : en France (et ce n’est pas le cas en Suède par exemple), on refuse les signes ostentatoires de religion à l’école et souvent aussi sur le lieu de travail ; interdiction donc d’exprimer son identité religieuse. Sociale oui, culturelle oui, religieuse non. Respect de la laïcité. Soit. Alors pourquoi lorsque les français viennent dans des pays non laïcs, ne respectent pas la loi religieuse ? On ne leur demande même pas de l’appliquer, juste de respecter les gens qui la pratiquent.

Combien de filles occidentales en minijupe dans les rues marocaines ?

Combien de touristes la bouche pleine dans la rue en période de ramadan ?

Combien de plaintes contre l’appel à la prière du matin ont abouti à l’annulation des haut-parleurs ?

Combien d’enfants insultés en médina pour avoir joué dehors et rit trop fort ?

Combien de marchands abusés pour avoir voulu trop négocier jusqu’à leur ôter les 50cts d’euros de bénéfices ?

Combien de familles vexées qu’on ait critiqué leur manière de manger, leur manière de vivre ?

Savez-vous qu’avoir un visa pour la France requiert la maitrise de la langue française ? Pourquoi pas aussi dans l’autre sens ?

Dans les rues du souk, avant-hier, trois femmes espagnoles. Un homme passe en mobylette et les prie poliment de se mettre sur le côté pour qu’il puisse passer. Situation exceptionnelle car les 2roues passent d’habitude à toute vitesse sans même se demander s’ils vous toucheront ou pas. Un coup de klaxon, une bousculade, un écrasement de pied et les voilà qui repartent. Non, là, par respect pour des étrangères peut-être pas bien au fait des coutumes locales, il s’arrête et leur parle. Eh bien, en guise de réponse, un refus. « Non nous restons là. Et si nous n’avons pas envie de nous pousser hein ? Alors quoi ? Non, on reste là, ce n’est pas notre problème, je ne vois pas pourquoi on te laisserait passer. » L’homme reste interloqué. Déjà, elle lui parle en espagnol donc il ne comprend pas tout. Mais le ton et les gestes suffisent dans ce genre de situation. Ensuite, elle le tutoie, comme c’est souvent le cas. Enfin, il commence à regretter de ne pas être passé comme il l’aurait fait normalement, sans avoir à prendre la peine de leur demander l’autorisation. Après tout, ici, c’est chez lui, c’est comme ça que ça fonctionne et il aurait bien envie de lui dire ce qu’il sait entendu dire à l’étranger : si t’es pas content, t’as qu’à rentrer chez toi, personne t’obliges à rester.

Ce genre d’incident arrive constamment. Les étrangers veulent adapter l’environnement à leurs habitudes et à leurs désirs au lieu de s’adapter à leur environnement. Nous déplorons cet état de fait qui ne fait qu’engendrer plus de racisme de chaque côté.

A l’heure de la question de l’identité nationale, si l’on désire qu’être français signifie autre chose qu’être radin et raciste, il faut peut-être commencer à se poser des questions.




Echoppes marocaines

 

 

exemplenetb.jpgUne petite rue étroite. Des échoppes collées les unes aux autres. D’énormes cartons tous juste déposés par une charrette et un âne, entravent l’entrée de chacune d’elle.

Est-il possible qu’elles parviennent à écouler leur stock d’affaires toutes aussi singulières qu’affreuses ?

Des vêtements pour la plupart. Celle-ci s’adresse aux hommes. Un homme est d’ailleurs assis derrière un bureau et un verre de thé. Face à la rue. Il observe les gens passer et repasser sans réellement leur prêter attention. Il est en chaussettes. Au sol, une moquette grise qu’on ne trouve plus que sur les photos d’enfance de ses grands-parents. De celle qui piquent. A l’entrée, assis sur des tabourets, deux vieillards qui discutent, eux aussi en chaussettes. Des étagères aux murs sur lesquelles sont soigneusement rangées des longues chemises en coton fin (elles vont quand même jusqu’au pied), équivalent de la djellaba pour les hommes. Grises, marrons, blanches, noires. Tristes à mourir. De temps en temps un client se présente, barbe longue, déjà vêtu de la sorte, ôte ses chaussures avant de pénétrer dans l’antre de la mélancolie et du sérieux.

Collée à l’échoppe des barbus, celle prévue pour les gosses. Des pyjamas rose bonbon, bleu pétant, du fluo de partout, une farandole d’habits minuscules qui font mal aux yeux. Ils sont suspendus par je ne sais quel stratagème ou simplement entassés dans un panier. Il y en a de partout, bon courage à celui en quête de quelque chose de précis.

En face, l’échoppe des chaussettes. De toutes les matières, de toutes les couleurs, hommes, femmes, enfants. Avec ou sans motif, été ou hiver, basket ou chaussures, avec ou sans orteils. C’est LE paradis de la chaussette. Bien sûr, elles seront trouées avant même d’avoir fini la journée mais au moins, elles ne sont pas chères.

Un peu plus bas, des jeans à paillettes descendent du ciel, des t-shirts sont accrochés aux murs, des pulls, des chemises, toutes les fringues pour jeunes filles à la mode. Mais à la mode du derb. Des coupes bizarres, des couleurs bizarres, des vendeurs bizarres. Quelle honte de vendre des fringues pareilles. Qui oseraient les acheter ? Et pire encore, pourquoi tant de haine à vouloir habiller les filles comme ça ? Un mélange entre les années disco et les années rock. On ne sait pas trop en fait quel genre, on sait juste que c’est moche. Mais d’une force…

Parfois, souvent même, plusieurs échoppes mitoyennes vendent la même chose. Nous nous demandons comment peuvent-elles ne pas faire faillite. Déjà que leurs articles sont horribles, si en plus elles sont quinze à vendre les mêmes, il nous paraît inévitable qu’un jour ou l’autre, elles fermeront. Mais non. Ça fait des années que ça dure et tout le monde s’en sort. Les cartons des nouveaux arrivages sont là pour en témoigner.

Alors, quand nous demandons aux commerçants : comment est-ce possible ? Ils nous répondent : Dieu donne à chacun son pain quotidien. Voilà.


Pour le meilleur et pour le pire, Part 3/3

pictureaspx.jpgSoudain, elle apparaît. Descendant marche après marche, soutenue et aidée par deux femmes énormes, la voilà qui nous présente sa première tenue. Nous aurions pu être éblouis par la tonne de bijoux qui écrase sa poitrine, la couleur éclatante de sa robe, la perfection indéniable de sa coiffure. En réalité, la seule chose qui nous saute aux yeux est son visage. Totalement inexpressif. Les yeux rivés au sol, les lèvres closes, les traits tirés. Nous nous demandons si quelque chose s’est passée en haut qui aurait pu la contrarier. Quel dommage, le jour de son mariage, de tirer la gueule comme ça. Heureusement que madame le cameraman a été expédiée ! Ah non, la revoilà qui rôde, prenant soin cette fois de ne filmer que la mariée déprimée. Cette dernière s’assoit sur son trône et c’est le moment pour ceux qui le désirent de se faire photographier avec elle. Après Mickey et le Père Noël, autour de la jeune mariée.

Puis elle remonte, toujours aussi désespérée, accompagnée de ses gardes du corps qui ont l’air de prendre à cœur leur mission, sous les chants de l’assemblée soudainement devenue joyeuse. Quelques minutes plus tard, alors nous buvons un jus de fruits singulier, la voilà de retour. Bizarrement, elle sourie. Elle rie même. Quelque chose nous échappe. Nous demandons à notre voisine la raison de cette brusque métamorphose. On nous explique que c’est la tradition qui l’exige. C’est-à-dire ? Les tenues symbolisent les différentes attitudes qu’une femme doit adopter pendant le mariage. Première tenue : soumission, discrétion, obéissance, pudeur, elle doit la fermer quoi. Deuxième tenue : joie, bonheur, bonne humeur, beauté, sympathie. Ben, faudrait pas que son mec la trouve moche et dépressive. Troisième tenue : parce qu’elle finit par en enfiler une troisième, toute blanche, comme dans la tradition occidentale en fait : virginité, pureté. Faut pas déconner non plus.

Bon, nous avons bien fait de venir. Nous comprenons mieux notre sentiment de décalage de tout à l’heure. Vu sous cet angle, nous ne pourrons jamais nous marier selon la tradition marocaine… Nous avons effectivement un problème avec les exigences masculines qui veulent que la femme soit semblable à un objet. Aucun débordement, aucune revendication, aucune expérience. Aïe. Et dire que nous sommes au XXIème siècle et que les hommes fantasment toujours sur la domination d’un être prêt à exaucer leur prière, un être qui n’ait aucun sentiment humain, qui ne ressente ni colère, ni besoin, ni envie. Un être qui porte sur ses épaules la vertu du monde pour leur laisser libre champ aux vices de celui-ci. Une vraie bonne sœur en fait.

Bon d’accord, c’est le Maroc, dira-t-on et cela ne concerne qu’une certaine catégorie de personnes. Peut-être. Mais l’homme n’a jamais apprécié que sa femme ait accumulé un nombre de partenaires sexuels supérieur au sien. Il n’a jamais accepté qu’elle ait des revendications quant à sa liberté d’action et de pensée. Il n’a jamais aimé qu’elle exige, qu’elle soulève, qu’elle accuse, qu’elle dénigre, qu’elle rejette, qu’elle soit en colère ou déprimée, qu’elle parle trop fort ou qu’elle crache par terre. Alors nous nous disons, qu’au moins, au Maroc, les choses sont claires dès le début. Après, on les accepte ou pas, mais faudra pas dire qu’on n’était pas au courant.


Pour le meilleur et pour le pire - Part 2/3

 

normaltna3nama3arasak.jpgComme beaucoup de mariages marocains traditionnels, celui-ci n’est pas mixte. Nous aurions du nous en douter. Soirée des femmes aujourd’hui, soirée des hommes le lendemain. Ce qui nous intéresse avant tout, c’est de voir les mariés. Mais une fois sur place, la tradition exige que la mariée reste seule avec les grosses bonnes femmes chargées de sa toilette. Donc, la surprise sera entière.

Nous nous asseyons parmi les invitées. D’un côté les voilées, de l’autre les délurées. Dans le doute, nous nous trouvons une place entre les deux. Sait-on jamais. Orchestre de femmes. Toutes sont parées de leurs plus belles toilettes ; comme quoi, les femmes ne se font pas belles que pour plaire aux hommes. Là, c’est plutôt dans un esprit de compétition féminine. Se retrouver parmi elles, c’est plonger dans l’univers de Sissi l’impératrice du bled. Toute la Cour est présente et se goinfre d’amuse-gueule – pastillas en l’occurrence - en attendant l’apparition de la reine d’un soir. Nous sommes comme elles. A peu de choses près. Oui, nous avons effectivement oublié notre robe de bal et arborons une tenue chic certes mais totalement anachronique. Nous nous faisons minuscules. Il s’agit de ne pas attirer les médisances.

Le cameraman officiel arrive, son arme à la main, prêt à immortaliser l’instant. Et quel moment inoubliable. La moitié des femmes font une gueule d’enterrement pour montrer leur sérieux et faire honneur à leur rang. L’autre moitié s’endort le bec dans leur assiette vide. Encore une femme, la cameraman. Quel manque de fantaisie. Mais toutes ne l’entendent pas de cette oreille. L’ennui ayant submergé l’assemblée, la perspective d’un scandale commence à germer dans les esprits. Cette femme seule, n’appartenant ni aux invités, ni aux organisateurs est l’objet idéal pour se faire les crocs. Nous entendons crier. Les voix s’élèvent ; très vite, les insultes fusent. Quelle honte, filmer des dames respectables qui n’ont rien demandé à personne. Elles refusent que l’on capture leur image pour après en faire ce que l’on veut, en rire même, non, non, c’est impensable. Elles ne se sont pas ainsi apprêtées pour qu’on les regarde ! que dira-t-on en visionnant la vidéo devant leur visage maquillé malgré les voiles et leur tenue bariolée ?

Nous ne saisissons pas vraiment le principe de réflexion mais bon, c’est le Maroc alors…

Après ce petit entracte qui a failli coûter une dent à madame le cameraman, le calme reprend et l’ennui s’installe à nouveau. Quelques-unes se motivent pour aller tortiller leurs formes généreuses sur la piste de danse mais l’initiative plus que téméraire ne porte pas les fruits escomptés. Les gens se posent plus en spectateur qu’en acteur et très vite, les rares tentatives d’animation s’éteignent. Retour au calme absolu. La musique répétitive nous bercerait si les voix stridentes des chanteuses ne nous perçaient pas les tympans. Alors que nos yeux s’alourdissent, un chant venant de l’escalier s’élève, comme une libération. La mariée arrive. Petits youyous de circonstance, applaudissements, chant repris en cœur par toutes. Ah….



Articles plus anciens

Pour le meilleur et pour le pire - Part 1/3

Réminiscence

Desproges se retourne dans sa tombe

Hommage au roi de la pop…

Commentaire à l’article de “Mike, un homme en colère” sur la violence conjugale (http://mikestrutter.blogspot.com/)

Salut, ça va? Tu sais quoi: ta gueule.

“L’hiver à ses débuts ressemble toujours à une fête attendue. Ce n’est qu’après qu’on se demande ce qu’on pouvait bien tant attendre.” Marie Laberge

Prenez le train!…(suite)” la psychopathe de 2nde classe”

Voulez-vous danser avec nous, ce soir?